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Téléradiologie: du guide pour le bon usage à la charte
PARIS, 22 octobre (TICsanté) - Le Pr Alain Rahmouni, secrétaire général du syndicat des radiologues hospitaliers -SRH- (CHU Henri-Mondor, Créteil), a évoqué les grands principes de la charte de la téléradiologie, qui vient d'être élaborée par le conseil professionnel de radiologie (G4). Il a également fait part du point de vue de la profession sur le sujet, lors des Journées Françaises de Radiologie (JFR) qui se sont achevées mardi à Paris.
Le G4 réunit la Société française de radiologie (SFR), le collège des enseignants en radiologie de France (Cerf), les syndicats hospitaliers et libéraux, le SRH et la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR). Il a élaboré en 2007, avec le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), le "Guide pour le bon usage professionnel et déontologique de la téléradiologie". Un document "un peu long et difficile à appréhender pour des interlocuteurs qui ne sont ni médecins, ni radiologues", estime le Pr Alain Rahmouni. C’est ainsi que le G4 a souhaité établir une charte pour disposer d'un "texte simple, court et communiquant", en insistant sur 12 points, informe-t-il. Le but est de soutenir et de contribuer avec tous les acteurs au développement de la téléradiologie.
Le premier point insiste sur le fait que le projet médical d’organisation locale de la téléradiologie doit primer. "L’acte de téléradiologie est un acte médical qui doit être encadré par des règles de déontologie médicale et organisé par des médecins radiologues", mentionne-t-il. Il est divisé en deux catégories: le télédiagnostic et la téléexpertise. La téléradiologie doit prendre en compte les relations humaines entre patients, médecins, cliniciens, médecins-radiologues et manipulateurs, souligne le Pr Rahmouni. La téléradiologie doit être justifiée dans l’organisation des soins et permettre au médecin, en contact direct avec le patient, d’accéder à une médecine radiologique de qualité impliquant un téléradiologue, insiste-t-il. Elle doit aussi favoriser les transferts de connaissances et de savoir-faire entre les médecins radiologues qui l’utilisent. La téléradiologie n’est pas une alternative pouvant justifier "l’accord d’une autorisation d’un renouvellement d’équipement d’imagerie, sans disposer d’une équipe de radiologues locaux réunis autour d’un projet médical", indique-t-il. Actuellement, les réflexions du G4 sont plutôt de penser que le développement du télédiagnostic est un développement territorial ou régional et qu’il peut apporter beaucoup dans la mise en réseau des cliniciens et des radiologues. Pour la téléexpertise, cela consiste en une recherche pour le patient des meilleures ressources humaines radiologiques et peut alors dépasser le stade local. La SFR s’engage à faire évoluer ses recommandations nationales, en coopération avec la Haute autorité de santé (HAS), les Sociétés savantes, le Cnom, le ministère de la santé, la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos) et tous les institutionnels et les industriels concernés par les réseaux de télétransmission d’images. Le radiologue est un moteur éminent au sein de la téléradiologie. Les deux aspects de la téléradiologie, que sont la téléexpertise et le télédiagnostic, complètent l’exercice local habituel du radiologue et ne peuvent pas être des exercices exclusifs. "Nous n’avons encore que peu d’exemples d’exercices exclusifs de la téléradiologie", rapporte Alain Rahmouni. Selon lui, la téléradiologie s’inscrit dans l’organisation des soins et ne doit pas remplacer une prise en charge radiologique sur place par un radiologue local. La téléradiologie doit, en outre, suivre les différentes étapes de la prise en charge médicale radiologique d’un patient (validation et justification de l’examen, analyse et interprétation des images, dialogue avec les médecins cliniciens...), en respectant les exigences de qualité. Il est par ailleurs indispensable de s'assurer de la sécurisation de l’identification du patient et que toute la confidentialité et l’intégrité des échanges soient respectées, révèle-t-il. En termes de gestion, il faut des plateaux d’imagerie complets, diversifiés et regroupés, avec des équipes radiologiques de taille adaptée. "Le paradoxe de la téléradiologie réside dans le fait qu’elle ne doit pas servir à maintenir des plateaux radiologiques non adaptés, mais permettre un soutien à des équipes isolées de petite taille qui sont justifiées dans l’organisation des soins", affirme le spécialiste. En 2009, la radiologie est au cœur de la prise en charge des patients. Ce qui peut constituer un paradoxe, c’est le fait qu’avec la téléradiologie, "on a un éloignement physique du téléradiologue par rapport à ses patients", mais l’avantage de travailler en réseaux de professionnels de santé et de médecins, ce qui va permettre de faire évoluer le mode d’organisation, de supprimer les barrières démographiques et de modifier les barrières statutaires et réglementaires, espère-t-il. "Nous pensons que la téléradiologie est une révolution organisationnelle enthousiasmante", affirme le Pr Rahmouni. C’est un outil qui doit être au service du patient, mais avec lequel il faut rester prudent car il s'avère puissant, considère-t-il. Institutionnels, industriels et Collège de radiologie doivent parvenir à travailler ensemble, conclut-il./eg/ajr |
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