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DIM et TIM: un positionnement fort, en perpétuelle évolution
(Par l’envoyée spéciale de TICsanté, Elodie Grange)
AVIGNON, 11 mai (TICsanté) - Joël Bouffies, directeur du CH d'Aix-en-Provence et le Dr Bernard Garrigues, médecin DIM au CH d'Aix-en-Provence et président du Collège national de l'information médicale (CNIM) ont abordé la question du "positionnement des DIM dans la perspective des territoires de santé ou communautés inter-hospitalières", lors de la 2ème journée nationale des Techniciens d’Information Médicale (TIM) et médecins DIM (département d’information médicale), qui s’est tenue jeudi à Avignon. Le métier de TIM est né dans les années 1990 avec la mise en place du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) dans les hôpitaux. Le développement des SI, la généralisation de la T2A et les réformes de financement des établissements de santé ont induit une évolution des rôles et missions des professionnels des départements d’information médicale du secteur public et privé. Ils sont au "coeur des grandes décisions stratégiques de l’hôpital et jouent un rôle essentiel dans le domaine de l’organisation territoriale des soins", déclare Joël Bouffies.
Les stratégies de territoire se développent mais elles ne doivent pas "être un vain mot" car c’est un besoin essentiel: il faut s’organiser en commun pour faire vivre des activités, voire les maintenir, estime-t-il. Il existe différents outils de coopération qui ont évolué dans le temps (convention, fédération, GCS, syndicat, fusion...). De fait, aujourd’hui, les établissements vont être amenés à s'organiser sous forme de communautés hospitalières de territoire (CHT). Dans cette perspective d’organisation du territoire, il peut en effet être envisagé que plusieurs établissements se regroupent au sein d’un même territoire et partagent un DIM commun, cite-t-il en exemple. Cette démarche nécessite d'autres outils, tels que des SI communicants ou encore des tableaux de bord communs. On attend des DIM qu'ils fournissent des éléments de décision et de pilotage, avec l’analyse statistique des données médicales qu’ils effectuent, indique le directeur du CH d'Aix-en-Provence. Selon lui, ces professionnels interviennent à différents niveaux dans l’organisation territoriale: "ils nous aident à choisir et développer la stratégie de partenariats et permettent d’évaluer, une fois l’organisation territoriale mise en place, les conséquences sur l’activité et les flux de prise en charge de populations". De leur côté, les TIM exercent des missions en lien étroit avec la direction de l’établissement, la Direction des Affaires Financières (DAF) et la Direction des Systèmes d’Information et d’Organisation (DSIO). Dans ce cadre, la création d’une "structure" ou "entité" qui regrouperait les professionnels des DIM et des compétences économiques semble intéressante, suggère Joël Bouffies. "Lorsque l’on est en position de prendre des décisions stratégiques, il faut pouvoir être éclairé par une dimension médico-économique", considère-t-il. "La fonction de directeur des ressources financières n’a de sens que si elle est éclairée par toutes les informations qui proviennent du département d’information médicale", déclare-t-il. Alain Slama, directeur des ressources financières (DRF) de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), a évoqué le positionnement des TIM dans les DAF. Selon lui, "c'est une fonction à inventer". Une des premières missions du technicien d'information médicale consiste à ce que toute l'activité soit facturée et valorisée. "Il faut travailler en transversal et regrouper les compétences des DIM et des DAF" explique-t-il. Il y a quelques mois, le recrutement d’un TIM a été effectué au sein de la DAF à l’AP-HM et les "avantages" constatés sont liés à l’amélioration des processus de décision, mentionne le DRF. La mise en place d’une structure pour faire travailler ces différentes compétences est nécessaire et peut se concrétiser sous forme d’une fédération médico-administrative, avec le regroupement DIM et DAF (comme au CH de Roubaix en 1998), indique-t-il. Et d'ajouter qu'à l’avenir, le TIM de la DAF sera impliqué dans les choix médico-économiques sur un territoire donné. "Il semble cependant dangereux que les différents outils stratégiques, de pilotage et les tableaux de bord soient gérés par la même personne. Ils doivent donc rester autonomes", met en garde le directeur des ressources financières. Le Dr Bernard Garrigues a pour sa part pointé le problème démographique des DIM. Un problème qui va s’accentuer dans les 10 prochaines années, prévient-il. Alors qu’il existe une très forte demande de la part des établissements de santé pour se doter en médecins DIM et en TIM, en raison notamment de la pression de la T2A, la situation s'avère relativement tendue quant aux perspectives de renouvellement. Le volume des départs en retraite est en effet important. Les solutions envisagées, en réponse à cette problématique, sont la mutualisation ou la sous-traitance, qui peut se faire dans la production d'informations médicales, précise-t-il. Néanmoins, il ne s’agit-là que du rôle basique du TIM. De fait, ce dernier n’a pas pour unique mission la collecte des informations médicales; il doit également les traiter, les transmettre et les exploiter en vue de l’évaluation de l’activité médicale de l’établissement. Globalement, les missions du TIM s’articulent autour de trois axes: l’axe "socio-économique", l’axe "information" et l’axe "communication-formation", peut-on lire dans le dossier de presse remis à l'occasion de la 2ème journée nationale des TIM et médecins DIM. Avec l'émergence de nouvelles fonctions au niveau du territoire, les opportunités des DIM et TIM sont grandes, estime Joël Bouffies: travailler au sein d’"une équipe plus complète, plus structurée avec un travail d’analyse plus riche". Il semble donc nécessaire que les professionnels impliqués oeuvrent ensemble au sein d’une même entité, réaffirme le Dr Garrigues. Les TIM et DIM vont voir évoluer leur activité, celle-ci passant d'"un métier de recueil des données" à un véritable métier de "donneur de sens", permettant ainsi à un établissement de santé de prendre des décisions stratégiques, conclut le directeur du CH d'Aix-en-Provence./eg/ajr |
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