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E-santé

Télémédecine: un problème de financement pour des acteurs, une question d'organisation pour la DGOS

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PARIS, 30 septembre 2014 (TICsanté) - Des acteurs de la télémédecine ont dénoncé l'insuffisance des financements qui leur sont alloués au cours d'une journée sur la santé connectée organisée le 18 septembre par Les Echos, ce à quoi Yannick Le Guen, de la direction générale de l'offre de soins (DGOS), a opposé une problématique d'organisation.

"Des questions restent à résoudre, notamment celle du financement, condition nécessaire à la pérennisation de cette activité", a conclu de son expérience la directrice de la mission e-santé du CHU de Toulouse, Anne Vitet, à propos de l'expérimentation de télé-AVC mené par l'établissement.

Il s'agit de diagnostiquer à distance, par vidéo, un accident vasculaire cérébral (AVC) chez un patient pris en charge dans un service d'urgence n'ayant pas d'unité neuro-vasculaire (UNV), en lien avec un neurologue du CHU de Toulouse.

Si l'établissement a bénéficié d'un financement de l'agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées pour la mise en place du projet, aujourd'hui "la question de l'activité en routine se pose", a estimé la directrice.

Elle a indiqué que l'hôpital était "dans une phase de contractualisation avec l'agence régionale de santé Midi-Pyrénées", mais a insisté sur la difficulté de trouver un modèle de compensation financière qui tienne compte des dépenses des deux structures.

"Actuellement l'hôpital qui envoie le patient ne gagne rien car l'enveloppe pour un AVC revient à l'établissement qui reçoit", a noté Jean-Marc Olivot, neurologue au CHU de Toulouse.

Certaines régions ont réussi à mettre en place un modèle économique pour valoriser les établissements sans UNV, comme en Lorraine (voir dépêche du 27 novembre 2013).

Selon Nicolas Schinkel, responsable de mission télésanté en Franche-Comté, "si la télémédecine ne se développe pas plus, c'est une question de moyens". Cet infirmier libéral participe à un système de diagnostic à distance de plaies chroniques avec le CHU de Besançon. Des clichés des plaies sont envoyés grâce à une tablette numérique au dermatologue, qui fait part en différé de son diagnostic à l'infirmier.

"On pourrait former plus d'infirmiers libéraux en Franche-Comté", "la plupart d'entre eux trouvent l'idée novatrice", a-t-il suggéré, signalant que les financements étaient a fortiori manquants dans le monde libéral.

Le directeur des services d'information en santé de l'ARS Franche-Comté, Frédéric Cirillo, a regretté que d'ici à 2017 seules neuf régions bénéficient d'un financement spécifique aux expérimentations en télémédecine.

Il a en outre relevé "l'impossibilité de mettre des modes de rémunération par-dessus l'acte de télémédecine", soulignant que, dans le cas des plaies chroniques, les dermatologues de ville étaient "volontaires et force de propositions" mais ne s'impliquaient pas faute de pouvoir être payés.

Nicolas Schinkel a estimé que les quatre cabinets d'infirmiers libéraux partenaires du CHU de Besançon travaillaient "complètement gratuitement". Jean-Marc Olivot a signalé ne pas percevoir de rémunération supplémentaire pour le "surpoids d'activité" lié à son implication dans le système de télé-AVC.

"Le temps médical n'est jamais gratuit" a contesté le président de la Société française de télémédecine, Pierre Simon. Présent dans l'auditoire, il a aussi rappelé que le neurologue était payé dans le cadre de son activité de praticien hospitalier et que l'infirmier libéral facturait des actes de soins.

DIFFUSER LES "INNOVATIONS ORGANISATIONNELLES"

Selon le sous-directeur du pilotage de la performance des acteurs de l'offre de soins à la DGOS, Yannick Le Guen, le développement de la télémédecine aujourd'hui "n'est pas un problème de financement, c'est d'abord un problème d'organisation, de protocole".

"Le frein n'est pas technologique". "Nous avons une politique qui, de fait, a injecté chaque année [...] l'équivalent de 30 millions d'euros [...] afin d'accélérer la diffusion de l'innovation". Pour la DGOS, la priorité était la diffusion des "innovations organisationnelles". Selon lui, le numérique doit venir par la suite en soutien.

Le sous-directeur a souligné que l'expérimentation dans les neuf régions sélectionnées a pour objectif de mettre en place "des modalités de facturation directe".

"On a des chiffres d'analyse médico-économique plein les tiroirs", "il va falloir passer le cap", a exhorté Frédéric Cirillo. Selon Nicolas Schinkel, un transport en ambulance peut coûter jusqu'à 320 euros, contre 2.500 par tablette numérique. "Environ 10 malades transportés et la tablette est rentabilisée".

Concernant la prise en charge des AVC par télémédecine, les animateurs de filières AVC avaient demandé en 2013 l'appui de la DGOS pour développer des modèles médico-économiques, rappelle-t-on.

Pierre Simon a indiqué que la DGOS avait commandé une étude sur les expériences en Bourgogne, Nord-Pas-de-Calais, Franche-Comté, pour connaître les coûts réels ou les éventuels surcoûts. Interrogé par l'APM, Yannick Le Guen a ajouté que les résultats devaient être rendus publics d'ici à la fin de l'année.

pm/ld/ab/

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