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E-santé

Plaies chroniques: intérêt médico-économique confirmé de la télémédecine dans le réseau Cicat-LR

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(Par Luu-Ly DO-QUANG)

MONTPELLIER, 7 décembre 2017 (TICsanté) - Le service de télémédecine Domoplaies a permis un taux de cicatrisation des plaies complexes et/ou chroniques à un coût divisé par deux par rapport à la prise en charge habituelle, selon une analyse médico-économique du réseau Cicat-LR, a-t-on appris auprès de son président, le Dr Luc Téot.

Domoplaies est un service de télémédecine pour les plaies complexes qui repose sur deux réseaux: Telap pour l'ex-Basse-Normandie et Cicat-LR sur l'ex-Languedoc-Roussillon (voir dépêche du 13 juin 2014).

Il permet à des médecins traitants, des infirmiers libéraux et des établissements de santé de faire appel à des experts en plaies chroniques ou complexes pour améliorer la prise en charge ambulatoire, rappelle-t-on.

Un centre téléphonique de coordination permet de centraliser les appels de toute la région, pour principalement vérifier les conditions cliniques d'inclusion et organiser les rendez-vous. Les demandes émanent d'un binôme médecin traitant et infirmière, non experts en plaies et cicatrisation, qui rencontre des difficultés dans la prise en charge de leur patient, indique le Dr Téot à APMnews (groupe d'information dont fait partie TICsanté).

Les demandes sont distribuées aux experts du réseau, 7 médecins et 11 infirmières libérales déléguées, agissant soit en téléconsultations (96%), soit en télé-expertises (4%).

Depuis le lancement, en octobre 2013, sur l'ex-Languedoc-Roussillon, les experts de Cicat-LR ont assuré quelque 14.000 téléconsultations pour 4.500 patients, précise le Dr Téot.

Les actes ont ensuite été réalisés pour 58% par des infirmiers libéraux experts, formés et travaillant en délégation, selon un protocole de coopération validé par l'agence régionale de santé (ARS), et pour 42% par des médecins experts (chirurgie vasculaire, chirurgie reconstructrice, dermatologue, interniste), hospitaliers ou libéraux.

L'activité était principalement réalisée au domicile des patients (54%). Les actes en structures concernaient d'abord des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), pour 33%, des cliniques pour 3% et en hospitalisation à domicile (HAD) pour 3% également (autres, 7%).

Les actes portaient principalement sur des escarres, des ulcères de jambes, des plaies du pied diabétique et des plaies cancéreuses.

Pour l'étude médico-économique, une étude randomisée et contrôlée a été réalisée avec le CHU de Montpellier, sur un total de 184 patients suivis soit par télémédecine, soit par prise en charge habituelle dans le cadre du réseau ou en dehors du réseau.

"Globalement, le taux des plaies cicatrisées en moins de 70 jours est similaire que les patients aient été évalués par télémédecine ou en présentiel, de 69,8% par télémédecine, de 69,1% en présentiel dans le cadre du réseau et de 64,78% en présentiel hors réseau, soit des différences non statistiquement significatives", indique le chirurgien.

Le coĂ»t journalier hors transport, sans distinction de plaie, a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  18,78 € dans le cadre de Domoplaies. Selon des donnĂ©es de l'assurance maladie de 2014, ce coĂ»t a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  24,19 € avec la prise en charge habituelle en prĂ©sentiel.

L'intĂ©rĂŞt Ă©conomique de la tĂ©lĂ©mĂ©decine augmente lorsque les coĂ»ts liĂ©s au transport sont pris en compte, avec un coĂ»t journalier divisĂ© par deux avec la tĂ©lĂ©mĂ©decine assurĂ©e par le rĂ©seau, de 22,09 € contre 44,20 € avec la prise en charge habituelle, souligne le Dr TĂ©ot.

Expérimentations de financement dérogatoire

Le président du réseau a également réalisé une évaluation des coûts, sur la base des tarifs du nouveau cahier des charges des expérimentations de financement dérogatoire de la télémédecine, publié en mai 2016 (voir dépêche du 10 mai 2016).

Le coĂ»t d'un acte de tĂ©lĂ©mĂ©decine pour une plaie chronique ou complexe a Ă©tĂ© estimĂ© Ă  111 € dont 34 € pour l'acte mĂ©dical, 46 € pour la coordination et 31 € pour la solution technique (location de la plateforme, hĂ©bergement des donnĂ©es, hors investissement initial). "Il faut compter en moyenne trois actes par patient, pour le diagnostic et le suivi, soit 333 €, hors traitement local de la plaies, dont le coĂ»t est estimĂ© Ă  22 € par jour", rapporte le Dr TĂ©ot.

"Ce coût est à mettre en regard des coûts de transports et d'hospitalisations évités", souligne-t-il, indiquant notamment que 60% des plaies complexes et/ou chroniques donnent lieu à une hospitalisation, selon les données de l'observatoire régional de la santé (ORS) de 2009, et que la télémédecine permet de réduire les hospitalisations de 60%.

Selon une autre étude médico-économique, à paraître en janvier 2018 dans la Revue francophone de cicatrisation, le coût de prise en charge lorsque le patient doit se déplacer pour consulter un expert dépend de la distance: il semble en faveur de la télémédecine au-delà de 18 km en véhicule sanitaire léger (VSL) et de 14 km en ambulance.

Sur la base de trois trajets, correspondant aux trois consultations en moyenne pour un patient suivi par tĂ©lĂ©mĂ©decine, la dĂ©pense pour le transport dĂ©passe les 2.800 € lorsque le patient habite Ă  250 km du centre expert, cite en exemple le Dr TĂ©ot.

Ces données, comme celles pour le réseau normand Télap qui utilise aussi Domoplaies, montrent que le réseau ville-hôpital et le recours à la télémédecine constitue un modèle organisationnel pour l'appui et la coordination de la prise en charge des plaies complexes et/ou chroniques ainsi que l'accès à l'expertise, conclut-il.

Extension du dispositif Ă  toute l'Occitanie

Actuellement, 1.400 médecins adhèrent au réseau Cicat-LR, qui va devenir Cicat-Occitanie. L'ARS Occitanie souhaite étendre le réseau à l'ensemble de la région, en janvier 2018, avec trois sites pilotes sur l'ex-Midi-Pyrénées: le CHU de Toulouse (site Rangueil), la clinique Pasteur à Toulouse et le CH de Castres (Tarn), indique-t-il.

"Il existe de nombreuses situations où la plaie est une comorbidité et le modèle Domoplaies pourrait être étendu à d'autres pathologies. C'est aussi intéressant pour le médecin traitant dans la gestion du parcours de soins coordonnée, par exemple pour avoir accès à un expert en deuxième ou troisième recours", ajoute-t-il.

Le président du réseau s'inquiète toutefois de la pérennité de ce service de télémédecine car dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2018, les députés ont voté le financement de droit commun des actes de téléconsultations à compter du 1er janvier 2018, tandis que les actes de télésurveillance notamment des plaies complexes et/ou chroniques resteraient dans le cadre expérimental (voir dépêche du 29 septembre 2017).

Des négociations conventionnelles entre l'assurance maladie et les syndicats de médecins sur la télémédecine pourraient s'ouvrir dès le mois de décembre, avait indiqué le directeur général de l'assurance maladie, Nicolas Revel (voir dépêche du 27 octobre 2017).

Egalement président de la Société française et francophone des plaies et cicatrisation (SFPPC), le Dr Téot souhaite une valorisation des actes des infirmières expertes en plaies et cicatrisation, en tenant compte notamment du temps passé à se connecter, qui, en cumulé sur l'ensemble de la journée, n'est pas négligeable.

Il pointe également la nécessité de mieux reconnaître les médecins experts en plaies et cicatrisation, qui sont éparpillés sur différentes spécialités, afin d'"éviter que des médecins sans les compétences requises ne s'autoproclament experts".

ld/gb/san

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