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Télésanté Aquitaine: la plateforme joue à fond l'interopérabilité
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté)
PAU, 10 novembre (TICsanté) – L’interopérabilité a une fois de plus été au centre des discussions des différents acteurs réunis jeudi et vendredi dernier à Pau, lors des 18èmes journées nationales des Technologies de Communication Hospitalière de l’association Athos. L’occasion pour Philippe Viard, responsable des systèmes d’information et d’organisation (RSIO) au CH de Mont-de- Marsan (Landes) et Régis Rose, responsable technique du groupement d’intérêt économique (GIE) Télésanté Aquitaine (TSA) de rendre compte du projet initialisé dans la région. Objectif: favoriser les échanges entre professionnels de santé et l'interopérabilité entre les structures. Télésanté Aquitaine est une plateforme régionale de services e-santé positionnée depuis début 2004 sur les problématiques de partage d’information et d’interopérabilité, rappelle Régis Rose. TSA a été créée pour "compenser l’isolement géographique des personnels soignants", "partager les connaissances, les compétences" et "accompagner l’évolution des pratiques".
Il s'agit ainsi de "construire une dynamique de l’échange entre professionnels de santé de la ville et de l’hôpital" et de "travailler sur une approche de territoire en centrant le projet sur un bassin de santé", cite le responsable technique. Depuis 2005, TSA a mis à disposition des professionnels une messagerie sécurisée éditée aujourd’hui par Enovacom et agréée par le groupement d'intérêt public "carte de professionnel de santé" (GIP-CPS). En 2006, des échanges entre la pharmacie de l'hôpital de Mont-de-Marsan et les officines libérales deviennent efficients dans le cadre de la rétrocession médicamenteuse. Un projet sur lequel les attentes des médecins libéraux étaient fortes, se rappelle Philippe Viard. Il n’y avait pas non plus en interne de freins majeurs à communiquer avec la médecine de ville puisque 50% des dossiers ouverts comportaient au moins un document disponible pour tous les professionnels, rapporte-t-il. En 2008, le CH de Mont-de-Marsan opte pour une logique d'intégration. L'établissement améliore l’information des médecins libéraux par "la diffusion de courriers (avis d’hospitalisation, passage aux urgences, courriers de sortie...) de l’hôpital vers les boîtes aux lettres sécurisées des praticiens de ville, avec l'utilisation de la solution EAI (Enterprise Application Integration) régionale Antares d'Enovacom et de la messagerie sécurisée. La finalité étant d'avoir une logique de mutualisation et d'assurer la diffusion et la reproductibilité de la solution à d'autres régions, explique Régis Rose. Le CH de Mont-de-Marsan a fait le choix de la messagerie sécurisée de Télésanté Aquitaine car elle est "opérationnelle, simple et gratuite pour les médecins de ville", souligne le RSIO. La transmission via messagerie sécurisée TSA de documents issus du SIH de Mont-de-Marsan vers les libéraux a apporté une simplification par rapport aux problématiques lourdes à gérer comme le DMP (dossier médical personnel), l’INS (identifiant national de santé) et la confidentialité, observe-t-il. Des difficultés d'ordre technique ainsi que plusieurs aspects à améliorer ont été pointés par Philippe Viard: selon lui, il s'agit d'une solution "d’attente" avant l’arrivée du DMP (Dossier Médical Personnel). C’est une étape de départ qu'il est possible d'optimiser sur le plan technique (en faisant, par exemple, de la pièce jointe un fichier non modifiable avec une signature électronique...). Des extensions sont également prévues avec l’envoi des comptes rendus radiologiques et de chirurgie ambulatoire ainsi que celui - immédiat- d’une notification de sortie du patient (ou de décès), informe-t-il. TSA collabore également avec les éditeurs des professionnels libéraux afin que la messagerie sécurisée soit accessible directement dans le logiciel métier du professionnel. Ce type de projet demande du temps pour former et sensibiliser les professionnels, soulignent les deux intervenants en insistant sur l'importance de prendre en compte en amont les aspects organisationnels pour faciliter le déploiement et l’appropriation des outils. Des questions se posent non seulement sur l'identité de la personne habilitée à valider ces différents documents (le rédacteur seul du document, la secrétaire médicale, à la fois le rédacteur et un confrère?), mais aussi sur la responsabilité engagée en cas de correction de ces documents, informe Philippe Viard. Selon lui, le processus de validation électronique doit rentrer dans les moeurs. Les résultats de cette expérience sont néanmoins positifs. Un accompagnement du patient est assuré grâce à une meilleure circulation des informations avec des délais raccourcis et une limitation des redondances d’examens, affirme Régis Rose. Pour les professionnels de santé, une véritable dynamique d’échange et de partage est créée. "Le bénéfice est concret pour les libéraux qui reçoivent rapidement les documents numériques intégrables dans leur logiciel de cabinet", révèle-t-il. Les perspectives sont de "généraliser à tous les territoires cette dynamique de partage, en accompagnant les établissements dans leur démarche d’ouverture des SI" et en optimisant "l’intégration des nouveaux services d’échanges au sein de l’environnement des professionnels par un travail constant avec les éditeurs", annonce Régis Rose./eg/ar |
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