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Politique

Internet et les écrans, "vecteurs" d'accès aux substances addictives (rapport)

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PARIS (TICsanté) - Le président du Fonds actions addictions, le Pr Michel Reynaud, et le conseiller e-santé du fonds, le Dr Jean-Pierre Thierry, ont pointé les écrans et internet comme des "vecteurs" d'exposition et de recherche de substances addictives licites et illicites, dans un rapport remis le 13 mai à la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Le Pr Michel Reynaud et le Dr Jean-Pierre Thierry ont été missionnés par le président de la Mildeca, Nicolas Prisse, afin de proposer un panorama et une première analyse des bénéfices attendus d'une utilisation de l'e-santé dans la lutte contre les addictions.

Dans leur rapport remis mardi, les deux professionnels ont souligné l'absence de "définition consensuelle" du phénomène d'addiction aux écrans et ont présenté une "utilisation problématique d'internet" pouvant conduire à une amplification des usages excessifs permis par la technologie.

Les smartphones ou internet sur PC sont définis comme des "vecteurs d'exposition aux substances licites" et des "vecteurs de recherche des substances illicites". Dans les deux cas d'usages, les outils numériques faciliteraient l'accès aux substances addictives.

"L’internet pouvant être le vecteur de tout ce qui apporte du plaisir à l’être humain, il peut donc naturellement devenir le vecteur de tous les usages excessifs des plaisirs qu’il permet. L’internet facilite la présentation agréable voire imposée de toutes les substances procurant du plaisir. Il facilitera donc l’addiction à toutes les substances licites ou illicites", peut-on lire dans le rapport remis à la Mildeca.

Internet comme "vecteur d'exposition" aux substances licites

Si l'alcool, le tabac et la nicotine sous d'autres formes sont autorisés à la consommation par la réglementation en vigueur, ces produits n'en demeurent pas moins addictifs.
Les réseaux sociaux et les spots publicitaires en ligne sont présentés comme des "vecteurs privilégiés" et le rapport dresse un comparatif entre les Etats-Unis et la France.

Ainsi, outre-Atlantique, une étude de 2011 a révélé l’influence des réseaux sociaux et leur relation avec les consommations abusives d’alcool, de tabac et de marijuana chez les adolescents, de telle sorte que 70% des utilisateurs de ces réseaux sociaux sont "5 fois plus susceptibles de fumer (10% contre 2%)", "deux fois plus nombreux à boire de l’alcool (10% contre 5%) ou consommer de la marijuana (13% contre 7%)".

En France, l'association Avenir santé a identifié de nombreux jeunes "influenceurs" faisant la promotion des boissons alcoolisées auprès de leurs pairs via leurs comptes sur les réseaux sociaux. "Les influenceurs permettent aux annonceurs de contourner la loi interdisant toute publicité destinée à la jeunesse en concentrant ses efforts sur le numérique", ont dénoncé les auteurs du rapport.

Les réseaux sociaux stars des jeunes, Instagram et Twitter, sont plus particulièrement ciblés par les vendeurs de cigarettes, "les 'posts', tweets et vidéos placés sur les réseaux sociaux et Instagram et incitant les plus jeunes à fumer ont été vus plus de 25 milliards de fois dans le monde et près de 9 milliards de fois aux Etats-Unis", apprend-on.

Avenir santé a également dénoncé l’utilisation des applications YouTube, Instagram, Snapchat et Shazam pour le lancement automatique de publicités illégales "interstitielles" ou "pour la présence d’influenceurs rémunérés délivrant des messages".

Internet, le vecteur principal de "recherche" de substances illicites

L'achat de substances illicites ne peut pas, en théorie, se faire en ligne mais internet permet aux consommateurs de trouver des drogues en ligne et de les acheter.

Les auteurs du rapport se sont penchés sur la littérature scientifique pour apporter un éclairage sur les pratiques des usagers et elle a révélé que "de nombreuses applications basées sur internet", des sites web, les réseaux sociaux et les messageries instantanées, "dissimulés ou non", permettent de réaliser des achats en ligne de drogues.

Quand ces applications sont dissimulées, l'ensemble de la transaction se fait via des plateformes de "cryptomarchés" qui gardent les identités secrètes, dissimulent les communications et les transactions par le recours à des infrastructures spécifiques (darknet), à des espaces du web qui ne sont pas ou peu régulés (darkweb) et enfin à des communications cryptées et à des cryptomonnaies.

"Une analyse des données du Global Drug Survey, enquête auprès de personnes qui consomment des drogues légales et illégales, suggère que l’achat de stupéfiants sur le web et sur les darkwebs reste limité, mais avec une tendance à l’augmentation. D’autres données montrent que le cannabis et les stimulants (cocaïne, ecstasy, amphétamine) sont les produits les plus commandés. Il y a désormais une très forte augmentation des achats de nouvelles drogues de synthèse (NDS), sur ces réseaux du
darkweb."

Si l'intervention des forces de l'ordre rend la durée de vie de ces plateformes assez limitée, elles restent nombreuses sur internet et réapparaissent sous d'autres formes après chaque fermeture.

Une évolution des addictions concomitante avec l'apparition du smartphone

Ces addictions ont explosé avec la démocratisation du smartphone et de l'internet mobile, parallèlement à l'addiction au smartphone, "dès le début des années 2000". "L’addiction au smartphone possède dorénavant ses propres scores d’auto-évaluation à l’instar de l’alcool, du tabac ou du cannabis", a précisé le rapport.

Cette addiction est liée aux applications mobiles et à leur place de plus en plus prépondérante dans la vie des usagers, notamment via les addictions aux réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Snapchat, Instagram et Twitter).

En France, la prévalence de l’addiction aux écrans, à l’internet et au smartphone n’est pas encore connue mais une étude réalisée en 2018 par le Fonds actions addictions avec la Fondation Gabriel Péri et la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et avec le soutien du groupe VyV, l’utilisation des écrans, réseaux sociaux et jeux vidéo, est spectaculairement élevée chez les jeunes, et plus encore chez les adolescents.

Ainsi, "26% des 18-22 ans estiment passer plus de 5 heures par jour sur les réseaux sociaux, 10% y consacrent plus de 8 heures chaque jour. De même, 16% des 18-22 ans disent passer plus de 5 heures par jour sur les jeux vidéo et 7% plus de 8 heures", y apprend-on.

Comme aux États-Unis, les jeunes des familles aux revenus modestes (inférieurs à 250 euros par mois) sont les plus exposés et sont les plus forts consommateurs de tabac, cannabis, cocaïne, ecstasy, GHB, jeux d’argent, porno, jeux vidéo et réseaux sociaux.

Par ailleurs, plusieurs études et enquêtes ont établi que "les pratiques potentiellement génératrices d’addiction pour certains explosaient entre 11 et 15 ans, c’est-à-dire pendant les années passées au collège".

Enfin, le débat sur l’addiction aux écrans porte également sur la petite enfance "depuis la médiatisation d’une possible relation entre l’exposition aux écrans et sa responsabilité éventuelle dans l’augmentation de l’incidence des troubles comportementaux, dont les troubles du spectre autistique (TSA)", ont rappelé les auteurs du rapport.

Si cela ne repose, pour l'heure, sur aucune base scientifique, plusieurs actions sont déjà engagées et en novembre 2018, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à lutter contre l’exposition précoce des enfants aux écrans.

Elle implique la règle du "3-6-9-12" : pas d’écran avant 3 ans; pas de console de jeu portable avant 6 ans; pas d’internet avant 9 ans et une possibilité d’utiliser internet de manière autonome à partir de 12 ans.

Un plan de formation spécifique des pédiatres et pédopsychiatres est également préconisé dans le rapport.

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

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Politique

Des experts plaident en faveur d'"un plan e-santé" pour lutter contre les addictions (rapport)

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Comment LNA santé veut encourager l'innovation technologique dans ses Ehpad et cliniques

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