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02/11/2009
Télésanté: stop aux expérimentations, place à l’action concertée et à la formation
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté, Elodie Grange)

MARSEILLE, 2 novembre (TICsanté) – "Faire de la France un leader mondial de la télésanté" n’est pas seulement une nécessité, c’est un devoir a réaffirmé Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut conseil français pour la télésanté (commission Galien), en introduction du 4ème Forum Biomédical de l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Luminy (Esil) qui s’est tenu jeudi à Marseille.
Organisé par le département génie biomédical et ses élèves ingénieurs, le forum s’est focalisé cette année sur les aspects "télésanté et téléradiologie". L’occasion pour Ghislaine Alajouanine de rappeler que "la maison brûle" et qu’"il est temps d’arrêter les expérimentations et de passer à la phase de généralisation de la télésanté".

La présidente s’est félicitée que la télésanté devienne une des premières priorités du grand emprunt, qui doit être lancé début 2010 par le gouvernement. Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, vient en effet dans ses recommandations sur le grand emprunt d’estimer que la France doit "devenir un leader mondial du diagnostic à distance et de l'hospitalisation à domicile (HAD)". Une déclaration dans la lignée de celle du président de la République, Nicolas Sarkozy qui en janvier dernier avait lancé la formule: "la télémédecine, c'est l'avenir!". Par ailleurs, le Groupe des fédérations industrielles (GFI) souhaite que le grand emprunt participe au financement de cinq programmes pour un total de 23,4 milliards d'euros, dont 4 milliards seraient alloués à l'e-santé, note-t-on.

Il faut "propulser la France au rang de leader mondial de la télésanté en assurant l’équilibre entre les attentes sociales et les ambitions économiques", réaffirme la présidente de la commission Galien. Une ambition à la hauteur des enjeux et à la portée de la France, ont souligné de concert Yannick Motel, délégué général du Lesiss (Les entreprises des systèmes d'information sanitaires et sociaux) et Michel Schaller, vice-président du Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques (Gixel) présents lors du forum. Une position également soutenue par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), rappelle-t-on.

"Il faut passer à l’action concertée et à la formation", réitère Ghislaine Alajouanine. Le gouvernement doit arbitrer et lancer le chantier de la télésanté par une mobilisation nationale dans le cadre d’un plan Haute Sécurité Santé (HS2) quinquennal. Il est important de "maintenir et renforcer le volontarisme politique affiché cette année (...) et de mobiliser l’ensemble des acteurs sur les enjeux de la télésanté", considère-t-elle. Le gouvernement doit en outre, "mettre en place une organisation en mode participatif pour réaliser ce grand chantier qui doit bénéficier du grand emprunt national et être confié à des experts", recommande la commission Galien. "Il faut créer un fond permanent de la télésanté et faire aboutir très vite les décrets d’application liés à l’article 78 de la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST)", souligne Ghislaine Alajouanine.

En matière de télésanté, la France n’est à ce jour "championne" qu’en production de rapports, d'études, de colloques et de séminaires, déplorent les acteurs. Elle recense historiquement plus de 70 déploiements de télésanté majeurs mais qui ne sont à ce jour pas tous opérationnels en raison notamment du fait qu’ils sont non interopérables et non homogènes, rappelle Michel Schaller. Il est temps d'arrêter les expérimentations et qu’"un plan d’actions clair et ambitieux soit développé", ont-ils insisté.

Dans un document publié mi-octobre, le Collectif Interassociatif sur la santé (Ciss) fait part de sa position sur les conditions de développement de la télésanté émise à l’occasion de l’audition demandée par le député UMP Pierre Lasbordes (Essonne), dans le cadre de la mission qui lui a été confiée auprès de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Rappelant les deux principales raisons qui l’amène à soutenir le développement de la télémédecine et plus généralement de la télésanté, le Ciss énumère les freins qui doivent être résolus et les leviers prioritaires pour un développement de la télésanté "garant du respect de l’intérêt général et des droits fondamentaux".

Le développement de la télésanté peut apporter les évolutions nécessaires à l’amélioration des prises en charge ambulatoire et permettre de relever le défi du perfectionnement des réponses hospitalières voir, sous certaines conditions, résoudre les écueils de la démographie médicale (...), estime le Ciss. Des freins doivent cependant être levés pour permettre son développement, considère-t-il. Il y a des incertitudes juridiques qui appellent à des clarifications (...). "Les décrets d’application devront préciser les régimes juridiques de responsabilité personnelle des médecins et des autres acteurs dans les différents actes de télésanté ainsi que les conditions de facturation des actes inscrits à la nomenclature", mentionne le Collectif.

D'autre part, les financements actuels "restent trop modestes", le niveau technologique "inégal et mal préparé dans certains domaines" (problème de haut débit, d'interopérabilité des systèmes...) et les craintes des usagers (selon le groupe d'âge et portant essentiellement sur la confidentialité) sont présentes, souligne-t-il. Le Ciss identifie par ailleurs 7 axes prioritaires sur lesquels il est attentif à ce que des évolutions interviennent parmi lesquels: le consentement du patient, l’élaboration de recommandations pour la pratique, la formation des professionnels et les évaluations de la télésanté./eg/vr
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02/11/2009
Il est amusant de voir que les crédits ont été gelés pour le plan Hôpital 2012 sur la modernisation des SIH, alors que dans le même temps on démarre le financement de la Télésanté...

Les crédits, c'est comme le vent: ça tourne !

Enfin, pardonnez cette remarque, mais entendre une structure qui s'autoproclame de surcroit "Haut Conseil" dénoncer une masse de rapports sur les SI en Santé alors qu'ils sont dans la même démarche...

D'où ma question: Commission Galien, qu'avez-vous réalisé de CONCRET (pour reprendre votre message) dans le domaine de la télésanté ? Une solution est-elle en production ? Des retours sur les bénéfices ?
02/11/2009
Madame,

Afin d'avoir une idée sur la position française en Europe, permettez-moi de vous signaler l'existence de l'indice EHCI (European Health Consumer Index) créé en 2005 par une association implantée à Bruxelles, Health Consumer Powerhouse, soutenue par la Commission européenne.

Cet indice agrège 38 indicateurs de qualité relatif au système de santé, répartis en six catégories dont l'e-santé. Bien que le système de soins en France se classe 7ème en 2009 sur 33 pays analysés (première en 2006), elle est à la traîne en matière d'e-santé où elle est classée 26ème (à égalité avec l'Italie) sur 33.

Dr. M. SELAMNIA
02/11/2009
Bonjour,

En réponse à "Professionnel de santé", qui pourrait au passage utilement se présenter car il est toujours plus agréable de savoir avec qui l'on échange,(on est toujours puni de son manque de courage disait Raymond Barre !)
deux points.

En premier lieu la Commission Galien s'est autoproclamée Haut Conseil parce que d'une part aucune loi ne l'interdit, d'autre part parce que nous avons réussi là où bien des institutions ont échoué : réunir des personnalités de haut niveau, très différentes et qui se croisent rarement dans la vie, autour d'un projet commun, qui au passage ne se conjugue pas avec la publication de nouveaux rapports dont débordent déjà les armoires poussiéreuses.

Par ailleurs Galien n'étant pas une entreprise n'a rien à produire sinon des idées, des concepts novateurs et de l'énergie pour faire entrer de plain-pied les TIC de santé de notre pays dans le 21ème siècle, avec entre autres une idée simple : faire de la France un leader mondial de la Télésanté. Ce but n'est pas encore atteint, mais voir la filière électronique (Fieec) et les personnalités politiques au plus haut niveau reprendre notre slogan constitue déjà un bon début.

En écho au Dr Selamnia, que je remercie pour sa remarque, nous utilisons bien sûr les éléments du EHCI dans nos réflexions et présentations, publiques ou plus discrètes. En 2006, ce rapport plaçait d'ailleurs la France au premier rang, alors qu'en 2008 il la rétrogradait à la 10è place. Le rapport 2009 récemment paru pointe désormais notre pays à la septième marche du podium, sans qu'il soit précisé si sa situation s'est améliorée ou si ce nouveau classement résulte d'une dégradation des trois pays qu'elle a doublés.

Concernant les TIC santé, critère essentiel dans ce classement communautaire, il semble que leur principal indicateur de performances s'appuie en France sur le nombre de rapports, de colloques et d'annonces tous azimuts qui leur sont consacrés. Il appartient donc à tous ceux qui veulent voir ce déprimant paradigme évoluer vers plus de « concrétude » au service de nos concitoyens et de leur descendance d'oeuvrer en ce sens. C'est le message que j'ai eu le plaisir de faire passer jeudi chez les jeunes futurs experts des technologies de santé de l'ESIL ( galientelesante.org/GalienESIL291009.pps / galientelesante.org/AbstracGalienMeetingESIL1009.pdf).

Au passage, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

Ghislaine Alajouaine
Présidente
Membre Correspondant de l'Institut
présidente@galientelesante.org
gala.group@yahoo.fr
http://www.pmsipilot.com/
Identification
http://www.InterSystems.fr/sante
http://www.ticsante.com/show.php?page=inscription

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