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22/02/2010
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Informatique embarquée dans les Smur de Midi-Pyrénées: le dispositif ne fait pas encore l'unanimité
PARIS, 22 février (TICsanté) - Les avis sont encore partagés quant à l'utilisation de tablettes graphiques pour la saisie de dossiers médicaux dans les Smur de la région Midi-Pyrénées, a indiqué auprès de TICSanté la directrice adjointe de l'Observatoire régional des urgences de Midi-Pyrénées (ORU-MiP), Christine Sagnes-Raffy, à l'occasion d'un bilan de près de quatre années d'expérience.
C'est après avoir constaté une impossibilité d'obtenir un état des lieux quotidien de l'activité globale des urgences, lors de la canicule de 2003, que l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Midi-Pyrénées a demandé à l'ORU-MiP de développer un outil embarqué dans les Smur. L'objectif était à la fois de pouvoir saisir le dossier médical et de transmettre quotidiennement, de façon automatique, les données à l'observatoire afin d'améliorer les connaissances sur les activités des urgences.

Près de deux années de concertation ont été nécessaires avant la mise au point d'un logiciel spécifique, Aplli-Semba, et l'installation dans les 26 Smur au sein de la région d'un dispositif regroupant un PC, une imprimante et une tablette graphique transportable, sur laquelle est saisie, en cours d'intervention, un dossier médical commun. L'année 2006 devait ainsi marquer la fin de la saisie papier dans les Smur de Midi-Pyrénées.

"Auparavant, les données étaient uniquement transmises par le biais de fiches optiques qu'il fallait ensuite scanner", explique le Dr Christine Sagnes-Raffy. Chacune des fiches correspondait à une intervention et rassemblait les informations concernant la prise en charge du patient en préhospitalier. Au total, plus de 25.000 fiches étaient ainsi émises chaque année, engendrant un travail de retranscription fastidieux qui retardait la mise à jour des données.

Une première évaluation menée en 2008, dont les résultats ont été présentés lors du dernier congrès Urgences, fait pourtant apparaître un mécontentement de la part des utilisateurs du dispositif embarqué. Les 191 réponses au questionnaire envoyé à chacun des Smur montrent que, parmi les utilisateurs des tablettes en intervention, soit un répondant sur deux, seuls près de 30% percevaient un bénéfice dans la mise en place du dossier informatisé.

Par ailleurs, des difficultés étaient mentionnées au niveau du matériel pour plus de la moitié des personnes interrogées et l'utilisation du logiciel était perçue comme chronophage dans 65% des cas. 41% des utilisateurs rapportaient également des défauts d'ergonomie du dispositif. Au final, la note moyenne de satisfaction était de 3,7/10, avec une différence significative entre les utilisateurs (5,3/10) et les non-utilisateurs (3,5/10).

Aujourd'hui, l'appréciation semble avoir peu évolué. "Les avis sont très partagés. Certains Smur souhaitent restituer leurs tablettes, tandis que d'autres en réclament des supplémentaires", indique le Dr Sagnes-Raffy, qui évoque de "multiples raisons, parfois justifiées". En dehors des difficultés de prise en main du logiciel, des Smur sont confrontés à des problèmes techniques, limitant l'utilisation du dispositif, précise-t-elle.

Parmi les difficultés techniques majeures figure le problème récurrent de l'interopérabilité entre les logiciels de régulation utilisés, variable d'un Smur à l'autre et provenant de trois éditeurs différents, et le logiciel de dossier embarqué Appli-Semba. Or, si les données de régulation ne sont pas automatiquement transmises sur la tablette avant l'intervention, le dispositif perd de son intérêt.

Pour le Dr Rosine Serpinet, présidente du club des utilisateurs d'Appli-Semba, "le transfert de la feuille d'intervention est à la base de la convivialité du système. Ce problème de lien effectif entre les logiciels reflète avant tout un manque de volonté des éditeurs", pourtant mis à contribution dès le début du projet. Pour assurer la pérennité du dispositif, il faudra également faire évoluer le logiciel, avance-t-elle. "Appligos, l'éditeur d'Appli-Semba a déjà proposé de le relier avec les appareils biomédicaux embarqués dans les Smur, mais la diversité des appareils utilisés ne devrait pas faciliter la tâche".

Du côté de l'ORU-MiP, il n'est pas question d'abandonner le dispositif dont la région s'est fait le précurseur, "ce qui nous vaut d'essuyer aujourd'hui les plâtres", estime Christine Sagnes-Raffy. Plutôt que de se focaliser sur la résolution des difficultés rencontrées, l'heure est plutôt à l'interconnexion entre les Samu sur laquelle planchent deux informaticiens de l'observatoire. "Une fois les Samu connectés, l'utilisation des tablettes sera facilitée et la satisfaction renforcée", considère-t-elle. La finalisation de la première étape de cette interconnexion, qui s'accompagne d'une informatisation des urgences, est prévue pour juin 2010.

Selon la société Appligos, trois autres régions ont envisagé d'équiper leurs Smur d'un dispositif similaire: le Limousin, le Nord-Pas de Calais et les Pays de la Loire. Aucune de ces régions n'a pour le moment concrétisé le projet, qui serait également en discussion en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et Ile-de-France, précise l'ORU-MiP. Il semblerait que le support papier ait encore de beaux jours devant lui./vr/ar
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