PARIS, 13 juin 2012 (TICsanté) – Le groupe Intersystems prévoit "des investissements considérables" en France pour introduire son système d’information hospitalier (SIH) TrakCare, maintenir le logiciel Clinicom "tant qu’il faudra" et "rattraper les retards accumulés" dans les déploiements, affirme le directeur général de sa filiale française dans un entretien à TICsanté.
A tous points de vue, la "stratégie de retenue" prônée par Eddie Anoufa produit ses premiers résultats. Le patron d'Intersystems SAS, en poste depuis quelques mois (
voir dépêche TICsanté du 25 janvier 2012), se félicite plus volontiers des derniers contrats remportés que de ceux abandonnés à la concurrence, mais assume pareillement les conséquences d'un choix d'"aborder le marché français de manière raisonnée".
Dès l'annonce du rachat des activités de Siemens Health Services (SHS) dans le secteur hospitalier public (
voir dépêche TICsanté du 2 septembre 2011), Intersystems avait affiché son intention de "combiner" son produit TrakCare avec le logiciel Clinicom, développé par SHS.
Aujourd'hui, un premier site s'apprête à entrer "en production" avec TrakCare: le centre hospitalier (CH) de Saint-Quentin (Aisne), dont le démarrage est programmé durant la deuxième quinzaine du mois de juin.
Dans le même temps, le Groupe hospitalier de l'Institut catholique de Lille (Nord) donnera le coup d'envoi de son déploiement, pour une mise en service prévue au début de l'automne.
L'éditeur basé à Bidart (Pyrénées-Atlantiques) est actuellement "en discussion avec plusieurs autres établissements", dont "au moins trois ont exprimé une volonté importante de passer vers TrakCare, désigné par le corps médical", rapporte Eddie Anoufa.
D'ici la fin de l'année, "quatre ou cinq auront démarré TrakCare, certains en production complète" et Intersystems pourra alors "démontrer sur le marché français la pertinence de son offre", prévoit-il.
Entre temps, l'entreprise prend "le risque de perdre certains clients qui ne pourront pas attendre", comme à Nancy (
voir dépêche TICsanté du 10 janvier 2012) et à Nice (
voir dépêche TICsanté du 5 mars 2012), où elle n'a pas répondu aux appels d'offres des deux CHU.
Le dirigeant défend ces "décisions courageuses", car "nous ne nous estimions pas prêts pour les servir (...) avec un produit qui n'avait pas encore été éprouvé sur le marché". De manière générale, "nous ne referons pas l'erreur commise par d'autres et nous n'engagerons pas nos clients dans cette voie", assure-t-il.
En revanche, Intersystems s'est porté candidat au "projet Ulysse" du CHU de Nantes (
voir dépêche TICsanté du 23 mai 2012), dont les trois finalistes devraient être connus à la fin du mois de juin.
Par ailleurs, l'éditeur a soumis au CHU de Nîmes (Gard) "une proposition axée sur la continuation de Dopacom [volet clinique de Clinicom, ndr] pendant un certain nombre d'années (...) pour leur apporter un peu de stabilité pendant qu'ils gèrent d'autres projets", signale-t-il.
Dopacom sera donc "maintenu tant qu'il faudra, pour préparer le passage à TrakCare, qui n'est pas forcément la priorité" des établissements aujourd'hui, explique-t-il. Deux versions récentes sont en cours de diffusion et la dernière évolution est attendue au mois d'octobre. Par la suite, le logiciel sera mis à jour sur le plan réglementaire et corrigé d'éventuels bugs.
Les deux sites de production informatique rachetés à SHS "vont aussi développer TrakCare", permettant ainsi à Intersystems "d'être autonome sur les demandes locales". La France présente "potentiellement le nombre le plus important de clients dans un même pays", ce qui justifie "des investissements considérables" sur ce marché, ajoute-t-il.
Confronté récemment à l'inquiétude des CH de Dieppe et d'Elbeuf (
voir dépêche TICsanté du 12 juin 2012), Eddie Anoufa pointe "les retards accumulés par SHS" et déclare disposer "des moyens de rattraper le temps perdu".
Cette conviction repose aussi sur le fait qu'"aucun client n'a changé de solution de gestion administrative du malade et de facturation", déclare-t-il. Rectifiant une "vérité pas complète", le dirigeant précise que les hôpitaux corses, qui avaient annoncé un changement de prestataire (
voir dépêche TICsanté du 16 novembre 2011), utilisent encore "très largement" Clinicom sur ces fonctions et qu'ils n'ont "pas l'intention de le remplacer"./gb/ar