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Politique

Grand âge et numérique: les conditions de la réussite (Matières grises et Capgemini)

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PARIS (TICsanté) - Le think tank Matières grises et le cabinet de conseil Capgemini Invent font des propositions, dans un rapport commun rendu public le 3 septembre, pour "rattraper le retard français" en matière d'utilisation du numérique dans le secteur du grand âge.

Ce rapport de 60 pages est le troisième publié par Matières grises, après celui sur les personnes âgées en 2030 et les hospitalisations évitables.

Ce cercle de réflexion, créé au printemps 2018 par le cabinet EHPA Conseil & Formation et 16 opérateurs du secteur, s'est cette fois-ci associé à Capgemini Invent, filiale de Capgemini, pour élaborer un état des lieux du numérique dans le secteur du grand âge et faire des propositions.

Dans ce secteur, "les bénéfices du digital peuvent être considérables au regard des enjeux et du profil du public concerné (maladies chroniques, perte d’autonomie motrice et cognitive, polypathologie). Mais ils sont d’autant plus compliqués à atteindre car c’est bien une transformation systémique qu’il faut enclencher, plus que dans d’autres secteurs, ou pour certaines filières de soins spécifiques", écrivent dans la préface du rapport Etienne Grass, executive vice president de Capgemini Invent, et Luc Broussy, responsable de Matières grises, par ailleurs président de France Silver Eco.

"Tous les acteurs doivent désormais se mobiliser: gestionnaires d’établissements et de services, ARS [agences régionales de santé], conseils départementaux, ministère, éditeurs de solutions, fédérations", encouragent-ils.

Ils listent les écueils du secteur en matière de systèmes d’information, déjà reportés dans le rapport Libault remis à Agnès Buzyn en février dernier.

"Ils sont d’une évidente faiblesse dans le secteur du grand âge notamment par rapport au secteur hospitalier. La faible appétence des dirigeants médico-sociaux pour ces sujets 'techniques', comme l’insuffisant volontarisme de la puissance publique dans ce domaine, ont progressivement créé une situation qui nécessite de tirer la sonnette d’alarme", soulignent-ils.

Le groupe de travail sur les données de gestion et l'interopérabilité des systèmes d'information, qui s'est réuni dans le cadre de la concertation grand âge et autonomie, est arrivé à une conclusion similaire, rappelle-t-on.

Le rapport de Matières grises et Capgemini s'intéresse aussi au "numérique au service de la coordination territoriale": "Alors que l’enjeu de la coordination des acteurs, notamment au plan local, est reconnu comme un des éléments essentiels de réussite d’une politique du grand âge et que l’utilisation du numérique constitue une condition sine qua non d’une coordination efficace, là encore, le secteur du grand âge accuse un retard conséquent."

Quant au "développement des nouveaux services digitaux, [...] qu’il s’agisse de prévention, de repérage des fragilités, de domotique, de préservation des liens sociaux, de gestion des plateformes de services, de sécurisation des personnes, de télémédecine ou de téléassistance, les applications digitales dans les Ehpad [établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes] et les services d’aide et de soins à domicile sont aussi multiples qu’utiles. Mais là aussi, leur développement demeure chaotique, inégal et désordonné", assènent les auteurs.

SI: un socle minimum de référence

Outre ces constats, détaillés pour ces trois thématiques, Matières grises et Capgemini Invent font des propositions pour accélérer le mouvement.

En matière de système d'information, ils préconisent notamment "d'inscrire le projet d'informatisation du coeur de métier dans une démarche d’établissement, voire dans le projet d’établissement/de service lui-même, comme un facteur de qualité des accompagnements. Cela peut donner du sens à ce chantier potentiellement générateur de craintes, et renforcer le portage par la direction, également clé dans la réussite".

Ils estiment aussi qu''"un facteur clé de succès réside dans le partage d’un socle minimum de références en matière de processus métier, de sémantique, de nomenclatures, de fonctionnalités des solutions, a minima pour le coeur de métier que constitue le dossier de l’usager".

Ils jugent ainsi nécessaire de coconstruire "rapidement" avec les représentants du secteur des référentiels nationaux. "Une démarche de type 'labellisation' des solutions SI respectant ces exigences minimales permettrait de mieux structurer le marché", ajoutent-ils.

Ils appellent Ă©galement les gestionnaires de petite taille Ă  "mutualiser et externaliser".

"La mutualisation entre plusieurs structures voire organismes gestionnaires est une condition de faisabilité des investissements nécessaires au rattrapage du retard du secteur. Lorsqu’elle ne peut se faire à l’échelle de grands groupes, elle devrait pouvoir s’organiser à une échelle territoriale (régionale par exemple avec les GRADeS [groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé]), le cas échéant sous l’impulsion des autorités de financement qui disposent de leviers incitatifs à l’émergence de telles dynamiques (contractualisation pluriannuelle notamment), comme vient de le faire l'ARS [agence régionale de santé] Bretagne dans un appel à candidatures".

"Cette mutualisation, indispensable pour réduire les coûts actuels par des économies d’échelle, l’est aussi et surtout pour faire face à l’augmentation des exigences pesant sur le SI, notamment en matière de sécurité", complètent-ils. Ils recommandent d'ailleurs "de combiner mutualisation et externalisation".

Et tout cela ne peut se faire sans "moyens d’accompagnement -y compris financiers", jugent-ils, pourquoi pas dans le cadre des contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM). Ils proposent aussi "l'intégration d’indicateurs relatifs à l’équipement puis aux usages effectifs du SI dans le futur référentiel national d’évaluation externe".

En matière de coordination territoriale, les auteurs préconisent notamment de faire évoluer les modes de financement, "dans une approche moins segmentée et moins cloisonnée" entre soins de ville, hospitalier et médico-social", et d'orienter les "fonds publics en faveur de la digitalisation du secteur du grand âge".

Ils appellent aussi à créer "un environnement numérique interopérable, sécurisé et urbanisé".

Nouveaux services: "trop d'offres tue l'offre"

Matières grises et Capgemini Invent donnent également leur avis sur "les nouveaux services et leurs impacts dans l'accompagnement de la personne âgée".

Ils se réjouissent que "de plus en plus d’acteurs cherchent à favoriser des démarches de co-design avec les usagers, à mettre en place des dispositifs d’accompagnement à l’usage, à évaluer le service rendu en prenant l’usage effectif comme objectif premier".

Néanmoins, "l'évaluation doit être outillée et, à ce titre, de nouveaux dispositifs doivent être développés pour générer de l’information concernant la satisfaction des personnes hébergées et/ou accompagnées, mais également des collaborateurs, et les effets de l’utilisation des outils numériques".

Ils rappellent que le rapport Libault  prĂ©conise la crĂ©ation d'un "centre de preuves pour les stratĂ©gies prĂ©ventives" et que la SociĂ©tĂ© française de gĂ©riatrie et gĂ©rontologie (SFGG) associĂ©e Ă  la FĂ©dĂ©ration hospitalière de France (FHF) propose de faire de ce centre "un groupement d’intĂ©rĂŞt scientifique intĂ©grant le recensement et l’évaluation des nouvelles technologies aussi bien que des innovations organisationnelles".

Ils jugent aussi que "trop d’offres tue l’offre". "Il s'agit de basculer d’une phase d’innovation, créative mais désordonnée, à une structuration des offres et du marché, condition de leur généralisation."

"La structuration du marché doit être favorisée par un cadre législatif et réglementaire qui, sans être nécessairement contraignant, peut être fortement incitatif, par la voie de la labellisation par exemple", proposent-ils.

Le rapport, qui donne par ailleurs des exemples d'innovations menées par les opérateurs membres du think tank, se termine par un exercice de prospective décrivant la transformation numérique -réussie- du secteur du grand âge en 2030.

Valérie Lespez
valerie.lespez@apmnews.com

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