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E-santé

80% des médecins généralistes de moins de 50 ans utilisent les outils socles d'e-santé (étude Drees)

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PARIS (TICsanté) - D’après le panel d’observation des pratiques et conditions d’exercice en médecine générale publié le 22 janvier par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), près de 80% des médecins généralistes de moins de 50 ans utilisent quotidiennement les trois outils socles de l'e-santé: le dossier patient informatisé (DPI), le logiciel d’aide à la prescription (LAP) et la messagerie sécurisée de santé (MSSanté).

Le quatrième panel d’observation des pratiques et conditions d’exercice en médecine générale est une enquête menée en 2018-2019 en France, hors Mayotte, par la Drees, les observatoires régionaux de la santé (ORS) et les unions régionales des professions de santé-médecins libéraux (URPS-ML) des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et Pays de la Loire, auprès de 3.300 médecins généralistes libéraux, installés au 1er janvier 2018 et ayant au moins 200 patients dont ils sont le médecin traitant.

Huit médecins sur 10 de moins de 50 ans ont déclaré recourir quotidiennement aux trois outils socles de l'e-santé: le dossier patient informatisé (DPI), le logiciel d’aide à la prescription (LAP) et la messagerie sécurisée de santé (MSSanté). Mais seuls 48% de leurs confrères de 60 ans ou plus les utilisent, a révélé l'étude.

Dans le détail, 97% des médecins généralistes de moins de 50 ans déclarent utiliser un DPI, 89% une messagerie MSSanté et 93% un LAP, contre respectivement 79%, 68% et 61% chez les 60 ans ou plus. "L’utilisation de ces outils socles décroît avec l’âge, et plus fortement encore lorsque l’on considère l’utilisation de ces trois outils conjointement", a ainsi noté la Drees dans son étude.

L'étude révèle également que les médecins exerçant avec d’autres médecins généralistes, ceux qui sont agréés comme maîtres de stage, qui faisaient déjà partie d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), qui disposent d’un secrétariat ou ont une plus grande patientèle de patients 'médecin traitant' ont une utilisation plus poussée de ces outils d'e-santé.

"Parallèlement à un effet générationnel marqué, l’utilisation de ces outils socles semble plus fréquente chez les médecins généralistes ayant une organisation collective élaborée, ce qui est probablement dû aux opportunités et aux contraintes qui y sont liées. Par exemple, le partage d’une infrastructure informatique fait partie des critères de rémunération de l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) concernant les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP)", a souligné le panel.

Plus récents, le dossier médical partagé (DMP) et la télémédecine sont hors du champ de cette étude, a précisé la Drees.

Encore un effort sur le codage et la sécurité des données

Si les médecins généralistes de moins de 50 ans sont de plus grands utilisateurs des outils socles d'e-santé, parmi ceux utilisant le DPI, seul 1 sur 5 affirme que les résultats de ses consultations sont correctement codées dans le dossier.

Pour rappel, la classification des actes médicaux permet notamment de définir les honoraires des actes de soin réalisés pendant une consultation, outre le suivi populationnel qu'il permet. "La structuration du DPI et la codification des informations qu’il contient sont des conditions préalables à l’exploitation de l’information recueillie par le médecin au cours de la consultation: c’est, par exemple, le moyen d’effectuer le suivi vaccinal de sa patientèle par le repérage des personnes qui ne sont pas à jour de leurs vaccins ou de détecter les patients diabétiques dont l’hémoglobine glyquée n’est pas normalisée", a rappelé la Drees.

Ainsi, près de la moitié des médecins structurant les informations au sein du DPI indiquent utiliser la classification internationale des maladies (CIM), 17% une codification personnelle et seulement 11% disent recourir à la classification internationale des soins primaires (CISP), qui est spécifiquement dédiée à la codification des résultats de consultations de médecine générale.

Plus inquiétant, 1 sur 10 ne sait pas quel système de codage il emploie. Là encore, la Drees a noté que les praticiens "les plus jeunes" codent le contenu de leurs consultations "plus souvent" que leur confrères plus âgés.

Dans le détail, les hommes codent leurs actes également plus souvent que les femmes et -comme pour l'utilisation des services socles- l’exercice au sein d’une CPTS, le fait d’être agréé comme maître de stage et d’échanger avec ses patients en dehors des consultations sont des éléments significativement et positivement associés au codage du DPI. En revanche, le volume d’activité n’y est, lui, pas significativement associé.

Le volet "sécurité des échanges et des données" est, lui aussi, à améliorer encore.

En effet, selon le panel de la Drees, si seulement 8% des médecins traitants sondés déclarent échanger entre eux ou avec des patients via une messagerie non sécurisée (MSSanté), 58% utilisent un autre canal que la messagerie pour communiquer: téléphone (9 sur 10), mails sécurisés ou non (6 sur 10) ou messagerie instantanée (3 sur 10).

Même ton du côté de la sécurité des données. L'étude révèle d'abord que 75% des médecins généralistes mettent en œuvre des moyens pour sécuriser l’accès à leurs DPI et disposent pour cela d'un dispositif pour sécuriser leurs dossiers patients. Néanmoins, 17% des répondants ont déclaré ne pas savoir s'ils disposent d'un tel dispositif.

Ces dispositifs sont "physiques" (clé, alarme anti-intrusion dans leur cabinet, etc.) pour 1 médecin sur 10 et informatique (anti-virus, politique de changement de mot de passe etc.) pour 3 professionnels sur 4.

"Au-delà de la sécurisation de l’accès aux données, l’hébergement des données des patients est un point sur lequel des améliorations peuvent également être réalisées", a noté la Drees.

Près de la moitié des médecins généralistes déclarent héberger les données de santé de leurs patients uniquement sur le disque dur de leur ordinateur et 13 % adjoignent à ce mode de stockage un autre outil non sécurisé d’entreposage (disque dur externe par exemple).

Seul un quart des médecins déclarent héberger les données de santé de leurs patients sur une plateforme locale ou régionale, ou encore chez un hébergeur agréé pour les données de santé (HADS).

La loi du 26 janvier 2016 de "modernisation de notre système de santé" a remplacé la procédure d'agrément des hébergeurs de données de santé par une certification délivrée par un organisme certificateur accrédité par le Comité français d'accréditation (Cofrac), rappelle-t-on.

La liste des hébergeurs certifiés HDS est disponible sur le site de l'Agence du numérique en santé (ANS, ex-Asip santé).

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

http://www.computer-engineering.fr/

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