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AP-HP : des échanges sécurisés insuffisants avec la ville
PARIS, 16 février (TICsanté) – L’utilisation insuffisante d’une messagerie sécurisée parasite les relations entre la médecine de ville et l’hôpital en Ile-de-France. L’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Association régionale pour la diffusion des outils communicants (ARDOC) émettent des diagnostics discordants et proposent chacune leur solution pour diffuser l’usage de ces messageries.
Moins de 1.000 messages par mois: c’est le volume actuel des échanges sécurisés de l’AP-HP avec le monde extérieur, "tous types de messages sortants confondus", précise Philippe Le Toumelin, directeur des projets Outils communicants à l’AP-HP. C’est peu, au regard des moyens disponibles. "Tout le monde dispose de messageries sécurisées", assure-t-il.
"L’AP-HP a la possibilité de communiquer avec plus de mille praticiens, mais quelques services seulement l’utilisent. Il y a des hôpitaux qui ne s’en servent pas du tout. Pompidou est en capacité d’envoyer par messagerie sécurisée mais ne le fait pas. [Les usagers] n’utilisent pas les outils qu’ils ont", déplore également Jean-Paul Hamon, membre du bureau de l'ARDOC. Philippe Le Toumelin admet que l’usage de la messagerie sécurisée de l’AP-HP est concentré sur quelques établissements du sud-ouest parisien, comme Ambroise Paré (Boulogne, Hauts-de-Seine) ou Antoine Béclère (Clamart, Hauts-de-Seine). Mais l’argument vaut aussi pour les libéraux. "La situation est très inégale dans la région. Il y plus d’un millier de médecins équipés dans l’Ouest, mais très peu dans le Nord et l’Est", affirme-t-il. "La diffusion de la messagerie sécurisée en Ile-de-France est encore embryonnaire. Certains médecins de ville ne sont pas encore équipés", reconnaît Pierre Martinez, directeur de l’ARDOC. Il estime que plus de 3.500 médecins libéraux seront équipés d’une messagerie sécurisée à la fin de l’année. Le chiffre actuel, inférieur à cette projection, est à rapprocher des 23.500 libéraux recensés par l’Union régionale des médecins libéraux. Le sous-équipement n’explique qu’en partie le faible volume d’échange entre les deux secteurs. Les libéraux pressentent un manque de volonté des praticiens hospitaliers et de leur administration. "Force est de constater que ce sont les chefs de service avec qui nous avons les meilleures relations, qui communiquent le plus avec nous", soutient Jean-Paul Hamon. "Ce n’est pas une question technique, ni d’incitation financière. C’est une question de motivation. Actuellement, ce n’est pas la priorité", avance Pierre Martinez. Philippe Le Toumelin dénonce "un mauvais procès". Les messageries actuelles "ne sont pas utilisées parce qu’elles ne sont pas simples", se défend-il. L’AP-HP a recours actuellement à un logiciel, dont l'emploi "n’est pas compatible avec l’activité hospitalière. Il faut un quart d’heure pour trouver l’adresse de messagerie sécurisée du médecin, à supposer qu’il en ait une, puis rechercher chaque document, le charger, l’envoyer, vérifier qu’il est bien arrivé", explique-t-il. Il annonce le déploiement imminent d’une "solution multi-protocoles", développée par Inovelan, compatible aussi bien avec le standard de cryptage S/MIME qu’avec Apicrypt, utilisé par une majorité des praticiens libéraux. "La communication avec la ville est un enjeu", souligne-t-il. La solution retenue inclura certaines fonctions ardemment réclamées par les médecins de ville. "On a prévu des messages automatiques pour les prévenir quand un patient a été hospitalisé, est sorti ou passé aux urgences", annonce-t-il. Ce lancement, initialement programmé pour l’automne 2008, a été retardé par la réparation d’une "faille de sécurité". L’expérimentation de cette nouvelle messagerie a débuté à l’hôpital Necker (Paris). Elle sera étendue à Antoine Béclère en mars, puis à Bichat (Paris) "dans la foulée". A terme, elle équipera tous les sites de l’AP-HP. Sa réussite dépendra aussi de l’équipement des professionnels de santé à l’extérieur de l’hôpital. "L’installation d’une solution de décryptage chez le médecin de ville pourrait être un facteur limitant", selon Philippe Le Toumelin. L’ARDOC tente d’inciter les libéraux à s’équiper grâce à son offre de services, qui comprend l’installation et la formation à l’usage d’une messagerie sécurisée, ainsi qu’une assistance téléphonique. Le professionnel de santé choisit parmi quatre logiciels homologués par le GIP-CPS et est indemnisé pour le temps consacré à ces activités. Pierre Martinez se prépare à un patient "travail d’évangélisation et d’accompagnement". "La révolution informatique est lente dans le domaine de la santé", conclut-il./gb/ar |
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