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Systèmes d'information

Les hôpitaux publics hésitent à s'engager dans l'externalisation de leur informatique

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(Par Raphaël MOREAUX et Wassinia ZIRAR)

PARIS, 13 juillet 2018 (TICsanté) - Confrontés à des obligations de plus en plus fortes sur le plan informatique et sur la protection des données personnelles, les hôpitaux publics pourraient tirer profit d'une externalisation de leur système d'information, mais peu s'engagent encore sur cette voie, ont observé plusieurs représentants d'hébergeurs et d'éditeurs interrogés par TICsanté.

Engager la convergence des systèmes d'information (SI) au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT), se soumettre à un processus de certification de l'hébergement de données de santé en cas d'hébergement pour le compte d'un tiers, respecter les nouveaux principes de gestion des incidents informatiques, se mettre en conformité avec le règlement général européen sur la protection des données personnelles (RGPD): la liste des chantiers informatiques à mener de front dans les établissements de santé publics ne cesse de s'allonger (voir dépêche du 24 janvier 2018).

Dans ce contexte, et alors que la "révolution" du cloud computing (informatique en nuage) est en cours dans tous les secteurs d'activité, "il y a urgence" à opter pour l'externalisation des SI hospitaliers, a estimé Christophe Clément-Cottuz, membre du comité santé du Syntec Numérique.

"Il faut prendre le train en marche et voir l'informatique comme une consommation de ressource, au même titre que l'électricité et le gaz, pour recentrer les hôpitaux sur leur véritable coeur de métier qu'est le soin", a-t-il appuyé.

Pour le représentant du syndicat professionnel des entreprises françaises du numérique, la mise en place des GHT, le passage à une certification des hébergeurs de données de santé (HDS) et l'entrée en vigueur du RGPD sont autant de "leviers pour externaliser". "Un hôpital ne pourra pas gérer 40 projets informatiques avec seulement trois ou quatre ETP [équivalents temps plein] et n'échappera donc pas à ce mouvement", a-t-il appuyé.

Il a incité les établissements à ne pas voir l'externalisation comme un "abandon de souveraineté", mais comme une "opportunité" pour accélérer leur transformation numérique et les rendre "plus efficaces" et "attractifs" sur leur territoire.

"Ce n'est pas parce qu'on externalise qu'on n'a pas la maîtrise de son système d'information. Il faut surtout les compétences adéquates pour être en mesure de discuter avec les intégrateurs et devenir des 'combattants' sur le plan de la gestion contractuelle", a-t-il analysé.

Sensibiliser les directions hospitalières

Le Syntec Numérique a mis en avant plusieurs avantages de l'externalisation comme les "économies d'échelle" permises par l'industrialisation des data centers et leur exploitation, le caractère "évolutif" de l'offre externalisée et son intérêt pour assurer la conformité des SI aux réglementations et aux standards technologiques.

Christophe Clément-Cottuz a regretté que les directions hospitalières traitent pour l'instant le sujet informatique "de façon administrative" et "ne passent pas à l'action". "Le problème vient aussi de nos propres éditeurs en France dont les logiciels ne fonctionnent pas encore sur des machines virtuelles et qui constituent un secteur très fragile", a-t-il reconnu.

Il a expliqué à TICsanté travailler à des "programmes de sensibilisation" en direction des hôpitaux pour présenter les avantages de l'externalisation et les accompagner dans la construction de premiers projets. Un premier séminaire pourrait avoir lieu en septembre prochain, auprès de représentants de la Fédération hospitalière de France (FHF).

"Il faut passer à l'action, commencer des projets, essayer l'externalisation", a-t-il conseillé, rappelant que les contrats passés avec des hébergeurs contiennent une clause de réversibilité qui permet de revenir sur certains choix.

Impact de la réforme sur l'hébergement des données

Selon une enquête du Club de la sécurité de l'information français (Clusif) sur l'informatique des établissements de santé de plus de 100 lits publiée en juin dernier, une minorité d'hôpitaux (42%) externalise une partie du SI à une hébergeur, et seuls 6% externalisent la totalité de leur système.

"Ca ne bouge pas dans les hôpitaux", a confirmé à TICsanté Fabrice Coquio, président d'Interxion, société gérant plus de 45 data centers en Europe, agréée pour l'hébergement des données de santé.

"Je ne vois pas comment les directions générales de CHU vont faire. D'un côté, elles savent très bien qu'elles ne sont pas forcément en conformité, de l'autre elles n'ont pas les budgets pour engager des travaux en interne", a-t-il noté.

La santé représente seulement 2% du chiffre d'affaires d'Interxion, et la majorité des clients de l'hébergeur (68%) dans ce domaine sont du secteur privé. Elle reste toutefois un "segment stratégique" pour le président de la société, qui estime que la réforme de l'hébergement des données de santé va "accélérer le mouvement".

La loi de santé du 26 janvier 2016 a prévu le transfert de la procédure d'agrément "Hébergeur de données de santé à caractère personnel" (HDS), assuré par un comité placé auprès de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé), à une certification délivrée par des organismes certificateurs agréés, rappelle-t-on (voir dépêche du 16 janvier 2017).

De fait, la procédure pour obtenir une certification, nécessaire si un établissement de santé souhaite héberger les données d'un autre établissement dans le cadre des GHT par exemple, devient plus lourde et coûteuse.

"Dépenser autrement"

Intervenant en avril dernier au Mans lors du congrès annuel de l'association pour la promotion de la sécurité des systèmes d'information de santé (Apssis), Marc Ledauphin, responsable sécurité du groupement d'intérêt public e-SiS, a pointé les "coûts récurrents" liés aux audits réalisés chaque année auprès des hébergeurs certifiés, mais aussi les coûts en consommation énergétique et en maintenance des équipements des salles d'hébergement.

"Conserver les structures actuelles est un mauvais calcul", a-t-il déclaré, invitant les hospitaliers à "dépenser autrement" pour leur informatique, et à bien peser les avantages et les inconvénients du recours à une prestation externalisée.

Présentant un tableau récapitulatif des coûts qu'il avait lui-même construit lorsqu'il était responsable du système d'information du CH de Tourcoing, Marc Ledauphin a attribué un "léger avantage" à l'hébergement externalisé.

Un des principaux intérêts qu'il a mis en avant est "le paiement à la consommation" qui permet de payer une redevance de base pour la mise à disposition d'un service, puis d'ajuster les coûts aux besoins de l'activité hospitalière.

Il a toutefois reconnu que les situations pouvaient varier en fonction des établissements, et que le gain économique n'était "pas automatique", conseillant les hospitaliers à comparer précisément les coûts entre un hébergement maintenu en interne et le recours à des hébergeurs externalisés.

rm-wz/nc

La Rédaction
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