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Systèmes d'information

Traçabilité des instruments: la technologie RFID testée avec succès

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PARIS, 13 novembre (TICsanté) - La technologie RFID est de plus en plus utilisée dans les centres hospitaliers. Focus sur cette technique avec Jean-François Philippon, enseignant-chercheur en systèmes d’information à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), ainsi qu'avec les expériences des hôpitaux de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Bichat (Paris) en matière de traçabilité à l’instrument.

Jean-François Philippon a évoqué la question de l’utilisation de la technologie RFID dans le monde de la santé, lors des quatrièmes rencontres parlementaires sur les systèmes d’information de santé (SIS), la semaine dernière à Paris.

La RFID est une technique d’identification qui utilise les ondes radio. Elle nécessite un tag ainsi qu’un lecteur, a-t-il rappelé. Le tag est constitué d’un microprocesseur ainsi que d'une mémoire. Le lecteur permet, quant à lui, d’alimenter en énergie et le dialogue à distance. Actuellement, la portée du dialogue peut se faire jusqu’à 200 mètres entre le tag et le lecteur, a détaillé Jean-François Philippon.

Le tag permet d’identifier un seul objet et bénéficie d’une capacité de stockage très importante ainsi que d’une capacité à recevoir de nouvelles données et à effacer les anciennes, a-t-il indiqué.

Selon lui, cette technologie se développe et bouleverse les processus existants. "Elle est utilisée pour empêcher le kidnapping des enfants en maternité, optimiser les processus liés à la gestion de la chaine logistique, voire même pour être implantée dans le corps humain (les autorités sanitaires des Etats-Unis ont récemment autorisé les hôpitaux américains à utiliser des puces verichip sous-cutanées, afin de reconnaître l’identité du patient et pouvoir recueillir son dossier médical)", cite le chercheur en exemple.

Pour les hôpitaux de Montreuil et de Bichat, sites pilotes en matière de RFID, c’est cette technologie qui est testée depuis plusieurs années sur une partie des instruments chirurgicaux, dans les unités de stérilisation.

Selon le Pr Philippe Arnaud (pharmacie centrale de l'hôpital Bichat, Paris XVIIIème), interviewé par Ticsanté, la première difficulté réside dans le marquage à l’instrument: "l’implantation de la puce doit résister à tous les traitements qu’elle sera amenée à subir sans occasionner de gêne pour le chirurgien". Au Centre Hospitalier Intercommunal (CHI) de Montreuil, les puces sont soudées sur les instruments. C’est une solution de marquage, "des plus innovantes et des plus performantes, permettant une résistance optimale", atteste auprès de Ticsanté Jean-Marc Dauchot, pharmacien responsable.

Le logiciel associé aux puces peut apparemment se révéler complexe mais il est l'élément clé du processus: il doit être capable d’enregistrer toutes les étapes du processus, de la gestion des salles d'opération au dispositif médical utilisé, en passant par le personnel présent.

Au CHI de Montreuil, c’est le logiciel AMI de la société Aegle qui a été adopté. "Il s’agit d’un logiciel de gestion des blocs, comprenant un module de stérilisation et de traçabilité à l’instrument, qui a été développé en collaboration étroite avec le CH, ce qui a permis un déploiement très rapide auprès du personnel de stérilisation", précise Jean-Marc Dauchot.

Fort de son succès, le logiciel a été developpé depuis septembre 2008 au CHU de Besançon, suivi très prochainement par d’autres établissements.

Pour le CHU de Bichat, c’est le logiciel de la société Sedia qui est utilisé. "Nous avons recours à ce logiciel depuis le mois de mars. Il est composé de deux modules pour paramétrer et lire les informations, sur une base oracle", explique Damien Talon, adjoint du Pr Arnaud.

La mise en place d’une traçabilité des instruments avec la RFID assure davantage d'efficacité, de sécurité et de transparence. Pour Jean-Marc Dauchot, à terme, cela permettra également "une libération de temps de travail pour les Ibodes, ce qui fait actuellement défaut dans la majorité des hôpitaux". La recomposition des containers devrait alors être effectuée par les agents de stérilisation, qui pourraient pour leur part bénéficier d’une revalorisation de leur statut.

Par ailleurs, estime Philippe Arnaud, "cette technique, certes innovante, a encore besoin de se perfectionner, notamment concernant le marquage des instruments et la lecture des informations".

Le coût s'avère également important et une étude économique est d’ailleurs menée actuellement au CHI de Montreuil, afin d’en évaluer le retour sur investissement. "Il reste néanmoins proportionnel à l’efficacité de la RFID, d’autant plus que ce système permet d’optimiser la gestion des stocks des instruments et de leur réparation", explique Jean-Marc Dauchot.

Une optimisation qui permet de surcroît des bénéfices pour l’hôpital. Damien Talon en a fait un rapide calcul: "la technologie RFID revient environ à 6 euros par instrument. Dans le cas d’un marquage de tous les instruments, l’hôpital Bichat serait en mesure d’obtenir un retour sur investissement sur 5 ans". Si le CHU de Bichat compte entre 20.000 et 50.000 instruments, le coût global serait compris entre 120.000 et 250.000 euros. Un montant qui sera forcément revu à la baisse en fonction du nombre d’instruments à traiter.

Enfin, la RFID semble marquer des points par rapport à d'autres systèmes de traçabilité des instruments, comme c'est le cas de la technologie DataMatrix, qui ne permet pas une réécriture des données et révèle une qualité de lecture ainsi qu’une capacité de stockage inférieures. Damien Talon estime la différence importante: "la puce RFID est plus fiable et plus fonctionnelle que le code DataMatrix". Ce dernier est toutefois expérimenté dans d’autres établissements, comme l’hôpital Saint-Louis à Paris (Xème).

Quant au CHU de Bichat, d'ici la fin de l'année, le marquage de l'instrumentation via la technologie RFID est prévu au bloc de cardiologie./eg/ajr

La Rédaction
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