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E-santé

La télémédecine pourrait faire économiser 356 millions d'euros par an dans trois pathologies (Leem)

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PARIS (TICsanté) - La télémédecine pourrait permettre à l'assurance maladie d'économiser 356 millions d'euros par an, selon les résultats d'un étude, présentés en décembre et portant sur trois pathologies chroniques, menée par l'Association des laboratoires japonais présents en France (LaJaPF), la société Iqvia (ex-QuintilesIMS) et le Leem (Les entreprises du médicament).

L'étude de LaJaPF et d'Iqvia, réalisée avec le soutien du Leem, s'est intéressée à l'impact économique de la télémédecine sur les parcours de soins dans l'hypertension artérielle, le diabète et le cancer de la prostate.

"Jusqu'à présent, nous manquions de données fiables pour évaluer l'impact de la télémédecine. Cette étude y répond et le Leem la promeut parce que son rôle est de plaider pour l'efficience de notre système de santé, rendue possible grâce aux progrès technologiques et au financement de l'innovation", a expliqué Philippe Lamoureux, directeur général du Leem.

De leur côté, les laboratoires japonais présents en France ont perçu "un intérêt pour tout ce qui est relatif aux nouvelles technologies, donc à la télémédecine", a indiqué Patrick Errard, président de LaJaPF et d'Astellas France et ancien président du Leem.

Cette étude, réalisée sur la base de données de l’assurance maladie (EGB et Sniiram) en partenariat avec l’université de Lyon, "a eu pour objet d’examiner les actes susceptibles d’être pratiqués par la télémédecine et d’en mesurer l’impact budgétaire, ou tout du moins, le coût maximum de nomenclature pour que l’efficience soit au moins de 50% pour les comptes de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam)", a détaillé l'économiste et professeur à l'université Paris-Dauphine, Claude Le Pen, également conseiller scientifique de l'étude.

"Cette étude nous a pris un an, c'était un travail considérable en termes d'algorithmie et d'analyses de données", a-t-il précisé.

L'étude a été réalisée "en vie réelle" avec l’identification, pour chacune des trois pathologies modélisées, des actes susceptibles d’être pratiqués par la télémédecine et, au total, ce sont 356 millions d'euros d'économies qui pourraient être réalisées en une année.

Cela représente une réduction de 6% à 21% du coût de prise en charge des patients.

Dans l'hypertension artérielle (près de 1,63 million de patients sous contrôle depuis au moins six mois), la télésurveillance permettrait une économie de 197 euros par personne et par an (322 millions d'euros au total), soit une économie correspondant à 14% de la dépense actuelle.

Concernant les près de 6.700 patients opérés d'un cancer de la prostate "depuis plus de 90 jours et moins d'un an", la téléconsultation avec un urologue permettrait de faire économiser à l'assurance maladie près de 4,3 millions d'euros, soit 160 euros par patient, par rapport à une consultation "physique".

Cela correspond à 21% de la dépense actuelle: 1 million d'euros pour les frais de transport et 3 millions d'euros d'indemnités journalières.

Pour les 41.570 patients atteints d'un cancer de la prostate et traités par hormonothérapie et/ou chimiothérapie en ville, l'économie est de 22 millions d'euros au total. Cela correspond à 529 euros par patients, soit 6% de la dépense actuelle.

Enfin, concernant la télémédecine dans le cadre de la prise du diabète de type 2, l'étude a porté sur une complication du diabète touchant près de 15.000 patients: la rétinopathie. Ici, c'est la télé-expertise (envoi d'images de la rétine par voie électronique) qui a été privilégiée.

Cet acte de télémédecine permettrait à l'assurance maladie d'économiser 8 millions d'euros, soit 539 euros par patient. Cette somme correspond à 9% de la dépense actuelle.

Les industriels, nouveaux "chantres" de la télémédecine?

Au cœur du plan "Ma santé 2022", le déploiement de la télémédecine tarde à s'accélérer malgré l'entrée en vigueur du remboursement, dit "de droit commun", des actes de téléconsultations, depuis le 15 septembre.

Pour inciter à son développement, LaJaPF et Iqvia ont souhaité démontré ses impacts budgétaires.

"Les industriels s'intéressaient déjà au sujet de la télémédecine avant cette étude car cela représente une source indéniable d’efficience pour notre système de santé et nous avons des choses à apporter", a souligné Patrick Errard.

Pour l'ancien président du Leem, "cette étude démontre surtout qu’il ne peut pas y avoir un acte de nomenclature universel pour la télémédecine, la Cnam devra prendre en compte la nature de l’acte qui détermine son coût car celui-ci est variable selon les pathologies concernées et les actes pratiqués".

D'ailleurs, avant de présenter cette étude, le Leem, LaJaPF et Iqvia ont sollicité un rendez-vous avec le directeur général de la Cnam, Nicolas Revel, et la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, pour leur remettre l'étude "en main propre". Une requête, pour l'heure, restée sans réponse.

"Nous avons souhaité, avec les industriels, contribuer à la réflexion en cours et poser la question de savoir si les pouvoirs publics sont armés pour mettre en œuvre le plan 'Ma santé 2022' et notamment ce volet télémédecine", a souligné Philippe Lamoureux.

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

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