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Systèmes d'information

Bourgogne-Franche-Comté: 25.000 dossiers patients ouverts sur la plateforme de coordination eTICSS

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PARIS (TICsanté) - La plateforme de coordination eTICSS (eTerritoire innovant coordonné santé social), déployée en Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre du programme e-Parcours, a atteint les 25.000 dossiers patients ouverts, ont annoncé le 11 mars des représentants de l'agence régionale de santé (ARS) de la région et du dispositif d’appui à la coordination (DAC) de Franche-Comté, à l'occasion d'une webconférence organisée par le ministère des solidarités et de la santé, en marge du salon Santexpo Live.

Le programme e-Parcours (2018-2022) est doté de 150 millions d'euros et a pris le relais des "Territoires de soins numériques" (TSN), rappelle-t-on.

Action n°14 de la feuille de route du numérique en santé présentée par l'ex-ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn le 25 avril 2019, ce programme doit permettre de financer le développement d’outils numériques de coordination de parcours de soins, mis en œuvre par les nouvelles organisations territoriales.

Ces organisations territoriales sont les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les groupements de professionnels dans le cadre de l’expérimentation "article 51" et les dispositifs d’appui à la coordination (DAC). Les DAC regroupent les réseaux de santé, les méthodes d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie (Maia), des plateformes territoriales d’appui (PTA) et des coordinations territoriales d’appui (CTA).

Les agences régionales de santé (ARS) sont invitées à identifier les projets territoriaux des professionnels de santé en vue d'une demande de financement auprès de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), rappelle-t-on.

Le ministère de solidarités et de la santé dénombre 132 dispositifs financés au titre du programme e-Parcours; 94 dispositifs sont des DAC et le reste représente des projets de CPTS et des 'article 51'" -en référence à l'article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018-, a appris TICsanté le 23 février.

En outre, ce sont 64 millions d'euros de financements qui ont été dépensés en amorçage et un montant total de 108 millions d'euros a été engagé, c'est-à-dire pour les projets en phase d'amorçage et ceux ayant atteint leurs cibles d'usage.

Une "trentaine de projets" ont déjà atteint les cibles d'usage dans cinq régions. Ils ont bénéficié de "presque 15 millions d'euros pour l'atteinte de ces cibles d'usage", apprenait-on également.

Le déploiement des usages en Bourgogne-Franche-Comté

Depuis 2019, plus de 650.000 dossiers de coordination ont été ouverts dans les régions, et 55.000 professionnels de santé se sont connectés au moins une fois aux outils de coordination au quatrième trimestre 2020. Ces chiffres indiquent une progression de 21% et 20% entre les troisième et quatrième trimestres 2020, a rappelé le 11 mars le ministère.

En Bourgogne-Franche-Comté, l'outil eTICSS est un "leg du programme TSN", a indiqué à TICsanté Clément Carlin, responsable du projet au sein de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.

S'il s'était d'abord concentré sur le nord du département de Saône-et-Loire, en lien avec la mise en place de la PTA Nord 71, il est aujourd'hui "bien réparti sur l'ensemble du territoire régional, dans l'ensemble des PTA", a précisé le responsable du projet. "Les premiers usages datent de décembre 2016."

La plateforme de services eTICSS, accessible sur le web pour tous les professionnels des secteurs sanitaire, médico-social et social, propose plusieurs services sécurisés de coordination, connectés à un dossier patient partagé par l'ensemble du cercle de soins (médecin, infirmier, hôpital, établissement médico-social).

Les services eTICSS permettent de signaler, repérer, évaluer et qualifier la situation d'un patient, a détaillé Clément Carlin. Les utilisateurs peuvent ensuite élaborer le plan personnalisé de santé [PPS] du patient, suivre son parcours, planifier l'action des différents intervenants et être notifiés des différentes actions réalisées par l'équipe de soins.

La plateforme équipe cinq DAC sur les huit départements de la région, et compte "25.000 dossiers patients ouverts", à date. "Plus de 70% des patients ont plus de 75 ans et plus de 50% ont un PPS dans l'outil", a précisé Clément Carlin. "Plus de 1.000 utilisateurs distincts ont -à date- utilisé l'application, dont 300 utilisateurs réguliers".

"Un dossier, ça ne veut rien dire, le plus important c'est la qualité du dossier et sa complétude. Aujourd'hui, cet outil d'e-Parcours est un outil de coordination régionale basé sur les échanges entre [acteurs du] cercle de soins", a-t-il toutefois souligné.

"Comment faire pour coordonner au mieux l'information autour d'un patient quand nous connaissons l'hétérogénéité des systèmes d'information qui existent, et pour avoir la bonne information au bon moment? C'est l'objectif de cet outil. L'idée était d'éviter la multiplication des solutions et de brancher cet outil sur les autres existants, en assurant la sécurité des données et des accès", a-t-il poursuivi.

Médecin au sein du DAC de Franche-Comté, Jean-François Roch a témoigné jeudi des apports sur le terrain d'eTICSS. "C'est d'abord un outil de diminution de la perte de chance du patient. C'est notre objet principal et l'utilisation de l'argent public nécessite d'apporter une plus-value pour le patient et pas seulement des outils", a-t-il expliqué.

"Nous nous appuyons évidemment sur les référentiels socles (éthique, sécurité et interopérabilité) et nous travaillons avec l'ARS et le groupement régional d'appui au développement de l'e-santé (Grades) de Bourgogne-Franche-Comté. Nous avons besoin de déployer les services socles inclus dans la trajectoire du numérique en santé, ici: eTICSS, la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) et le dossier médical partagé (DMP)."

Saluant le développement "exponentiel" des usages et le "rôle structurant du DAC", notamment pour "aider les professionnels du soin à s'approprier les outils numériques", Jean-François Roch a pointé quelques "limites" ou "freins".

"Il y a quelques limites; les professionnels s'interrogent sur l'opposabilité de nos pratiques professionnelles par rapport aux lois. Je ne crois pas qu'il y ait de texte sur le partage d'informations au sein d'un DAC, par exemple."

"L'outil n'est pas parfait mais nous essayons de le faire évoluer au fil du temps. Nous travaillons sur tous les besoins des utilisateurs", a fait savoir Clément Carlin.

Une expérimentation menée avec le CHU de Besançon

Dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19, le DAC de Franche-Comté a mené une expérimentation avec les services de gériatrie, de maladies infectieuses et les unités Covid du CHU de Besançon, basée sur eTICSS.

L'objectif était alors de "structurer les flux d'hospitalisation et de sorties d'hospitalisation, en lien avec les unions régionales des professionnels de santé (URPS), la Fédération des maisons de santé d'exercice coordonné, les structures de l'aide à domicile, les CPTS, et les structures du territoire, comme l'assurance maladie, les conseils départementaux et les établissements sanitaires", a expliqué Jean-François Roch, partie prenante de l'expérimentation.

"L'idée était alors que les DAC puissent se positionner comme une interface pour permettre aux différents acteurs de se coordonner autour des parcours complexes et d'échanger des informations avec des outils de concertation. Nous avons réfléchi autour des patients Covid+ mais pas seulement, il fallait aussi accélérer les flux d'entrée et de sortie d'hospitalisation des patients non-Covid et le suivi des parcours avec les outils numériques."

"Nous sommes partis d'un double constat. Nous avions d'un côté des patients déjà identifiés dans le DAC -entre 3.500 et 4.000 parcours par an sont déjà suivis et certains présentaient des risques d'hospitalisation et de formes graves du Covid-19- et d'un autre côté, [nous avions] des patients identifiés par le CHU de Besançon, qui pourraient revenir à domicile après une hospitalisation mais qui nécessiteraient une prise en charge coordonnée et un PPS", a rapporté le Dr Roch.

"Il fallait assurer un minimum de partage d'informations entre tous les acteurs. Il vaut mieux avoir un petit pourcentage d'Ă©changes dans 100% des cas que d'avoir une ambition colossale mais [uniquement] pour un patient que nous aurions choisi."

C'est là qu'intervient le lien avec eTICSS: le DAC fournit au CHU les informations via eTICSS, notamment les informations relatives au cercle personnel de soins qui accompagne le patient (médecin, infirmier, proche aidant...), les dernières ordonnances prescrites par le médecin traitant, les antécédents médicaux et un résumé du PPS.

En face, les professionnels du CHU de Besançon remettent au DAC franc-comtois plusieurs informations relatives à la prise en charge coordonnée à domicile: 100% des comptes rendus d'hospitalisation -"qui ont été déposés dans eTICSS"-; la prescription des traitements médicamenteux; la prescription des soins infirmiers et des masseurs-kinésithérapeutes dans le cadre de la rééducation respiratoire post-Covid; les prescriptions de matériel médical, et l'échelle CFS (Clinical Frailty Scale), qui évalue la fragilité et la précarité des patients, notamment âgés.

"Tout cela a bien fonctionné et continue à bien fonctionner. Ce matin encore [jeudi 11 mars], nous avons travaillé sur trois dossiers à la demande du CHU", a salué Jean-François Roch.

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

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