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Politique

Les dysfonctionnements informatiques peuvent entraîner des erreurs graves dans le circuit du médicament (Hopipharm)

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(Par Sylvie LAPOSTOLLE, à Hopipharm)

BORDEAUX, 25 mai 2018 (TICsanté) - Les dysfonctionnements informatiques peuvent entraîner des erreurs graves dans le circuit du médicament, a rapporté une équipe le 16 mai à Bordeaux lors du congrès Hopipharm organisé par le Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh).

Mélanie Peraudeau, pharmacienne à l'hôpital Emile-Roux (groupe hospitalier Henri-Mondor, AP-HP) à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) a évalué l'impact des dysfonctionnements informatiques liés aux logiciels et/ou à leurs interfaces sur le niveau de sécurité du circuit du médicament.

Dans cet établissement doté de 935 lits de gériatrie et d'addictologie dont 441 lits fonctionnent en dispensation journalière individuelle et nominative (Djin) pour les formes orales sèches, trois logiciels sont utilisés: le logiciel de prescription Actipidos* (GFI) pour les médecins, le logiciel de dispensation Phedra* pour les pharmaciens et le plan de cueillette édité par l'automate de dispensation (pour la préparation des Djin). L'infirmière trace l'administration des médicaments dans le logiciel de prescription.

"Ces trois logiciels présentent des incohérences récurrentes entraînant des risques d'erreurs qui pourraient avoir des conséquences délétères pour les patients", a indiqué la pharmacienne.

Sur 6 mois de juillet 2017 à janvier 2018, elle a analysé les 64 dysfonctionnements informatiques qui avaient été signalés, "soit plus de 10 par mois". La moitié (64,1%) concernaient une incohérence entre les logiciels de prescription et de dispensation, 11% portaient sur un arrêt prolongé de l'interface entre les deux logiciels, 8% sur un plan de cueillette différent de l'ordonnance prescrite et analysée et 17% étaient classés "autres" (doublons de patients dans le logiciel de dispensation,...).

Un recours à des logiciels avec moins d'interfaces pour diminuer le risque d'erreur

Au total, 85,9% entraînaient des difficultés de validation pharmaceutique et 79,1% généraient potentiellement une erreur de dispensation comme un anti-vitamine K dont la prescription avait été arrêtée mais dont la dispensation était quand même demandée à la pharmacie.

"Le plus souvent, les pharmaciens, les préparateurs détectent ces erreurs", a-t-elle noté. Les médicaments concernés par ces potentielles erreurs de dispensation étaient 13 anticoagulants, 8 antibiotiques, 5 médicaments des troubles potassiques, 2 anti-arythmiques et 6 médicaments à suivi particulier.

La criticité moyenne était de 2,4. Elle était classée élevée pour 56%, moyenne pour 25% et négligeable pour 19%, selon une analyse Amdec effectuée a posteriori.

"Ces dysfonctionnements informatiques peuvent générer des risques d'erreurs graves pour le patient et pour chaque acteur: temps supplémentaire de déclaration des dysfonctionnements et d'analyse pharmaceutique, difficulté d'analyse pour le pharmacien et de dispensation pour le préparateur, demande de represcription au médecin, modification des piluliers pour l'infirmier", a constaté la pharmacienne.

Des erreurs graves ont été évitées grâce à la vigilance de chacun mais l'analyse montre qu'on ne peut pas maîtriser totalement le processus et que le facteur humain est important.

La source des dysfonctionnements n'a pas toujours été identifiée par les services informatiques et certains dysfonctionnements se reproduisent. Une réflexion est en cours pour utiliser des logiciels avec moins d'interfaces pour diminuer le risque d'erreur.

Une personne de l'auditoire a signalé des erreurs similaires d'interface notamment à l'AP-HP où les actualisations ne sont plus faites sur les logiciels dans l'attente du déploiement d'un logiciel unique, Orbis* (Agfa Healthcare).

sl/ab/

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