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Télésanté: stop aux expérimentations, place à l’action concertée et à la formation
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté, Elodie Grange)
MARSEILLE, 2 novembre (TICsanté) – "Faire de la France un leader mondial de la télésanté" n’est pas seulement une nécessité, c’est un devoir a réaffirmé Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut conseil français pour la télésanté (commission Galien), en introduction du 4ème Forum Biomédical de l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Luminy (Esil) qui s’est tenu jeudi à Marseille. Organisé par le département génie biomédical et ses élèves ingénieurs, le forum s’est focalisé cette année sur les aspects "télésanté et téléradiologie". L’occasion pour Ghislaine Alajouanine de rappeler que "la maison brûle" et qu’"il est temps d’arrêter les expérimentations et de passer à la phase de généralisation de la télésanté".
La présidente s’est félicitée que la télésanté devienne une des premières priorités du grand emprunt, qui doit être lancé début 2010 par le gouvernement. Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, vient en effet dans ses recommandations sur le grand emprunt d’estimer que la France doit "devenir un leader mondial du diagnostic à distance et de l'hospitalisation à domicile (HAD)". Une déclaration dans la lignée de celle du président de la République, Nicolas Sarkozy qui en janvier dernier avait lancé la formule: "la télémédecine, c'est l'avenir!". Par ailleurs, le Groupe des fédérations industrielles (GFI) souhaite que le grand emprunt participe au financement de cinq programmes pour un total de 23,4 milliards d'euros, dont 4 milliards seraient alloués à l'e-santé, note-t-on. Il faut "propulser la France au rang de leader mondial de la télésanté en assurant l’équilibre entre les attentes sociales et les ambitions économiques", réaffirme la présidente de la commission Galien. Une ambition à la hauteur des enjeux et à la portée de la France, ont souligné de concert Yannick Motel, délégué général du Lesiss (Les entreprises des systèmes d'information sanitaires et sociaux) et Michel Schaller, vice-président du Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques (Gixel) présents lors du forum. Une position également soutenue par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), rappelle-t-on. "Il faut passer à l’action concertée et à la formation", réitère Ghislaine Alajouanine. Le gouvernement doit arbitrer et lancer le chantier de la télésanté par une mobilisation nationale dans le cadre d’un plan Haute Sécurité Santé (HS2) quinquennal. Il est important de "maintenir et renforcer le volontarisme politique affiché cette année (...) et de mobiliser l’ensemble des acteurs sur les enjeux de la télésanté", considère-t-elle. Le gouvernement doit en outre, "mettre en place une organisation en mode participatif pour réaliser ce grand chantier qui doit bénéficier du grand emprunt national et être confié à des experts", recommande la commission Galien. "Il faut créer un fond permanent de la télésanté et faire aboutir très vite les décrets d’application liés à l’article 78 de la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST)", souligne Ghislaine Alajouanine. En matière de télésanté, la France n’est à ce jour "championne" qu’en production de rapports, d'études, de colloques et de séminaires, déplorent les acteurs. Elle recense historiquement plus de 70 déploiements de télésanté majeurs mais qui ne sont à ce jour pas tous opérationnels en raison notamment du fait qu’ils sont non interopérables et non homogènes, rappelle Michel Schaller. Il est temps d'arrêter les expérimentations et qu’"un plan d’actions clair et ambitieux soit développé", ont-ils insisté. Dans un document publié mi-octobre, le Collectif Interassociatif sur la santé (Ciss) fait part de sa position sur les conditions de développement de la télésanté émise à l’occasion de l’audition demandée par le député UMP Pierre Lasbordes (Essonne), dans le cadre de la mission qui lui a été confiée auprès de la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Rappelant les deux principales raisons qui l’amène à soutenir le développement de la télémédecine et plus généralement de la télésanté, le Ciss énumère les freins qui doivent être résolus et les leviers prioritaires pour un développement de la télésanté "garant du respect de l’intérêt général et des droits fondamentaux". Le développement de la télésanté peut apporter les évolutions nécessaires à l’amélioration des prises en charge ambulatoire et permettre de relever le défi du perfectionnement des réponses hospitalières voir, sous certaines conditions, résoudre les écueils de la démographie médicale (...), estime le Ciss. Des freins doivent cependant être levés pour permettre son développement, considère-t-il. Il y a des incertitudes juridiques qui appellent à des clarifications (...). "Les décrets d’application devront préciser les régimes juridiques de responsabilité personnelle des médecins et des autres acteurs dans les différents actes de télésanté ainsi que les conditions de facturation des actes inscrits à la nomenclature", mentionne le Collectif. D'autre part, les financements actuels "restent trop modestes", le niveau technologique "inégal et mal préparé dans certains domaines" (problème de haut débit, d'interopérabilité des systèmes...) et les craintes des usagers (selon le groupe d'âge et portant essentiellement sur la confidentialité) sont présentes, souligne-t-il. Le Ciss identifie par ailleurs 7 axes prioritaires sur lesquels il est attentif à ce que des évolutions interviennent parmi lesquels: le consentement du patient, l’élaboration de recommandations pour la pratique, la formation des professionnels et les évaluations de la télésanté./eg/vr |
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