https://global.agfahealthcare.com/france/systemes-informations/srd_restauration/
https://vieviewer.com/

Systèmes d'information

Entrepôts de données de santé: les CHU pointent un besoin de "confiance" et de compétences

0 381

PARIS (TICsanté) - La mise en place d'entrepôts de données de santé (EDS) hospitaliers nécessite d'avoir la "confiance" des patients et des médecins et fait naître de nouveaux besoins en compétences sur la structuration des données, ont témoigné plusieurs responsables de projets dans les CHU auprès de TICsanté.

Depuis le 26 septembre, TICsanté propose chaque semaine un bilan des travaux engagés par les établissements de santé pour constituer des entrepôts de données hospitaliers à des fins de recherche, à partir d'entretiens réalisés auprès des équipes des CHU en charge de ces projets (lire dépêche du 25 septembre sur l'AP-HP, dépêche du 3 octobre sur le CHU de Nantes et le Grand Ouest, dépêche du 10 octobre sur l'AP-HM, dépêche du 17 octobre sur le Grand Est).

Le premier frein à la constitution de ces entrepôts mentionné par les équipes hospitalières est le blocage d'ordre culturel qui peut exister autour du partage et de la réutilisation de données de santé.

"Ce n'était pas quelque chose d'évident il y a encore quelques années de mettre en place une gouvernance à l’échelle des 39 hôpitaux de l’AP-HP et de fixer les règles de partage et d’accès aux données collectées dans le cadre du soin", a témoigné Elisa Salamanca, directrice du département web innovation et données de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP).

Le responsable de la clinique des données du CHU de Nantes, Pierre-Antoine Gourraud, a lié ces obstacles à la question de "la confiance à créer vis-à-vis des patients, des soignants et des collègues". "On peut très vite tomber dans une perception de l'entrepôt qui relèverait du flicage des pratiques", a-t-il relevé, pointant l'importance de se doter "avant tout" d'une "solide gouvernance".

Toujours sur le plan humain, il a confié que la réussite et l'usage de ces nouvelles infrastructures informatiques nécessitent "beaucoup de pédagogie et de répétition". Il a déjà présenté trois fois à la commission médicale d'établissement (CME) l'entrepôt, en plus d'être sollicité par les services médicaux pour en parler au personnel. "La meilleure manière de susciter de l'intérêt est de montrer des exemples concrets", a-t-il défendu.

Une autre "clé de réussite" citée par Nicolas Delaporte et Prosper Burq, respectivement directeur des services informatiques (DSI) et chef de projet big data du CHU de Toulouse, est "le recrutement d'une équipe spécialisée" pour l'entrepôt, ainsi que "la coopération entre les différents services cliniques et non cliniques" de l'établissement.

Au CHU de Lille, les Drs Grégoire Ficheur et Vincent Sobanski, coporteurs du projet Include ont également déploré "les fantasmes qui perdurent sur les données de santé". "La sensibilité de l’accès aux données de santé peut constituer un frein, elle soulève des inquiétudes de la part des patients comme des équipes du CHU qui peuvent craindre que leur activité soit scrutée."

Pour contourner le problème, ils ont insisté sur la nécessité d’intégrer l’EDS "au projet de l’établissement" et de faire travailler ensemble des profils variés. "Dans le cadre d’un EDS, personne ne peut prétendre avoir une connaissance transversale du sujet et il est nécessaire de constituer une équipe mixte qui réponde à tous les besoins", ont-ils expliqué.

Pour contribuer à augmenter les usages, Elisa Salamanca a expliqué vouloir "s'appuyer sur quelques personnalités médicales qui pourraient mettre en évidence l'intérêt de l'EDS dans leur spécialité" à l'AP-HP.

Un point de vue partagé par le Pr Pierre Champsaur, radiologue, président de la commission "système d'information et DPI" à l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM). Chargé du développement de l’EDS marseillais, il a pointé la "nécessité de convaincre de l’intérêt du projet en interne", appelant à "travailler en étroite collaboration avec une équipe pluridisciplinaire (médecins, ingénieurs, développeurs, informaticiens etc.)".

Il a également souligné l’intérêt d’intégrer "progressivement et dans le cadre de projets précis" des industriels, des universitaires, chercheurs, et doctorants spécialisés en intelligence artificielle (IA).

Les difficiles recrutements de "profils experts"

S’il est admis par l’ensemble des établissements de santé interrogés par TICsanté que des équipes expertes doivent être constituées, les nouveaux profils de data scientists, développeurs ou managers capables d'encadrer des équipes techniques poussent aussi les CHU à revoir en profondeur leurs processus de recrutement.

Peu de personnes ont actuellement les compétences nécessaires pour manipuler ces volumes massifs de données et elles représentent, de surcroît, des profils chers, prisés par le privé lucratif. Dans ce contexte, les CHU font face à un manque d’attractivité du secteur public.

"La mise en place d’un EDS coûte cher, elle implique des investissements importants et des recrutements de profils chers comme les data scientists. Pour recruter à ces postes, il faut compter des salaires importants et nous faisons face à la concurrence des banques ou des Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, ndlr] qui rémunèrent mieux", ont déploré les Drs Sobanski et Ficheur au CHU de Lille.

Même tonalité au CHU de Nancy où Jean-Christophe Calvo -chef du département territorial de la transformation numérique et de l’ingénierie biomédicale de l’établissement- a regretté "les difficultés de recrutements" auxquelles sont confrontés les recruteurs du secteur public.

"Il faut des experts pour qualifier les données, or ce sont des profils rares, souvent chers et ils ne sont pas forcément intéressés par le public", a-t-il noté.

Des freins techniques et réglementaires

Si la question du recrutement de "profils experts" est centrale pour mener à bien les défis techniques des EDS, la principale difficulté réside dans l'ajout en continu des données du système d'information hospitalier dans l'entrepôt qui se caractérisent par leur grande hétérogénéité.

"Autant le DPI [dossier patient informatisé] est unique à l'AP-HP, autant certains logiciels, notamment les systèmes d’information historiques, sont très dispersés, ce qui nécessite un travail important de standardisation et de qualification des données", a relevé Elisa Salamanca, prenant l'exemple des 23 bases de données existant pour la chimiothérapie.

Un sentiment partagé par Jean-Christophe Calvo, à Nancy. "La réussite d’un entrepôt repose sur la qualité des données qu’il contient et de leur pertinence car il va aussi accompagner le développement de l’intelligence artificielle (IA) et nous devons prendre ce virage pour garantir la réussite du projet", a-t-il expliqué.

A Nantes, "le réglementaire est beaucoup plus compliqué", selon Pierre-Antoine Gourraud. Il a évoqué le dépôt d'une demande d'autorisation à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) pour engager des traitements de données, mais aussi la refonte du circuit d'information du patient sur l'utilisation qui est faite de leurs informations, en application du règlement général européen relatif à la protection des données (RGPD).

Dans l'Est et dans le Grand Ouest, où les établissements ont engagé des réflexions communes, les équipes interrogées par TICsanté ont, elles, mis en avant l'intérêt de ces dynamiques régionales et inter-régionales pour répondre aux différents défis techniques et réglementaires posés par ces nouvelles infrastructures.

Raphael Moreaux
raphael.moreaux@apmnews.com
Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com
http://www.axigate-france.fr/welcome.html

Systèmes d'information

Entrepôts de données de santé: l'AP-HP en phase d'industrialisation

PARIS (TICsanté) - Depuis la mise en place de son entrepôt de données de santé (EDS) en 2017, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a multiplié les travaux informatiques pour faciliter la recherche et industrialiser l'intégration de nouveaux flux d'informations, a expliqué à TICsanté Elisa Salamanca, directrice du département web innovation et données de l'AP-HP.

0 325

E-santé

La Cnil valide la création de l'entrepôt de données de santé du CHU de Lille

PARIS (TICsanté) - La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a validé la conformité de l’entrepôt de données de santé (EDS) du CHU de Lille au règlement général européen sur la protection des données (RGPD), a annoncé l'établissement de santé dans un communiqué le 11 septembre.

0 380

Vos réactions

Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
5 + 2 =
http://www.canyon.fr/
https://www.groupepsih.com/decouvrez-hospivision/?utm_source=ticsante&utm_medium=banner&utm_campaign=Hospivison%20juin%2019
http://www.corwin.eu/actualite/fehap2019.html?utm_source=ticsante&utm_medium=banniere&utm_campaign=fehap2019

Les offres APMjob.com

TICpharma.com

Découvrez le site de référence sur la transformation numérique des industries de santé

Découvrir le site

événements

  • 2ème SOPHI.A Summit

    Du 20/11/2019 au 22/11/2019

  • 3ème édition des Entretiens de Galien

    Du 27/11/2019 au 28/11/2019

  • Grand Prix mondial de la télémédecine

    Le 05/12/2019

  • Consumer Electronics Show (CES) 2020

    Du 07/01/2020 au 10/01/2020

  • Hacking Health Camp 2020

    Du 20/03/2020 au 22/03/2020

  • 8e congrès de l'Apssis

    Du 31/03/2020 au 02/04/2020

  • Sant'Expo 2020 (ex-Paris Healthcare Week)

    Du 26/05/2020 au 28/05/2020

https://vimeo.com/372582192