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E-santé

Le GCS e-santé Bourgogne et l'ARS ont inauguré une plateforme de télémédecine

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CHALON-SUR-SAONE (Saône-et-Loire), 5 août 2014 (TICsanté) - Le groupement de coopération sanitaire (GCS) e-santé Bourgogne et l'agence régionale de santé (ARS) Bourgogne ont inauguré début juillet la plateforme de télémédecine multiservice, désormais totalement opérationnelle pour la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la dermatologie, a-t-on appris auprès de l'administrateur du GCS, Cyrille Politi.

La mise en place de la télémédecine s'inscrit dans le plan régional de santé (PRS) de Bourgogne 2012-16 et figure parmi les projets prioritaires du GCS. La Bourgogne est caractérisée par ses zones rurales, avec une population âgée et un manque de professionnels de santé, notamment dans les hôpitaux locaux, ce qui fait de la télémédecine un enjeu majeur pour la région, explique à l'APM Cyrille Politi.

"Le GCS a été créé en 2011 et les demandes pour la prise en charge de l'AVC à sa phase aiguë ont émergé très vite. On a initié une solution technologique intermédiaire en 2012, ce qui a permis de déterminer les besoins et rôder les professionnels de santé à l'organisation du système".

"A présent, l'ensemble de la plateforme est fonctionnel, à la fois pour le projet de Télé-AVC déjà en place et pour le prochain en dermatologie. Trois à quatre projets de spécialité différents pourront être lancés par an", poursuit-il.

Cette solution technologique permet "un meilleur respect du décret" de 2010 relatif à la télémédecine en assurant "une meilleure sécurité des données" et une maintenance des systèmes et en proposant un centre d'appels. Elle offre aussi une plus grande qualité d'écoute et d'images.

Le GCS a choisi une plateforme "full-web" proposant un "workflow" pour la création de formulaires et l'échanges de données entre les "sites demandeurs" et les "sites experts", un outil de partage d'images médicales et un système de visioconférence en haute définition (HD), entièrement intégré, avec un transfert de données sécurisé à très haut débit et un hébergeur agréé de données de santé (société IDS).

Pour le projet Télé-AVC, les 19 services d'accueil des urgences disposant d'un scanner et les sites experts, les deux unités neurovasculaires (UNV) de la région, au CHU de Dijon et au CH de Chalon-sur-Saône, ont basculé en début d'année sur la plateforme.

Le GCS a équipé les sites avec, pour les "demandeurs", un chariot comportant notamment deux moniteurs pour à la fois visualiser le télédossier et les examens d'imagerie et discuter en visioconférence et, pour les "experts", d'une station munie notamment de trois moniteurs (un pour l'imagerie, un pour le télédossier, un pour la visioconférence).

Lorsqu'un patient se présente aux urgences d'un établissement sans UNV avec une suspicion d'AVC, l'urgentiste peut demander une télé-expertise et/ou une téléconsultation en vue d'une décision diagnostique et/ou thérapeutique. Une télé-assistance est également possible à l'aide de la visioconférence en cas de thrombolyse réalisée par l'urgentiste, indiquent le GCS et l'ARS dans leur communiqué diffusé jeudi après l'inauguration.

Au total, 342 téléconsultations ont été menées au 10 juin depuis mars 2012, avec une montée en charge progressive. Sur le premier semestre 2014, déjà 131 téléconsultations ont été conduites (contre 168 sur 2013). En parallèle, 122 fibrinolyses ont été effectuées par télé-assistance dont 36 au premier semestre 2014, indique Cyrille Politi.

LA TÉLÉDERMATOLOGIE DÉPLOYÉE D'ICI A LA FIN 2014

Le GCS va à présent déployer la télémédecine pour la dermatologie en deux temps, 13 sites au cours de l'été et 26 autres à partir de la rentrée, et la mise en place doit être achevée d'ici à la fin de l'année pour proposer deux types d'actes.

La télé-expertise d'abord permettra au médecin généraliste d'une structure, une maison de santé pluridisciplinaire, un groupement de professionnels de santé ou un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), de demander un avis à un spécialiste des deux sites experts, Dijon et Chalon-sur-Saône, de manière asynchrone. La téléconsultation programmée s'effectuera entre le médecin généraliste et le dermatologue du centre expert, en présence du patient.

Pour le quatrième trimestre, le GCS a prévu de lancer la télémédecine en néphrologie. Il s'agit de mettre en place une téléconsultation avec un expert préalablement à l'initiation d'un traitement par dialyse, ajoute Cyrille Politi.

Quatre autres projets sont programmés pour 2015, en radiologie, psychiatrie, gériatrie et en cardiologie, avec l'objectif d'être opérationnel sur quelques sites, poursuit-il. Le GCS lancera aussi cette année-là une réflexion sur le diabète.

Le coût de la plateforme est d'environ 1 million d'euros, financé principalement par l'ARS, indique l'administrateur du GCS. "Mais il sera amorti pour les autres projets puisqu'il s'agit d'une plateforme commune".

La Bourgogne a également bénéficié d'un financement dans le cadre d'une stratégie nationale de déploiement de la télémédecine, figurant parmi les projets pilotes sélectionnés en 2013. Elle fait également partie des neuf régions retenues pour les expérimentations prévues dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2014.

L'université de Bourgogne est chargée de l'évaluation médico-économique de la télémédecine dans cette région, précise Cyrille Politi.

ld/ab/sl

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