|
Des TIM dans les pôles d’activité médicale?
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté, Elodie Grange)
AVIGNON, 12 mai (TICsanté) - Le Dr Hélène Parnet Morel, médecin DIM, ainsi qu'Agnès Blachier et Soraya Otmani, TIM (Techniciens d'Information Médicale) du pôle d'information médicale des Hôpitaux civils de Lyon (HCL) et respectivement vice-présidente et présidente de l'ATIMRA (Association des TIM de Rhône-Alpes), ont engagé une discussion autour de la mise à disposition des TIM dans les pôles d'activité médicale (PAM), lors de la 2ème journée nationale des TIM et médecins DIM. Cette manifestation s’est tenue jeudi à Avignon. Les pôles d’activité médicale ont été mis en place dans le but d’améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients avec une optimisation des moyens consacrés, rappelle Soraya Otmani. La collaboration entre directeurs et praticiens est importante, d’où une demande récurrente des responsables des PAM d'avoir en leur sein un TIM à proximité, explique-t-elle. L’organisation PAM/DIM dépend de la taille de l’établissement.
Par ailleurs, les deux TIM ont fait part des avantages et des risques liés à une organisation suivant trois schémas: le TIM dans le DIM, le TIM dans le PAM et enfin le TIM personnel du PAM. De fait, les intervenantes se sont tout particulièrement intéressées à la présence permanente du TIM dans le PAM. C'est un schéma organisationnel qui offre divers avantages: amélioration du dossier médical et organisation du recueil de l’information médicale, en l'adaptant aux contraintes et au ressenti. Ce schéma permet également une meilleure transmission d’informations sur l’activité réelle des services et facilite la mise en oeuvre d'actions correctives, estime Agnès Blachier. Pour le pôle d'activité médicale, les bénéfices sont relatifs à un gain de temps pour les cliniciens et à l’amélioration de la description de leur activité. Pour le directeur, le schéma organisationnel permet d’éviter la "non-facturation" et de réduire les délais de production, déclare-t-elle. Le fait que le TIM soit dans le PAM pourrait faire évoluer le métier avec la production de tableaux de bord. Le TIM est souvent perçu comme "gênant, importun" plutôt que "salvateur". Dans ces conditions, il serait reconnu comme une personne ressource, identifiée avec des actions et des missions nouvelles et ayant acquis une expertise sur l’activité du PAM, assure Agnès Blachier. Un tel schéma comporte néanmoins des risques. En effet, il peut induire un amoindrissement des compétences métiers s'il n'existe qu'un seul type d’activité médicale, une diminution de l’identité métier et la perte d’une certaine indépendance, remarque-t-elle. Pour que le TIM ait sa place au sein du PAM, il faut maintenir sa formation sur l’ensemble des champs d’activité, affirme-t-elle. Pour les établissements, les avantages sont relatifs à l’amélioration des délais et de la qualité mais il persiste néanmoins un risque de détournement des TIM vers des fonctions hors du champ de l’information médicale (secrétariat par exemple). Une telle perspective peut aussi fragiliser le positionnement des DIM, note-t-elle. Il serait donc souhaitable qu’un budget ainsi qu’un programme de formation des TIM soient prévus, assortis d'une augmentation du personnel d’information médicale, suggère la TIM. Le Dr Parnet Morel a pour sa part évoqué la possibilité de faire travailler le TIM comme conrôleur de gestion. Ce dernier peut apporter une compétence sur l’analyse de l’activité et des recettes et si besoin, sur celle des dépenses, mentionne-t-elle. Le travail de base du TIM consiste à vérifier les sources d’information, à détecter les défauts du SI, à identifier le non-respect des procédures d’information et à analyser l’activité et les recettes, mais son éventuelle fonction de contrôleur de gestion implique qu’il alerte, analyse les sources de non-qualité et propose des actions d’amélioration, précise le médecin DIM. Bénéfice attendu: améliorer le management du pôle. Toutefois, cette éventualité expose à un risque particulier: "que le responsable médical entraîne le TIM vers une survalorisation, en l'absence d’évaluation extérieure au PAM", explique-t-elle. Les responsables du PAM doivent, par conséquent, formaliser les rôles respectifs dans l’analyse des données et les données d’activité ou de recette doivent être validées par un tiers extérieur au PAM, propose Hélène Parnet-Morel. Enfin, le TIM ne doit pas être désigné comme responsable des décisions stratégiques ou d’organisations liées aux outils qu’il met à disposition, ajoute-t-elle. De nombreuses interrogations subsistent donc sur l'intérêt ou non du TIM au sein du PAM. Est-ce une opportunité pour lui et un réel bénéfice pour l’établissement? Faut-il absolument le rattacher au PAM? Les participants à cette journée ont également soulevé une autre question: les perspectives annoncées sont-elles réalisables par tous les établissements?/eg/ajr |
Pour réagir à cette dépêche,
vous devez vous identifier.
Si vous ne vous êtes pas encore
inscrit, vous pouvez le faire
sur la page inscription
L'inscription est gratuite et
vous permet d'accéder à toutes
les fonctionnalités de ce site.