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E-santé

La HAS recommande la mise en place d'un observatoire des projets de télésurveillance en France

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SAINT-DENIS (Seine-Saint-Denis) (TICsanté) - La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé la mise en place d'un observatoire des projets de télésurveillance en France dans un rapport présentant un état des lieux des évaluations médico-économiques de ces pratiques de suivi à distance des patients au niveau international.

Le document répond à une saisine du ministère des solidarités et de la santé qui visait à actualiser le précédent état des lieux réalisé par la HAS en 2013 sur l'efficience de la télémédecine, en limitant les recherches à la seule télésurveillance, "dans une optique d'aide à la décision publique".

La Haute autorité a mené une revue systématique de la littérature sur la période 2013-2020, caractérisée par une augmentation du nombre d'évaluations médico-économiques au niveau international. Un total de 61 études ont été sélectionnées, dont une seule est française (contre 5 études sur 53 lors de la précédente revue).

Le document publié fin décembre propose une analyse par spécialisés médicales dans quatre domaines: la cardiologie (22 études), la santé mentale (11 études), les maladies pulmonaires (12 études) et l'endocrinologie (5 études).

La HAS a constaté de "nombreuses expérimentations" conduites en France, notamment dans le cadre du programme de financement Etapes, qui courent jusqu'en 2022, mais a expliqué qu'un état des lieux des études françaises s'était heurté à plusieurs difficultés telles que l'identification des porteurs de projet ou des études qui sont toujours en cours.

Elle a recommandé de créer un observatoire des projets menés sur le territoire pour avoir plus de visibilité sur le nombre de patients concernés et la zone géographique, les solutions techniques utilisées, l'organisation de la télésurveillance, les évaluations conduites (cliniques, médico-économiques, évaluation des usages, de la satisfaction, étude de coût), "mais aussi tout autre étude dans le domaine de la sociologie des organisations, des sciences de gestion, des études de process et d'implémentation".

Au niveau international, la HAS a souligné "la progression de la qualité méthodologique" des évaluations, "à l'exception des études de minimisation de coût, au demeurant moins nombreuses, mais dont les résultats doivent être interprétés avec prudence".

"Tendance positive" en matière d'efficience

La Haute autorité a noté que les études "reposent assez fréquemment sur des essais randomisés relativement anciens, ce qui contraste avec l'évaluation d'une intervention impliquant dans certains cas des innovations technologiques" et appelé à prendre en considération "l'évolution très rapide des technologies numériques" dans l'interprétation des résultats.

Dressant le constant d'une "forte hétérogénéité" des solutions techniques de télésurveillance en fonction de leur nature, de leur complexité, du type de données utilisées et des résultats fournis, elle a préconisé de "prendre en compte dans les évaluations futures les coûts liés aux équipements ainsi que les coûts afférents (formation, éducation, maintenance, changements, infrastructures, etc.) du point de vue de l'ensemble des acteurs concernés (patients ou entourage, professionnels de santé, fournisseurs de solution, assurance maladie, organismes complémentaires, etc.)". Elle a aussi recommandé d'utiliser la matrice d'impacts des effets de la télésurveillance publiée par ses soins en 2013.

Dans ses conclusions, la HAS a jugé que le suivi à distance des patients "peut être considéré comme un levier d'action permettant d'améliorer l'organisation des soins et de diminuer les dépenses de prise en charge".

Elle a estimé que les résultats des évaluations coût-résultats mettent en évidence "une tendance positive de la télésurveillance en matière d'efficience" par rapport au suivi habituel, "sans pouvoir cependant identifier précisément des situations cliniques ou populations particulières ou proposer une classification des pratiques de télésurveillance identifiées comme efficientes".

Elle a appelé à la prudence dans l'interprétation des études menées dans d'autres pays et dans leur transposabilité et leur utilisation dans un contexte d'aide à la décision publique en France. Elle a toutefois fait état d'un "faisceau d'arguments en faveur de l'efficience de la télésurveillance" et considéré que "la généralisation des résultats peut être envisagée".

"Prise de conscience" avec la crise sanitaire

Pour la HAS, la crise sanitaire liée au Covid-19 "a provoqué une prise de conscience pour les professionnels de santé et les patients de l'utilité de la téléconsultation et aussi de la télésurveillance", et "a montré la nécessité de passer du mode 'expérimentation' de la télésurveillance à la définition d'un cadre de prise en charge pérenne".

La Haute autorité a aussi souhaité "insister" sur des "éléments clés" du déploiement du suivi à distance des patients, comme la nécessité qu'il réponde "à un besoin, à une volonté d'échange, et vise à changer les comportements" ou celle d'avoir un dispositif numérique qui intègre "l'ensemble des acteurs, les logiques de parcours de soins et le suivi de plusieurs pathologies".

"La télésurveillance n'est efficace que si elle permet d'aider les utilisateurs à mieux travailler ensemble", a-t-elle appuyé, rappelant ses impacts en matière de changements dans l'organisation des soins ou de "nouvelles missions pour les professionnels, en particulier pour l'équipe infirmier dont le rôle est majeur".

Elle a mis en avant le besoin de garantir la confidentialité et la protection des données personnelles de santé qui sont utilisées dans le télésuivi, "et aussi de réguler leur volume", tout comme certains aspects éthiques de la numérisation du secteur de santé, citant le "risque paradoxal de 'recréation' d'inégalités d'accès aux soins ou de forme de sélection d'un point de vue géographique (zones blanches) mais aussi socio-économique et culturel".

Évaluation économique de la télésurveillance pour éclairer la décision publique: quels sont les choix efficients au regard de l’analyse de la littérature? (rapport d'évaluation HAS)

Raphael Moreaux
raphael.moreaux@apmnews.com

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