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17/06/2016   Envoyer par mail Imprimer   Aucun commentaire
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Le suivi des symptômes par smartphone peut allonger la survie dans le cancer du poumon avancé (phase III française)

(Par Sylvie LAPOSTOLLE, au congrès de l'ASCO)

CHICAGO, 17 juin 2016 (TICsanté) - Le suivi des symptômes grâce à une application pour smartphone peut allonger la survie de patients atteints d'un cancer du poumon avancé, selon une étude de phase III française présentée le 6 juin à Chicago au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO).

Le Dr Fabrice Denis de l'Institut interrégional de cancérologie Jean-Bernard du Mans a rapporté les résultats d'une étude de phase III randomisée multicentrique ayant évalué l'application Moovcare qu'il a développée et qui devrait être mise sur le marché en janvier 2017 par la société israélienne Sivan Innovation. Son étude a été retenue pour être présentée lors des conférences de presse de l'ASCO.

Après avoir terminé la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie, 133 patients atteints d'un cancer du poumon de stade III/IV (à petites cellules ou non à petites cellules) ont été randomisés entre un suivi personnalisé avec Moovcare et un suivi classique qui repose sur des visites et des scanners de contrôles tous les trois à six mois.

Les patients qui utilisaient l'application avaient le même programme de visites mais trois fois moins de scanners prévus. Chaque semaine, ils ont renseigné leurs symptômes dans l'application. Les soignants pouvaient aussi entrer des données pour le compte des patients.

L'application utilise 12 symptômes (asthénie, toux, dyspnée, anorexie…) et les résultats sont envoyés à l'oncologue. Un algorithme analyse les modifications et adresse des e-mails d'alerte au médecin qui appelle son patient et programme au besoin une visite, a expliqué le Dr Denis.

La sensibilité du dispositif a déjà été évaluée dans deux essais prospectifs auparavant (86%-100%).

L'étude a été arrêtée précocement car l'analyse intermédiaire a montré un bénéfice en survie avec l'application. Sur 121 patients évaluables, la survie globale à un an était de 75% avec l'application contre 49% sans, soit un gain de 26% de survie à un an, a indiqué le Dr Denis.

La médiane de la survie était de 19 mois versus 12 mois, soit un gain de 7 mois.

Le risque de décès était réduit de 67% dans le groupe de patients suivis avec l'application.

Le taux de rechute était similaire (51% vs 49%), mais le bénéfice peut s'expliquer par le fait que les rechutes étaient décelées plus tôt avec le suivi par e-santé, ce qui a permis aux patients de recevoir des traitements optimaux car ils étaient en meilleur état général au moment de la rechute: 77% avaient un score d'état général de 0 ou 1 à la rechute contre seulement 33% dans le groupe contrôle.

En outre, les patients suivis par l'application ont eu une réduction de 50% des scanners de contrôle. La qualité de vie globale des patients (évaluée par les échelles FACT-L, FACT-G et TOI) était meilleure avec l'application.

De plus, l'examen des données transmises par les patients n'a pas alourdi la charge de travail des médecins. En moyenne, les oncologues passaient 15 minutes par semaine pour suivre 60 patients et le nombre d'appels téléphoniques a diminué.

Interrogé sur le prix de l'appareil, le Dr Denis a indiqué que l'étude avait utilisé un prototype et que le prix du dispositif qui sera lancé en 2017 n'est pas encore connu. L'étude a été promue par l'Institut de cancérologie de l'Ouest (ICO) et a été financée par Sivan Innovation, a-t-il indiqué à l'APM.

Le Dr Denis a un contrat de collaboration avec la société israélienne pour le financement d'autres études dans d'autres cancers. Il faut modifier l'algorithme et la fréquence de renseignement des symptômes. Une étude est en cours dans le lymphome.

Interpellé sur le gain important de survie chez ces patients, il a expliqué qu'en appelant "un patient toutes les semaines, cela donnerait le même résultat, mais ce n'est pas réalisable. C'est simplement utiliser la technologie pour améliorer la communication et proposer une surveillance personnalisée".

"Beaucoup de patients touchés par un cancer du poumon portent une certaine culpabilité à propos de leur diagnostic et ne veulent pas déranger les médecins ou les infirmières avec leurs symptômes. Ce dispositif est juste un moyen de susciter l'implication des patients dans leur suivi", a commenté Gregory Masters, porte-parole de l'ASCO.

Le Dr Denis a indiqué que les caractéristiques des patients (stade de la maladie) étaient bien équilibrées entre les groupes. Ceux qui ont vraiment tiré un bénéfice important de la surveillance personnalisée étaient les patients avec un stade IIIB-IV (26% dans les deux bras). Au contraire, les patients sous traitement d'entretien n'ont pas eu de gain de survie.

sl/ab

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