https://global.agfahealthcare.com/france/systemes-informations/srd_restauration/
https://vieviewer.com/

E-santé

Numérique en Ehpad: penser "usage" au-delà de "l'effet waouh"

0 343

PARIS (TICsanté) - Objets connectés, robots, numérique… de nombreux Ehpad prennent le train de la digitalisation, mais au-delà des simples gadgets, elle doit avant tout viser l'amélioration du confort de vie des résidents et des conditions de travail des soignants, ont souligné des opérateurs lors de la Journée franco-allemande de la "silver économie" le 4 juin.

Les opérateurs d'Ehpad et les entreprises doivent impérativement "se saisir de la question du numérique", a insisté Sébastien Podevyn, le directeur général de l'association France Silver Eco, a rapporté Gerontonews (site d'information du groupe APM International dont fait partie TICsanté).

Mais l'appropriation de ces nouveaux outils reste une gageure, et de nombreux acteurs du secteur craignent la profusion de gadgets, peinant à différencier le bon grain de l'ivraie. Pour en parler, une table ronde était consacrée aux "innovations et à la transformation numérique au service du bien-vieillir", sous la forme de "regards croisés" entre France et Allemagne.

L'occasion pour le groupe commercial d'Ehpad Korian de mettre en avant sa toute nouvelle stratégie par la voix de Fabrice Flottes de Pouzols, directeur de Korian Solutions, la récente agence digitale du groupe.

Korian a ainsi ouvert deux Ehpad pilotes connectés: l'un en novembre 2018 à Châtillon (Hauts-de-Seine) et l'autre à Châlons-en-Champagne le 12 juin. "On a considéré qu'on avait trois types de personnes en Ehpad: le patient/résident, la famille et les intervenants extérieurs, et enfin le personnel", a-t-il égrené.

"Et on essaie de mettre en place un écosystème qui va interagir avec l'ensemble de ces personnes pour apporter un maximum de services. Des services qui apparaissent extrêmement modernes comme la domotique, mais qui ont été ultra-simplifiés pour que la personne âgée puisse les utiliser elle-même dans certains cas", a-t-il complété.

Le plan de "digitalisation" de Korian

Ces Ehpad ont donc été "technologisés", selon ses termes, avec plusieurs volets: "sécurité et confort du résident, faciliter le travail du personnel et enfin communiquer avec la famille".

Sur la sécurité, Korian a installé "des serrures connectées", ce qui est "commun dans le tertiaire mais qu'on ne voit pas beaucoup dans les établissements de santé", a vanté Fabrice Flottes de Pouzols. L'idée est que le personnel "arrête de galérer avec des ensembles de clés et de passes", remplacés par des badges.

"On a essayé de mettre en place de la domotique complètement transparente: aucune tablette, des outils très simples, des gros poussoirs bleus et jaunes avec des scénarios pré-programmés permettant aux résidents de gérer leur lever en attendant le personnel", a-t-il décrit. "Le matin, le bouton va générer une ouverture progressive du volet, allumer doucement la lumière et mettre une petite musique. S'il est activé la nuit, il va fonctionner différemment", d'une façon adaptée au comportement d'une personne allant aux toilettes.

Le personnel peut aussi déclencher ces scénarios avec "une télécommande plus petite, inaccessible au résident". Sur le volet "famille", le groupe a fait appel à la box de Technosens, branchée derrière la télévision.

Une solution choisie pour que ce projet "devienne éventuellement un standard dans nos établissements. Parce qu'on a beaucoup de résidents qui apportent leur propre télévision et il faut pouvoir ajouter un dispositif dessus", a argué le directeur de Korian Solutions.

La box est aussi reliée à une application spécifique pour les familles. "On a déjà des gazettes de nouvelles imprimées chaque semaine", a-t-il dit, sans citer Famileo, "et là, la photo envoyée par la famille apparaît immédiatement" sur l'écran de télévision avec un message. "On peut aussi déclencher des appels Skype."

En plus, "le personnel va être équipé de terminaux de type smartphone, -ce qui n'est pas du tout la norme dans les établissements de santé en France, on a plutôt tendance à leur interdire-, et ils vont pouvoir gérer leur journée de travail et la communication avec le résident: l'idée n'est pas de déshumaniser la relation mais de faciliter le travail", notamment la nuit, a-t-il fait valoir. "Avec un appel malade, on aura juste la référence de l'appel sur un DECT, alors que là, on pourra lever le doute, prendre la main sur une caméra dans la chambre, pour voir si la personne est tombée ou appelle pour un verre d'eau."

L'écran immersif installé à l'Ehpad Korian de Châtillon. Crédit: Toussaint

Plus généralement, Korian met en place "des innovations pour rendre les Ehpad plus hôteliers, avec du parquet, des codes couleur, du mobilier nordique, un piano qui joue tout seul et, dans l'Ehpad de Châtillon, un espace immersif" sous la forme d'un écran géant un peu incurvé qui fait huit mètres de large avec l'idée de "faire voyager des personnes qui ne sont plus en capacité de le faire". Il peut diffuser des scènes sous formes "d'images légèrement mobiles", comme une croisière sur la Seine ou un décor spécial Noël.

"L'idée n'est pas forcément d'équiper tous les Ehpad Korian avec toutes ces solutions, mais d'avoir un retour d'expérience du personnel, des résidents et des familles", a précisé Fabrice Flottes de Pouzols.

Une fois deux autres sites pilotes équipés (des cliniques de soins de suite et de réadaptation situées à Marseille et à Toulouse), le groupe compte sélectionner certaines de ces technologies "pour les déployer partout".

"Nos filiales belge, allemande et italienne sont intéressées par ce qu'on a fait et on va en discuter pour savoir ce qu'elles peuvent prendre" en fonction des marchés et des coûts, a-t-il dit. "De même que nous aussi essayons de bénéficier de leurs bonnes pratiques", a-t-il poursuivi.

S'agissant des Ehpad en construction, "le budget de digitalisation est prévu et marginal et le groupe ne le répercute pas" sur les tarifs. "On se posera la question de l'investissement sur les établissements existants, mais on ne va pas dépenser 500.000 euros pour chacun", a-t-il prévenu.

Il a aussi précisé que le groupe souhaitait déployer certaines technologies à domicile, citant le réseau Petit-fils récemment acquis par le groupe.

"Le coeur de métier reste le soin"

Apportant un regard allemand sur le sujet, Thorsten Mohr, directeur financier du groupe d'Ehpad Curata Care, a rappelé que son "coeur de métier" restait "le soin en institution".

Pour lui, "la numérisation couvre plusieurs aspects", et notamment "des éléments standards comme la comptabilité et la planification des heures, qui permettraient de soulager le personnel des tâches bureaucratiques pour qu'il se concentre sur les personnes âgées".

Un poil critique sur l'écran immersif proposé par Korian, il a exprimé le fait que ce dispositif "n'était pas idéal pour les résidents" de son groupe, et qu'il privilégiait "les solutions d'ordre médical", travaillant pour cela avec des start-up, et l'amélioration de la communication avec les familles. Il a aussi évoqué un "dossier médical numérique" à venir en Allemagne qui devrait être "une avancée importante pour l'avenir".

Tous ces projets numériques nécessitent "une volonté venant d'en haut et une bonne analyse des avantages. La direction doit s'engager et mobiliser l'ensemble du personnel", a-t-il insisté.

Sur le même plan, Michael Heinlein, gérant de la société allemande Digital Care, qui travaille sur la "digitalisation" des maisons de retraite outre-Rhin, a mis l'accent sur le fait que "la priorité n'est pas de projeter de belles images mais de faciliter le travail et la gestion de planning" et que le numérique devait viser à donner au personnel "plus de temps" pour les résidents.

Défendant ce dispositif de projection immersive et la stratégie de Korian, Fabrice Flottes de Pouzols a réagi en disant que l'objet représentait "4% du budget dépensé par établissement sur la digitalisation". Assurant d'un "effet 'waouh' sur les familles", il a aussi dit que contre toute attente, ce dispositif est l'un des favoris des résidents. "Mais bien évidemment, le personnel est clé", la technologie est là "pour lui simplifier le travail", a-t-il répété.

"Je ne voudrais pas que le côté 'waouh' du projecteur soit la seule chose qu'on retienne", a-t-il insisté, indiquant qu'un des écrans était installé dans un pôle d'activités et de soins adaptés (Pasa) et "devrait évoluer pour diffuser des odeurs, des bruits, pour faire de l'accompagnement médical". Il aussi cité l'utilisation de "tables magiques" et du dispositif Silver Fit.

"La technologie pour la technologie n'a aucune valeur. On met en place des [enceintes connectées] Amazon Echo dans les chambres à la demande des utilisateurs car ça leur facilite la vie!", a-t-il argué. Il a aussi cité l'exemple, dans un Ehpad lyonnais, d'une résidente de 70 ans, "polyhandicapée après un accident mais qui a toute sa tête". Alors que le groupe n'a pas prévu de domotiser cette structure, une assistance vocale va être mise en place uniquement pour elle.

A Lyon toujours, Korian prévoit de "tester de nombreux dispositifs de chutes pour sélectionner les plus performants", sachant qu'"aucun système ne se détache vraiment aujourd'hui".

Enfin, revenant sur l'idée de "libérer du temps humain au service des résidents", le directeur de Korian Solutions a cité le robot Buddy, selon lui "le seul sur le marché à un prix abordable".

Mais outre "une difficulté" pour ses concepteurs à "trouver des fonds pour financer le logiciel", il a cité "un problème sur la vision qu'ont les gens de la technologie et sur la déclinaison dans les usages".

Claire Beziau
claire.beziau@gerontonews.com

http://www.computer-engineering.fr/

En bref

Les HCL s'allient à la start-up medGo pour gérer leur réseau de remplaçants

Les Hospices civils de Lyon ont adopté la plateforme medGo*, 100% en ligne, pour gérer leur réseau de remplaçants, ont-ils annoncé dans un communiqué commun avec la start-up du même nom.

0 214

E-santé

Eric Le Bihan quitte Acetiam pour la présidence de Medylink

TOULOUSE, 19 novembre 2018 (TICsanté) - Eric Le Bihan, ancien patron d'Orange Healthcare et ex-président de l'opérateur de télémédecine Etiam, a été nommé jeudi à la présidence de la société Medylink, qui propose aux médecins généralistes un "réseau social médical" pour une coordination des soins "100% digitale".

0 354

Vos réactions

Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
3 + 6 =
http://www.canyon.fr/
https://www.groupepsih.com/decouvrez-hospivision/?utm_source=ticsante&utm_medium=banner&utm_campaign=Hospivison%20juin%2019
http://www.corwin.eu/actualite/fehap2019.html?utm_source=ticsante&utm_medium=banniere&utm_campaign=fehap2019

TICpharma.com

Découvrez le site de référence sur la transformation numérique des industries de santé

Découvrir le site

événements

  • 2ème SOPHI.A Summit

    Du 20/11/2019 au 22/11/2019

  • 3ème édition des Entretiens de Galien

    Du 27/11/2019 au 28/11/2019

  • Grand Prix mondial de la télémédecine

    Le 05/12/2019

  • Consumer Electronics Show (CES) 2020

    Du 07/01/2020 au 10/01/2020

  • Hacking Health Camp 2020

    Du 20/03/2020 au 22/03/2020

  • 8e congrès de l'Apssis

    Du 31/03/2020 au 02/04/2020

  • Sant'Expo 2020 (ex-Paris Healthcare Week)

    Du 26/05/2020 au 28/05/2020

https://vimeo.com/372582192