Un service proposé par APM International
https://www.ctm-telemedecine.fr/
https://global.agfahealthcare.com/france/
http://www.computer-engineering.fr
04/01/2017   Envoyer par mail Imprimer   Aucun commentaire
Pour commenter cette dépêche Identifiez-vous

Lancement d'une application mobile pour calculer le risque d'AVC

PARIS, 4 janvier 2017 (TICsanté) - La version française d'une application mobile d'origine néo-zélandaise permettant aux particuliers et aux professionnels de santé de calculer le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) d'un individu avec pour objectif d'améliorer la prévention a été lancée le 23 décembre 2016, confirmant une annonce faite en novembre lors du congrès de la Société française neurovasculaire (SFNV).

Les AVC représentent la première cause de handicap acquis et leur fardeau augmente dans le monde, en lien notamment avec le vieillissement de la population dans les pays industrialisés et une augmentation de l'incidence chez les jeunes. Cette tendance suggère que les stratégies actuelles de prévention primaire ne sont pas suffisamment efficaces alors que, dans la majorité des cas, les AVC sont évitables, avait expliqué en novembre le Pr Maurice Giroud du CHU de Dijon lors d'une session orale.

Selon une revue de la littérature publiée en juillet dans Nature Reviews, le Pr Valery Feigin de l'Auckland University of Technology (AUT University, Nouvelle-Zélande) et ses collègues ont proposé de passer d'une approche ciblant les personnes à risque élevé d'AVC à une approche "de masse", élargie à tous les niveaux de risque cardiovasculaire, en utilisant notamment les nouvelles technologies de l'information, comme les applications mobiles, a-t-il rapporté.

Une société a été créée avec l'AUT University pour développer notamment une application mobile, Stroke Riskometer, permettant à chacun de connaître son propre risque d'AVC. L'application a été conçue en 2013 à partir des données épidémiologiques issues de 188 pays et regroupées dans la Global Burden of Disease Study 2013 (GBD 2013). Coordonnée par le Pr Feigin, cette étude a été publiée en août dans The Lancet Neurology.

L'application est disponible dans l'AppStore sous les noms de Riskomètre de l'AVC Lite (version gratuite pour le grand public) et Riskomètre de l'AVC Pro (au prix de 2,99 euros, pour les professionnels de santé).

Jusqu'à présent, le risque cardiovasculaire pouvait être estimé à partir du score de Framingham élaboré en 1994 mais celui-ci ne concerne que les plus de 55 ans et n'inclut pas différents paramètres, comme l'alimentation, l'activité physique, le poids et l'origine ethnique, a expliqué le Pr Giroud.

L'analyse des registres Interstroke et GBD a montré que 10 facteurs de risque vasculaire sont à l'origine de 88% des AVC et que 90% des AVC sont liés à des facteurs de risque vasculaire modifiable.

Aux huit critères inclus dans le score de Framingham (âge, sexe, tension artérielle, fibrillation auriculaire, hypertrophie ventriculaire gauche, traitement anti-HTA, tabac, antécédent cardiovasculaire), l'application en compte 13 supplémentaires (ethnie, nutrition, activité physique, poids/taille, cholestérol, diabète, alcool, stress, déclin cognitif, antécédent familial et personnel d'AVC et d'AIT, antécédent de traumatisme crânien, infarctus du myocarde).

Ce nouvel algorithme a été testé dans cinq pays et validé dans plusieurs études publiées en 2014 et 2015. Ces travaux ont notamment montré qu'il est plus sensible que le score de Framingham.

Le patient renseigne chaque facteur de risque dans l'application, avec une pondération selon l'âge. Les résultats sont exprimés sous forme de risque d'AVC à cinq ans et à 10 ans par rapport à la population du même âge n'ayant aucun facteur de risque.

Par exemple, une personne avec un risque absolu d'AVC estimé à 2,5% à cinq ans pourra lire comme message sur son smartphone que ce résultat signifie que son risque d'avoir un AVC est d'environ 2,5 fois celui d'une personne de même âge et de même sexe sans aucun facteur de risque.

L'application propose des conseils pour les facteurs de risque modifiables mais aussi pour identifier rapidement les premiers signes d'un AVC.

L'utilisation très large de cette application pourrait réduire le nombre d'AVC de l'ordre de 2% par an ainsi que diminuer la gravité des AVC. Cet outil répond à la fois au plan d'actions mondial de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) 2013-20 sur les maladies non transmissibles, s'inscrit dans le Plan national AVC et la circulaire sur la consultation post-AVC dans un délai de six mois, a commenté le Pr Giroud.

Un outil pour la recherche épidémiologique

En outre, l'application va servir à la recherche épidémiologique sur les AVC en recueillant des données pour le projet RIBURST (Reducing the International Burden of Stroke Using Mobile Technology) auquel plus d'une trentaine de pays participent.

Cette vaste étude va permettre de recueillir dans chacun de ces pays des données épidémiologiques sur les AVC, les infarctus du myocarde, le diabète, la démence, ainsi que des données sur les facteurs environnementaux et socio-économiques afin de développer un algorithme spécifique pour optimiser les stratégies de prévention.

L'application pourrait servir aussi à suivre l'évolution de l'ensemble des paramètres au fil des ans dans chaque pays.

Le Pr Giroud a toutefois relevé certaines limites à l'application, comme la validité des réponses déclaratives, la difficulté à convaincre les usagers à utiliser l'outil et à participer à l'étude, ainsi qu'un probable biais de sélection lié au niveau culturel et socio-économique des utilisateurs.

"Globalement, c'est un outil qui devrait aider les individus à connaître et prendre en charge leur risque d'AVC et leurs facteurs de risque, les amener à une prise de conscience et une responsabilisation. Il représente un nouveau paradigme très prometteur dans la prévention des AVC", a estimé le neurologue.

L'équipe de neurologie du CHU de Dijon va diffuser cet outil avec le support de la SFNV. Parmi les missions des animateurs de filières AVC, la prévention fait partie en particulier de la consultation post-AVC et des réunions d'information grand public, a rappelé le Pr Giroud.

ld/ab/eh

Partagez cet article

Les dépêches liées à cette information
http://www.faireavancerlasantenumerique.com/programme-hopital-du-futur/
https://www.groupepsih.com/
http://www.web100t.fr
http://www.ticsante.com/show.php?page=inscription