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E-santé

Grand Est: une plateforme régionale en e-santé pour expérimenter et stimuler l’innovation

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STRASBOURG (TICsanté) - Imaginée en 2017 à Strasbourg, la Plateforme régionale d’innovation en e-santé mutualisée (PRIeSM) promeut l’expérimentation de solutions innovantes en santé basées sur les données des patients et "fait se rencontrer tous les acteurs de l’e-santé", a expliqué le 22 mars Gaston Steiner, directeur délégué à l’e-santé des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), chargé du pilotage de la plateforme.

Du 22 au 24 mars, s'est tenu à Strasbourg le Hacking Health Camp, l'un des plus grands hackathons santé européens. A cette occasion, plusieurs ateliers ont été animés dans les locaux de la faculté de médecine de la capitale alsacienne.

Parmi eux, l’un était consacré à un projet local: la plateforme PRIeSM, née à l’initiative de Grand-Enov en collaboration avec le groupement de coopération sanitaire (GCS) Alsace e-santé.

Elle regroupe aujourd’hui plusieurs acteurs du monde de la santé ou institutionnels: Alsace BioValley, Alsace Innovation, l’Association pour la promotion de la santé numérique, la CCI Alsace Eurométropole, les HUS, l’association Ircad, l'institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg et l’union régionale des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML Grand Est).

"Le projet est né du constat qu’en France, nous ne sommes pas en avance sur le sujet de l’e-santé, même si nous disposons d’une stratégie nationale importante. Les projets d’e-santé prennent toujours beaucoup de temps et l’innovation est plutôt portée par des entreprises", a expliqué Gaston Steiner, porteur du projet pour les HUS.

"Comment peut-on développer davantage l’innovation en santé et intégrer le marché plus rapidement? Le challenge était de créer, à l’échelle territoriale, une plateforme au sein de laquelle les acteurs publics et privés puissent se rencontrer et échanger." "Nous nous efforçons de répondre à une question: comment concilier l’innovation et la réglementation?" a-t-il souligné.

La plateforme concentre ses développements autour des parcours patients dans le cadre des maladies chroniques; du suivi post-opératoire et des parcours ambulatoires; des parcours de soins en cancérologie et des personnes âgées en perte d’autonomie.

Pour Gaston Steiner, la clé de la réussite de ce projet est également liée à deux facteurs: l’intégration des citoyens dans le projet et la place accordée aux données, notamment en vie réelle.

"Les données déterminent la capacité à suivre un patient tout au long de son parcours de soins et permettent de développer des innovations dotées d’intelligence artificielle. Par exemple, les hôpitaux de Strasbourg planchent actuellement sur une application autour du cancer du sein corrélée à des paramètres environnementaux", a-t-il détaillé.

Le directeur délégué à l’e-santé des HUS a néanmoins insisté sur la dimension sécurité et protection des données qui "donne un degré de confiance des patients et acteurs envers le projet".

Un accompagnement pas à pas

Encore en phase de structuration, la plateforme PRIeSM a pour objectifs d’encourager l’expérimentation et la mise sur le marché de produits ou services d'e-santé à destination des acteurs économiques; de développer les projets innovants en e-santé, notamment ceux portés par des entreprises et start-up et d’apporter de la visibilité à l’offre de services d’e-santé au grand public.

Ainsi, la plateforme propose des outils de gestion des parcours patient (télémédecine, informations aux patients, etc.), un entrepôt de données et des outils de datamining et plusieurs outils d’interopérabilité et de référentiels de sécurité.

"Il faut tout cadrer et l’interopérabilité est nécessaire car il y a besoin d’aller chercher des informations dans le dossier médical partagé (DMP) mais aussi à l’hôpital ou auprès de la médecine de ville", a expliqué Gaston Steiner.

Ce cadrage strict passe, notamment, par la mise en place d’une méthodologie rigoureuse, à observer pour chacun des projets. "Il faut sourcer les projets, qualifier leur pertinence, faire une étude de faisabilité, puis lancer une expérimentation. Si elle est satisfaisante, il y a un accompagnement et un suivi qui sont effectués lors de la mise sur le marché."

Par ailleurs, la plateforme dispose également d’une offre de services pour les professionnels. De l’accompagnement dans la gestion du projet, à la stratégie, l’organisation et aux questions de sécurité et de réglementation, PRIeSM couvre tous les pans nécessaires au lancement d’une innovation.

"Nous travaillons aussi sur les environnements métiers pour garantir un cadre d’interopérabilité et nous certifions les modèles d’objets connectés", a complété Gaston Steiner.

Un modèle économique à inventer

Pour l’heure, deux applications nées de PRIeSM "sont déjà en phase opérationnelle", a expliqué le directeur délégué des HUS. La première est une application centrée sur la dénutrition des personnes âgées, la seconde porte sur le suivi des patients opérés en chirurgie bariatrique, en partenariat avec Docapost, la filiale e-santé du groupe La Poste.

Ainsi, Docapost finance déjà "à hauteur de près de 50% le projet portant sur la chirurgie bariatrique", a indiqué Gaston Steiner.

"D’autres projets sont en cours et la plateforme se construit toujours. Nous apprenons en marchant mais elle intéresse déjà du monde", s’est-il félicité.

La plateforme, dont le coût total dépasse les 300.000 euros, a, elle, été financée par les membres du consortium à son origine et les collectivités territoriales alsaciennes.

"Derrière, il nous reste à créer un modèle économique et pourquoi pas faire de l’association actuelle une société. Nous y réfléchissons mais cela ne se fera pas avant 2020", a confié le pilote du projet.

A l’avenir, Gaston Steiner verrait bien PRIeSM se déployer à l’échelle nationale et peut-être s’articuler avec le futur espace numérique de santé (cf APM RM5PF8UJJ), promis par la ministère des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, dans le cadre du plan de transformation du système de santé.

"Je dois encore en discuter avec Dominique Pon", le responsable stratégique de la transformation numérique de la santé, a-t-il conclu.

Wassinia Zirar
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