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Plateforme de télésanté Sisra: fréquentation en hausse
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté, Elodie Grange)
MARSEILLE, 6 novembre (TICsanté) – La région Rhône-Alpes a fait le choix d'investir depuis 10 ans dans la mise en place de services d'e-santé dont l'usage devient significatif depuis maintenant 12 mois, a indiqué Thierry Durand, administrateur GCS (groupement de coopération sanitaire) de la plateforme régionale de télésanté Sisra (Système d'information de santé de la région Rhône-Alpes), lors du 4ème Forum Biomédical de l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Luminy (Esil) qui s’est tenu la semaine dernière à Marseille. En Rhône-Alpes, l’espace numérique régional de santé (ENRS) a commencé à se construire en 2000 avec le développement de la plateforme de télésanté Sisra, indique Thierry Durand. "Nous avons d'abord créé des outils, puis le groupement de coopération sanitaire (GCS) en 2006 dont les membres fondateurs sont les trois CHU (Lyon, Grenoble et Saint-Etienne), le centre de lutte contre le cancer (CLCC) Léon Bérard, le réseau Oncora et l'Association pour le développement du système d'information médical libéral en Rhône-Alpes (ADSIMLRA)", rappelle-t-il.
Le pilotage stratégique de la plateforme est réalisé par l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH), l'Union régionale des caisses d'assurance maladie (Urcam), le conseil régional, l’Union régionale des médecins libéraux (Urml) et le Collectif Interassociatif sur la santé en Rhône-Alpes (Ciss-Ra) qui participent également au financement et le pilotage opérationnel est assuré par le GCS, souligne Thierry Durand. La plateforme de télésanté est aujourd'hui largement utilisée au sein de la région avec, depuis 12 mois, un usage des services e-santé qui devient significatif, constate-t-il. "Il aura fallu près de 10 ans avant de vraiment décoller", souligne-t-il. Près de 1,4 million de patients sont à ce jour identifiés de manière unique en Rhône-Alpes. La plateforme est utilisée par 26 réseaux de soins dans différentes pathologies ce qui représente 90.000 patients pris en charge. Au niveau du dossier patient partagé réparti (DPPR), la barre des 400.000 patients a été dépassée, précise Thierry Durand, ce qui équivaut à quatre millions de documents médicaux. Ces dossiers, dont le nombre a été multiplié par deux entre 2008 et 2009, sont accessibles en ligne aux médecins libéraux et à 72 établissements ou structures de soins de la région, précise un communiqué de l'ARH de Rhône-Alpes (ARHRA). Parmi les projets aujourd’hui les plus avancés figure Trajectoire, l'annuaire internet des structures de soins de suite et de réadaptation (SSR) créé dans le but d'améliorer la fluidité entre court et moyen séjour et d'optimiser le parcours du patient. Depuis que l’ARH considère le déploiement de cet outil comme une priorité régionale et a donné six mois aux structures de soins pour se mettre en mouvement, les progrès ont été notables. "En 12 mois, on est passé de 0 à 80% des orientations dans Trajectoire. 15 à 20% des patients sont actuellement placés avec cet outil, soit 3.500 patients", révèle-t-il. Huit autres régions françaises ont adopté l'outil et sont en train de le déployer. Un autre grand projet concerne la gestion des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP). Un outil accessible à tous les professionnels de santé de la région permet notamment l’inscription de dossiers en RCP et la gestion de ces séances. Les comptes-rendus validés peuvent être réintégrés dans les outils informatiques locaux, et sont automatiquement partagés dans le DPPR. C’est un projet qui a été assez technique en raison de l’existant, souligne l'administrateur. Nous avons alors eu l'idée de de développer un outil "ultra communicant" permettant de répondre à tous ceux qui n'ont pas de solution ou de venir en complément de ceux qui ont déjà une solution mais non communicante avec l'extérieur, mentionne-t-il. L’ARH a eu là aussi un rôle important en se positionnant en faveur de l'intégration de 100% des comptes-rendus dans le DPPR. Un "putsch" qui a permis d'augmenter le nombre de CLCC alimentant le dossier régional et d'avoir à ce jour environ 52% des comptes-rendus de RCP dans le DPPR, déclare Thierry Durand. Le projet de téléimagerie est en revanche moins avancé. Un budget a été identifié, une solution technique, opérationnelle depuis septembre a été mise en place mais il n'y a eu au départ de cahier des charges très précis, regrette-t-il. C'est un outil "susceptible de faire plein de choses" qui a été envisagé avec pour contrainte de permettre l’échange d’examens d’imagerie entre deux acteurs et le partage de l’image dans le DPPR. Pour des raisons très diverses, il y a aujourd’hui de grosses difficultés à mener des phases pilotes, des expérimentations, déplore-t-il. Les tutelles ont intégré ce projet comme outil fondateur dans le schéma régional d'organisation sanitaire (SROS), mentionne-t-il. Un autre projet en cours, concerne les personnes âgées et le passage du sanitaire au médico-social. Il s'agit de développer une véritable communication entre les deux mondes, souligne Thierry Durand. Les efforts déployés pour développer la plateforme ont été récompensés le 30 octobre dernier à Bruxelles. Le Sisra et le DPPR ont en effet remporté le Premier Awards européen des nouvelles technologies de l'information de santé. "Le dossier rhônalpin a été choisi parmi trente autres projets pour la qualité de sa réalisation globale et son pragmatisme", indique le communiqué de l'ARHRA./eg/vr |
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