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E-santé

Grand Est: l'e-santé en fer de lance pour lutter contre l'épidémie de Covid-19

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NANCY, STRASBOURG (TICsanté) - Dans le Grand Est, région fortement touchée par l'épidémie de Covid-19, l'ARS, le groupement régional d’appui au développement de l'e-santé (Grades) Pulsy et plusieurs hôpitaux et entreprises ont allié leurs forces "pour apporter une réponse numérique à la crise sanitaire", a expliqué le Dr Pascal Charles, président de Pulsy.

Promoteurs de l’e-santé dans les territoires, les Grades ont été créés à partir des anciens GCS e-santé et par fusion de certains d'entre eux afin de respecter les périmètres des nouvelles régions administratives modifiées par la loi en 2015, rappelle-t-on.

Dans le Grand Est, Pulsy est présidé par le Dr Pascal Charles et dirigé par André Bernay. Alors que l’épidémie de coronavirus progresse et fait du Grand Est le territoire français le plus touché par le Covid-19, le secteur hospitalier se concentre sur les cas les plus lourds et la ville prend en charge l’immense majorité des patients qui ne nécessitent pas une hospitalisation.

Pour accompagner les soignants à l'hôpital ou en ville, Pulsy s'est allié à l'agence régionale de santé (ARS) Grand Est pour proposer des solutions de télémédecine pour garantir à tous les patients l’accès aux professionnels de santé dans un contexte de crise et de tensions à l'hôpital notamment.

Ainsi, en médecine de ville comme à l'hôpital, "ce sont plus de 2.000 téléconsultations qui ont été réalisées depuis le 16 mars avec la solution Odys Web*, soit une moyenne de 170 téléconsultations par jour et cela progresse encore", a indiqué le Dr Charles. "La téléconsultation est entrée dans les mœurs des soignants et il faut maintenant enfoncer le clou et penser à l'après-coronavirus car nous en avons compris l'utilité", a-t-il salué.

Pour accompagner au mieux les professionnels de santé dans cette transition vers la télésanté, Pulsy propose plusieurs dispositifs d’aide à la mise en place de téléconsultations:

  • une page spĂ©cifique Covid-19 composĂ©e de tutoriels, foire aux questions, etc.
  • des webinars pour dĂ©couvrir le service de tĂ©lĂ©consultation et poser ses questions.
  • des formations et un numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone gratuit (0.805.297.000).

"La téléconsultation fait ses preuves et je suis persuadé qu'elle poursuivra son déploiement après l'épidémie de coronavirus, même si ses proportions seront moindres. Elle peut être, par exemple, très utile pour le traitement de l'épidémie saisonnière de grippe", a relevé le président du Grades.

Deux solutions sont également proposées par Pulsy et deux entreprises de santé pour assurer le suivi des patients: un portail de télésurveillance à distance avec la solution "Lifen Covid-19" et une solution d’aide au dépistage du virus Sars-CoV-2, destinée aux professionnels de santé de premier recours (Suivi Covid-19, de TokTokDoc).

Des solutions pour faciliter le suivi des patients infectés ou suspectés de Covid-19

Lifen, entreprise spécialisée dans l'échange sécurisé de documents médicaux, a mis en place un portail de télésurveillance à distance. Baptisée Lifen Covid-19, la solution (retenue par Pulsy et déployée dans les établissements de santé et les cabinets de ville du Grand Est) permet de suivre à domicile les patients atteints ou suspectés.

Concrètement, ces patients reçoivent quotidiennement un message (SMS ou courriel) contenant un lien sécurisé vers un questionnaire d'auto-évaluation. Les réponses sont ensuite affichées, scorées et triées afin que le médecin puisse prendre les mesures adaptées: poursuite ou rapprochement de la surveillance à domicile, échange avec le patient. Si son état de santé s’aggrave, il est hospitalisé. Lorsqu'il est rétabli, la surveillance à distance s'achève.

Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), le CHU de Nancy ou encore le CH d’Haguenau utilisent la solution, ainsi que "plusieurs dizaines de médecins généralistes de la région".

"La solution est déployée depuis le 16 mars. Elle a été installée en un week-end et aujourd'hui une équipe de 15 ou 20 médecins suivent les patients à domicile. Plus de 600 patients ont été suivis dans le cadre de ce dispositif depuis qu'il est mis en œuvre", a rapporté à TICsanté le Dr Gabriel Nisand, infectiologue aux HUS.

La plateforme de Lifen centralise toutes les réponses et permet de classer les patients par ordre de sévérité. Ainsi, les équipes soignantes peuvent se concentrer sur les patients ayant besoin d’une prise en charge immédiate.

A contrario, lorsqu'un patient est diagnostiqué au sein d’un hôpital et ne présente pas de risques importants nécessitant une hospitalisation, l’équipe médicale peut transférer le suivi du patient à son médecin traitant, en ville et activer la coordination des soins.

En cas de signes d’alerte ou d’aggravation des symptômes, le médecin généraliste peut faire remonter le besoin d’hospitalisation auprès de l’établissement pouvant accueillir le patient, et lui transférer le suivi.

"A Strasbourg, nous avons d'abord inclus les personnels hospitaliers infectés ou suspectés de Covid-19 dans le dispositif, qui s'est révélé très efficace", a constaté le Dr Nisand.

"La médecine du travail pouvait également suivre les patients via l'application et elle a pu donner son feu vert pour un retour au travail à l'hôpital. Malheureusement dans le contexte de tensions que nous connaissons à l'hôpital, nous avons besoin de récupérer nos effectifs assez vite."

L'infectiologue se verrait bien adapter la solution pour le suivi des patients malades chroniques ou dans le contexte post-opératoire après la crise.

Une autre solution, cette fois d’aide au dépistage du nouveau coronavirus, destinée aux professionnels de santé de premier recours, a été développée par TokTokDoc et adoptée par Pulsy.

La start-up strasbourgeoise, spécialisée dans la télémédecine en Ehpad notamment, a mis au point le portail Suivi Covid-19, un outil de dépistage, triage et suivi.

Concrètement, la solution permet à un professionnel de santé ou du secourisme (médical, paramédical, auxilliaire, secouriste, etc.) de s’identifier sur le site et créér un groupe d’utilisateurs autour par exemple d’une maison de santé pluridisciplinaire, un établissement médico-social, une pharmacie, une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), etc.

Ainsi réunis, les soignants peuvent suivre une file active partagée de patients et détectent rapidement les cas sérieux des cas bénins. L'outil suggère au professionnel de santé une conduite à tenir pour son patient (hospitalisation, redirection vers les services d'urgence, etc.) et favorise de facto la réactivité des services de soins.

"La solution est accessible pour tous les soignants et elle est déjà très utilisée par SOS Médecins à Mulhouse, par exemple", a fait savoir le Dr Pascal Charles.

Le ROR, un outil socle précieux

Lancé en 2007 pour répondre aux besoins d’orientation en urgence, le Répertoire opérationnel des ressources (ROR) a progressivement évolué pour devenir un référentiel recensant l’ensemble de l’offre sanitaire et du médico-social, comprenant un volet sur la disponibilité des lits hospitaliers.

Dans le Grand Est, cet outil numérique de gestion de la disponibilité en lits à l’hôpital permet de faciliter l’organisation de la réponse à la crise sanitaire qui induit de fortes tensions, notamment dans les services de réanimation, soins intensifs, médecine et soins de suite et de réadaptation (SSR) des établissements de la région.

Ces informations sont mises à jour "trois fois par jour" par tous les établissements sanitaires de la région. La disponibilité des lits apporte une visibilité précieuse pour les urgentistes et pour assurer l'exactitude des informations du ROR en cette période de fortes tensions, le Grades Pulsy "travaille à l’actualisation des disponibilités des lits avec l’appui des réanimateurs de la région", a rapporté le Dr Charles.

Par ailleurs, Pulsy prépare déjà "l'après-crise" et, dans un communiqué diffusé début avril, le Grades a annoncé avoir retenu la solution de Maincare Solutions pour son futur service e-Parcours.

Baptisé Parceo, ce bouquet de services, qui s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique du plan "Ma Santé 2022" permettra de faciliter la coordination entre les acteurs de santé du Grand Est et d’améliorer le suivi des parcours de soins. L'outil sera proposé aux professionnels de santé du Grand Est "dès septembre 2020", a noté le Dr Charles.

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

http://www.computer-engineering.fr/

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