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Systèmes d'information

Occitanie: un Ehpad public en pointe sur le DMP

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GRENADE-SUR-GARONNE (Haute-Garonne), 28 août 2018 (TICsanté) - L'établissement public autonome Saint-Jacques, installé sur les sites de Grenade-sur-Garonne et de Cadours, propose le dossier médical partagé (DMP) à ses 225 résidents depuis fin 2017. Un déploiement pionnier en Haute-Garonne, qui prendra toute son ampleur en septembre, une fois l'interfaçage avec le logiciel de soins opérationnel, relate son directeur, Didier Carles, auprès de Gerontonews (site du groupe d'information APM International, dont fait partie TICsanté).

Le DMP, ou "dossier médical partagé", a succédé au "dossier médical personnel". Depuis début 2017, il est expérimenté dans neuf départements pilotes, dont la Haute-Garonne, et l'heure de sa généralisation à toute la France a bientôt sonné (voir dépêche du 9 février 2018).

En Ehpad, l'idée est de partager à terme toutes les données médicales des résidents (pathologies, antécédents, allergies…) entre professionnels de santé, notamment en cas d'hospitalisation ou de consultation avec un spécialiste.

Le DMP vise à gagner du temps et à éviter les erreurs en centralisant les informations et en les rendant accessibles via une interface sécurisée. Il intègre notamment le dossier de liaison d'urgence (DLU), les comptes rendus d'hospitalisation et les résultats d'examens.

Les Ehpad ont normalement été préparés à l'arrivée de ce "carnet de santé numérique" par les agences régionales de santé (ARS) et les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM).

Mais très peu l'ont déjà déployé, à l'instar de l'Ehpad public autonome Saint-Jacques, réparti sur deux sites (Grenade-sur-Garonne et Cadours).

Du fait de sa grande capacité (225 résidents) notamment, cet établissement fait partie des pionniers ciblés par la CPAM de Haute-Garonne, raconte Didier Carles, son directeur, à Gerontonews le 13 août. Il est même le premier Ehpad du département, le secteur médico-social étant encore "un peu en retard" sur le sujet du numérique.

Ce directeur très dynamique dit se situer à plein "dans des stratégies de parcours et de coopérations avec les structures sanitaires" et s'avère "convaincu de l'intérêt de l'outil informatique".

"Les structures sanitaires sont parfois tellement en difficulté que parfois on n'a pas de traitement ou de compte rendu d'hospitalisation", déplore-t-il. De l'autre côté, les praticiens hospitaliers et les spécialistes auront accès "aux informations qu'ils souhaitent et pas à celles que l'Ehpad a cru importantes de donner", argumente-t-il.

L'idée est que "par cet outil simple, chacun bénéficie des informations les plus importantes, eux comme nous!"

Persuader les équipes que le DMP "n'ajoute pas du travail"

Pour un usage optimal de l'outil, tous les soignants devront jouer le jeu du remplissage. La CPAM a déjà sensibilisé "les interlocuteurs de santé" avec lesquels travaille l'Ehpad, assure Didier Carles, qui se veut "optimiste".

Côté Ehpad, le directeur se réjouit d'une culture informatique assez bien implantée dans son établissement. Le dossier de soins est informatisé depuis 10 ans et l'investissement matériel a été conséquent. Les soignants bénéficient d'une quinzaine de postes informatiques de soins et de "plus de 30 tablettes numériques" depuis cinq ans, des outils qui rendent selon lui la saisie "moins rébarbative".

Le wifi a par ailleurs été généralisé en juillet. "La seule chose sur laquelle on est en retard, c'est la télémédecine, car le département ne faisait pas partie des territoires pilotes, mais cela va se généraliser", rappelle-t-il.

Les transmissions ne sont certes pas encore "parfaites", mais il se dit satisfait de l'appropriation de l'informatique par le personnel.

La clé? Persuader ses équipes que des transmissions de données "rigoureuses" leur font au final gagner un temps précieux.

"On a des outils relativement simples", explique Didier Carles. "La traçabilité, les transmissions ciblées, toutes ces données ne sont pas là pour ajouter du travail mais organiser au mieux le soin dans un contexte où trois équipes différentes vont se succéder sur 24 heures et où il est fini le temps où les résidents étaient stables", poursuit-il.

Plus de 200 DMP créés

Grâce à cette pédagogie, "les gens se sont immédiatement investis". Ainsi, depuis l'automne 2017, l'Ehpad a créé plus de 200 DMP, directement sur le site internet national, à l'aide d'une carte de personnel d'établissement (CPE) demandée à l'Agence française de la santé numérique (Asip Santé).

L'objectif ultime, en septembre si tout va bien, sera de créer directement les DMP dans le logiciel de soins de l'Ehpad, l'interfaçage entre les deux étant en cours depuis juillet. En attendant, les données doivent encore être saisies en double, dans le logiciel de soins et dans le DMP, concède le directeur.

Reste encore à convaincre les médecins traitants, avec lesquels ce directeur convient que c'est "plus difficile". Par manque de temps, "ils ne rempliront pas [dans le DMP] les antécédents des résidents [datant d']avant leur entrée dans l'Ehpad", pense-t-il, même si certaines mesures prévues dans le futur contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) lui donnent des raisons d'espérer qu'il pourra mieux les impliquer sur le sujet.

Didier Carles peut notamment aussi compter pour cette mission sur une secrétaire médicale, qu'il a engagée en transformant un poste d'infirmière.

Le DMP n'étant pas obligatoire, des réunions ont été organisées et des courriers types, envoyés, afin d'informer les résidents, les familles et les tuteurs, et de recueillir leur consentement. "On en parle immédiatement à l'admission afin que la création du DMP soit quasiment un réflexe", renchérit-il.

Seuls deux tuteurs de résidents ont posé leur veto, relate le directeur. "C'est dommage, mais [pour ces résidents], on continuera à fonctionner comme avant". A savoir, par messagerie sécurisée et transmission du DLU en bon vieux format papier...!

cbe/ab

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