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Télémédecine: une vision excessivement territoriale ?

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PARIS, 1er avril (TICsantĂ©) – La direction gĂ©nĂ©rale de l’offre de soins a dĂ©cidĂ© de confier le "pilotage" de la tĂ©lĂ©mĂ©decine aux agences rĂ©gionales de santĂ©. Le choix de lier cette technique Ă  un territoire dĂ©limitĂ© correspond-il Ă  une rĂ©alitĂ© tangible ? TICsantĂ© a interrogĂ© sur ce sujet Didier Robin et Pierre Traineau, respectivement prĂ©sident et directeur gĂ©nĂ©ral du Club des acteurs de la tĂ©lĂ©santĂ© (Catel), qui organisait le 18 mars dernier la journĂ©e TĂ©lĂ©santĂ© 2010.

TICsantĂ© (TS): La plupart des initiatives prĂ©sentĂ©es Ă  TĂ©lĂ©santĂ© 2010 ont Ă©tĂ© dĂ©crites comme des "projets de territoires". Est-ce la tendance actuelle de la tĂ©lĂ©mĂ©decine ?

Didier Robin (D.R.): La télémédecine n’a pas vocation à se substituer totalement aux relations interprofessionnelles habituelles. Les partenaires qui exerceront entre eux la télémédecine seront des gens qui se connaîtront par ailleurs. De ce point de vue, la notion de territorialité est un support efficace. Je pense que le territoire va être un cadre d’exercice de la télémédecine, au moins pour le moyen terme. Il y aura une phase d’appropriation par un grand nombre d’acteurs du domaine de la santé, qui suppose des relations fortes au préalable. Dans un avenir lointain, les choses seront peut-être différentes.

TS: A quelle Ă©chelle la notion de territoire est-elle pertinente en tĂ©lĂ©mĂ©decine ?

D.R.: Cela dépend beaucoup du niveau de technicité des actes médicaux et du niveau d’expertise. Certains actes de téléconsultation s’exercent au niveau d’un territoire d’une petite dimension, le secteur sanitaire par exemple. Dans certaines spécialités, il y a nécessité pour les praticiens de confronter des points de vue avec des techniques d’exception pour des situations d’exception, dans une logique interrégionale.

TS: Les techniques actuelles autorisent pourtant une rĂ©flexion nationale, voire universelle. Le territoire est-il dĂ©jĂ  un horizon dĂ©passĂ© ?

D.R.: La notion de territoire est basée sur l’idée que le malade et le médecin sont sédentaires. Or, l’expérience montre que le patient voyage. Fondamentalement, la demande du voyageur malade, c’est qu’en tout point de sa destination, il puisse avoir les services que la médecine doit pouvoir lui rendre, y compris par les médecins qui le connaissent. Aujourd’hui, il y a un abus de langage en liant la télémédecine à la loi "Hôpital, santé, patient, territoire". On a probablement une vision excessivement territoriale de la problématique, mais c’est un moment dans l’histoire de la télémédecine. Inévitablement, dans quelques années, la demande des patients et des usagers sera d’avoir une télémédecine décloisonnée et non confinée à l’intérieur d’un territoire.

TS: Que pensez-vous de la proposition du dĂ©putĂ© Pierre Lasbordes de crĂ©er une dĂ©lĂ©gation interministĂ©rielle, qui dĂ©cloisonnerait la tĂ©lĂ©mĂ©decine du cadre hiĂ©rarchique du ministère de la SantĂ© ?

D.R.: C’est une bonne solution. La France reste un pays très administratif et rĂ©glementĂ©. Aujourd’hui, en localisant trop fortement dans un seul champ, on risque de se heurter aux complexitĂ©s que l’on connaĂ®t bien en France quand on a affaire Ă  plusieurs ministères. A partir du moment oĂą on est organisĂ© sur un mode très vertical, il est important que l’on trouve les outils de la transversalitĂ©. En tout cas, le Catel, quand il a rencontrĂ© cette proposition, s’y est spontanĂ©ment retrouvĂ©. Maintenant, quelle est la maturitĂ© de comprĂ©hension au niveau de l’Etat ? La publication du dĂ©cret tĂ©lĂ©mĂ©decine est un moment d’ouverture Ă  saisir, mais nous craignons que les bonnes volontĂ©s ne puissent pas se satisfaire d’un dĂ©blocage lĂ©gislatif. Il ne suffit pas de lĂ©gifĂ©rer pour tout rendre opĂ©rationnel.

Le Catel a dĂ©veloppĂ© une cartographie de l’offre de tĂ©lĂ©santĂ© pour le ministère de la DĂ©fense. L’outil Cartosan aura-t-il aussi une application civile ?

Pierre Traineau: Cartosan est opérationnel pour l’utilisation par son premier donneur d’ordre, la DGA [direction générale de l’armement, ndr], depuis novembre 2009. L’utilisateur a très clairement la volonté de mutualiser les services et les dépenses de fonctionnement avec tous les acteurs étatiques publics qui le veulent. D’autres institutions sont intéressées par l’outil, au niveau national et régional. En ce qui concerne les acteurs privés ou parapublics, ils ont les moyens d’obtenir de l’information en sollicitant le Catel pour obtenir des états des lieux qualifiés sur l’état de l’art dans un domaine précis, comme le diabète par exemple.

Le Catel commercialisera-t-il Cartosan ?

P.T.: Le Catel est l’opérateur de Cartosan. Il y a un accord de non-lucrativité entre l’Etat et le Catel. Nous sommes copropriétaires de cette base de connaissances. Le développement de services se fera d’un commun accord. Au fur et à mesure que d’autres partenaires s’y joindront, ce sera une copropriété élargie. Cartosan a vocation à être partagé.

TS: Y compris avec le grand public ?

P.T.: Cela a été évoqué avec le comité de pilotage interministériel qui a animé le développement de Cartosan. Une information globale va être donnée. Ce qui n’est pas encore défini, c’est la profondeur de l’information que l’on pourrait apporter au grand public. Je pense que l’on sera en mesure de la diffuser avant le mois de juin. Il faudra aussi préciser les services associés, pour tous ceux qui sont intéressés par la question et qui souhaitent recueillir une information plus complète et plus stratégique dans un domaine précis. On a énormément de demandes allant dans ce sens. Des modalités d’accès à une certaine information, en fonction des conventions que le comité de pilotage acceptera, seront précisées avant l’été./gb/ar

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