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Inquiétudes autour de la fermeture annoncée de la banque de données en santé publique

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PARIS (TICsanté) - Un collectif de 159 organisations a alerté les pouvoirs publics sur la fermeture de la banque de données en santé publique (BDSP) annoncée pour le 1er juillet, faisant craindre des "difficultés d'accès à la littérature grise et aux travaux des professionnels de santé issus du terrain", a expliqué à TICsanté Emmanuel Rusch, président de la Société française de santé publique (SFSP).

Créée en 1993 à l'initiative de la direction générale de la santé (DGS), la BDSP est un portail d'information en ligne accessible gratuitement depuis 2006, réunissant une base documentaire, des bibliographies, un "thésaurus santé publique", des informations sur les colloques du domaine de la santé et du médico-social, des offres d'emploi ou encore des appels à projets du secteur.

Près de 525.000 documents y sont référencés, dont plus de 98.000 sont accessibles en texte intégral. En 2017, la BDSP a enregistré sur son site 3.000 visites quotidiennes et 400.000 visiteurs originaires de plus de 10 pays.

L'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), qui assure la gestion du site, a annoncé en 2018 la fermeture de ce dernier au 1er juillet 2019. Les différents services de la BDSP ne sont déjà plus alimentés ni mis à jour depuis le 1er janvier, et la page d'offres d'emploi et de stages a été fermée.

Fin 2018, la SFSP a diffusé une "prise de position" intitulée "La BDSP brûle et nous regardons ailleurs", qui a depuis recueilli les signatures de 159 organisations, parmi lesquelles plusieurs sociétés savantes, centres de formation en santé, comités départementaux et instances régionales d'éducation et de promotion de la santé.

Le texte déplore que la disparition de la BDSP revienne à s'attaquer à "un symbole de la collaboration interectorielle et interinstitutionnelle dans le champ de la santé publique" et à "laisser mourir un langage documentaire commun".

Emmanuel Rusch, qui consulte "assez régulièrement" le portail de la BDSP, a expliqué à TICsanté que ce site "présentait l'avantage de retrouver un document de façon facile, dans un même endroit".

"Je pense qu'il y a une partie des documents que nous ne retrouverons plus aussi facilement, ou qui risquent même de disparaître", a-t-il poursuivi, faisant référence à la "littérature grise" constituée de travaux issus des universités ou des élèves de l'EHESP, de documents diffusés par les institutions de santé et d'informations remontées par les professionnels de santé.

"On a le côté descendant de l'édition scientifique, avec les données probantes auxquelles nous sommes très attachés, mais nous souhaitons aussi avoir l'aspect ascendant, c'est-à-dire ce que font les professionnels de santé de ces données probantes", a-t-il développé.

Il a ajouté qu'il s'agissait d'un "mauvais coup" porté au réseau d'une quarantaine de centres de documentation qui s'étaient organisés pour alimenter la BDSP.

"Surpris" par "l'ampleur de la mobilisation" autour de la prise de position de la SFPS, Emmanuel Rusch a indiqué à TICsanté avoir adressé un courrier à la ministre des solidarités et de la santé, demandant "une aide pour faire le diagnostic de la situation et pour étudier plusieurs pistes, si ce n'est pour sauver la BDSP, au moins pour en conserver certaines fonctionnalités". Le courrier est resté pour l'heure sans réponse formelle.

Manque de financements

Contacté par TICsanté, le directeur de l'EHESP, Laurent Chambaud, a expliqué avoir "alerté dès 2016" les pouvoirs publics sur la nécessité d'"anticiper les évolutions nécessaires" de la BDSP.

A l'époque, l'EHESP se retrouve à gérer un site "vieillissant" et au système d'exploitation "à bout de souffle", dont le coût de modernisation a été évalué à 400.000 euros dans le cadre d'un projet de refonte intitulé "BDSP+", a-t-il rappelé.

Dans un contexte de restrictions budgétaires pesant sur l'EHESP, et alors que la gestion du portail de la BDSP lui a été transmise "sans moyen supplémentaire", la direction de l'établissement a recherché de nouvelles sources de financement comme des partenariats public-privé, du mécénat ou des crédits issus du programme des investissements d'avenir (PIA), sans succès.

"Je suis le premier à regretter cette fermeture que nous avons décidée sans gaieté de coeur", a confié Laurent Chambaud.

"Il y aurait un intérêt à avoir une réflexion générale sur la capacité à développer un modèle économique pour tous ces portails et banques de données, qui étaient jusqu'à présent essentiellement soutenus par la puissance publique", a-t-il pointé.

Concurrence des agrégateurs de contenus

Laurent Chambaud a également appelé à "tenir compte de l'évolution de l'environnement", avec l'arrivée d'opérateurs "privés ou semi-privés" qui ont "énormément investi internet" en agrégeant des contenus documentaires en santé. "Il faut réinterroger les besoins des professionnels et l'ensemble des services d'information qu'on peut leur proposer", a-t-il ajouté.

Le directeur de l'EHESP a précisé qu'en juillet, le site de la BDSP restera ouvert et que toutes ses archives seront encore accessibles, mais qu'il n'y aura plus de nouvelle collecte documentaire.

Il a également assuré que les travaux des élèves de l'EHESP, comme les mémoires des élèves médecins en santé publique ou directeurs d'hôpital, resteront accessibles sur le site de l'école.

On note que la BDSP n'est pas le seul site d'information et de documentation en santé à souffrir d'un manque de financements. C'est notamment le cas du Catalogue et index des sites médicaux de langue française (Cismef), créé et entretenu par le CHU de Rouen.

Ce dernier a lancé un appel aux dons en février dernier pour pouvoir continuer à produire du contenu et à maintenir ses infrastructures informatiques.

Raphael Moreaux
raphael.moreaux@apmnews.com

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