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CHU de Rennes et DPI: un déploiement progressif
PARIS, 31 mars (TICsanté) - Dans un entretien accordé à TICsanté, Viviane Piedcoq, directrice des systèmes d’information (DSI) au CHU de Rennes apporte des précisions sur la mise en oeuvre du DPI (dossier patient informatisé) au sein de l’établissement. Un projet qui s’intègre dans le schéma directeur du système d'information (SDSI).
A la suite d'un appel d’offres, le gestionnaire du projet et intégrateur choisi est Thalès. Sa branche santé est en cours de cession à l'éditeur informatique Medasys. A ce jour, Thalès a encore la mission de pilotage. Pour le dossier patient, c’est la solution DxCare de Médasys qui a été retenue, précise Viviane Piedcoq. Le logiciel Génois du SIB (syndicat interhospitalier de Bretagne) a été sélectionné pour la gestion du circuit du médicament et l’éditeur Ilex a été retenu pour la gestion de l’annuaire, informe-t-elle. Le CHU de Rennes a enfin choisi l’EAI (Enterprise Application Integration) Ensemble d’Intersystems pour intégrer le DPI au reste des applications existantes.
La mise en œuvre du projet va se faire sur l’ensemble du CHU de manière progressive, c'est à dire par "paliers de fonctionnalités et par secteurs au sein des pôles", explique la DSI. En termes de prise en charge du patient, il s’agit d’avoir le moins de rupture possible entre la forme papier et la forme électronique. "Il faut être prudent et pragmatique car ces projets sont délicats et ils impactent les pratiques professionnelles", estime-t-elle. Ayant déjà récemment développé une solution en bureautique médicale, le CHU de Rennes s’attaque directement au coeur de la production de soins avec le déploiement du dossier patient et du circuit des produits pharmaceutiques. A l’automne 2009, la pneumologie va être le premier secteur pilote du déploiement de cette solution. Dans le courant du premier semestre 2010, un secteur de chirurgie ainsi qu’un secteur de pédiatrie seront concernés, annonce Viviane Piedcoq. Un développement plus massif, dans une logique de pôles est par la suite envisagé. Il faut compter, selon Viviane Piedcoq "2-3 ans pour la fin du déploiement". L’outil mis en œuvre est structurant et nécessitera au fil du temps des évolutions et des améliorations. Sur la partie circuit du médicament, le CHU a opté pour une logique d’informatisation complète, c'est-à-dire de la prescription jusqu’à l’administration, avec une priorité pour la prescription connectée. De grands axes sont développés autour de la sécurisation de la prescription et de la diminution des ressaisies. Entre juin et novembre 2009, l’informatisation de la commande globale de produits pharmaceutiques, qui comprend les dispositifs médicaux et les médicaments est prévue sur l’ensemble du CHU, en anticipation du déploiement du projet DPI. L’objectif majeur du DPI est de sécuriser le circuit des produits pharmaceutiques et de faciliter le partage des informations médicales autour du patient, en temps réel et entre professionnels de santé, au sein du CHU dans un premier temps, puis avec l’extérieur. Cette ouverture du SI nécessite la mise en place de pré-requis en termes de sécurité et de normalisation des échanges, précise Viviane Piedcoq. A moyen terme, "nous ambitionnons de communiquer plus facilement avec nos partenaires extérieurs". Le projet régional de messagerie sécurisée mis en oeuvre a pour objectif de faciliter l’envoi des courriers internes du CHU vers les médecins de ville. Un autre objectif est de rendre accessibles certains dossiers de spécialités à d’autres établissements, pour le suivi par exemple de personnes greffées. Mesure qui devrait être fonctionnelle courant 2010, indique-t-elle. Selon la directrice des DSI, il reste à mesurer les impacts du DPI sur l’organisation. En matière de retour sur investissement (ROI), "nous devons pouvoir suivre des indicateurs concrets (sur la qualité, la sécurisation, la diminution des ressaisies...) au fur et à mesure du déploiement", révèle-t-elle. Le ROI est cependant très difficile à mesurer pour les projets SI car les "process" de prise en charge du patient à informatiser s'avèrent complexes. Un temps d’adaptation des professionnels aux outils est par ailleurs indispensable. Une dizaine de personnes travaillent sur ce projet, parmi lesquelles 2,5 équivalents temps plein personnel médical (médecins, pharmacien); 4 équivalents temps plein métier (infirmier, cadre, secrétaire médicale); 4 ingénieurs et 1 organisateur, informe Viviane Piedcoq. La formation représente également une part importante du projet. Le premier secteur pilote va être formé par le fournisseur: il est prévu une journée de formation par médecin, trois jours par cadre et deux jours par infirmière. Les autres secteurs seront formés directement par le CHU, mentionne-t-elle. Les professionnels de santé sont de fait fortement mobilisés: leur implication est importante afin que l’outil déployé réponde au maximum à leurs besoins et leurs attentes. Malgré des points fonctionnels à faire évoluer et à améliorer, il y a dans l’ensemble une relative satisfaction vis-à-vis des fonctionnalités des outils, constate Viviane Piedcoq. Les soignants ont quant à eux des attentes particulières en matière de sécurisation des pratiques, qui impose un cadre contraignant n’existant pas aujourd'hui, ce qui peut soulever quelques inquiétudes de leur part, admet-telle. Dans le cadre de la première tranche du plan Hôpital 2012, le CHU de Rennes a obtenu une aide de l’ordre de 5,3 millions d’euros pour un coût total de 11,8 millions d’euros pour la production de soins. L’établissement s’est également vu accorder 366.000 euros d’aides sur un coût global de 732.000 euros pour les opérations informatiques relatives à la mise en place de la Carte de Professionnel de santé et la signature unique (SSO), rappelle Viviane Piedcoq. Sans l’obtention de cette aide financière, il aurait été impossible pour le CHU de mettre en place une maîtrise d’ouvrage aussi importante, observe-t-elle. La mise en œuvre de tels projets nécessite en amont une préparation importante: en effet, le marché des logiciels de production de soins n’est pas encore complètement mature, estime-t-elle. Un travail "très médical" sur l’harmonisation des protocoles de prise en charge et les concepts médicaux, sur des bases solides et interopérables, avec prise en compte des normes (comme Snomed), a été engagé au CHU de Rennes. De nombreux travaux sur les pratiques, et non exclusivement sur l’informatique, ont d'ores et déjà été menés. Selon la DSI, cette longue phase préparatoire apporte de la plus-value. Les professionnels de santé doivent être mis au premier plan dans un tel projet et les informaticiens viennent en support, conclut-elle./eg/ajr |
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