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TIC et santé: les formations ont le vent en poupe
PARIS, 31 décembre (TICsanté) – Depuis quelques mois, force est de constater que dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) en santé, universités et grandes écoles mettent en place des formations. Elles sont accompagnées par des institutionnels, industriels et divers organismes. Focus sur quelques-unes d’entre elles.
Parmi les faiblesses souvent pointées par les acteurs dans le domaine des TIC et de la santé: le manque d'experts. Pourtant, face aux enjeux des systèmes d'information en santé (SIS) et à l'émergence de nouvelles formes de coopération médicale et d’organisations de santé, la formation prend tout son sens et les professionnels doivent acquérir de nouveaux comportements et compétences, rappellent les différents acteurs. De fait, le Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques (Gixel), le Lesiss (Les entreprises des systèmes d'information sanitaires et sociaux), la Commission Galien et les institutionnels se mobilisent. Ils soutiennent la création de cursus spécialisés et accompagnent l'émergence d'une filière d’enseignement spécialisée dans le domaine des TIC en santé.
L’Ecole Centrale Paris (ECP) a présenté mi-décembre, l’exécutive certificate "Qualité et sécurité des SIS". Une formation dont le lancement est prévu pour février 2010 et qui s’adresse à un large panel d’acteurs: des directeurs d’établissement, des DSI (directeurs des systèmes d’information), des RSSI (responsables de la sécurité des SI), des gestionnaires des risques, des professionnels de santé ou encore d’industriels... Elle est coordonnée par Vincent Leroux, médecin de santé publique, professeur à l’ECP et Paul de Kervasdoué, expert en sécurité informatique, enseignant à l'ECP. Cette formation vise à comprendre les liens entre "qualité sécurité informatique" et "qualité sécurité des soins". Il s’agit de permettre aux professionnels de "s’approprier les méthodes et outils de gestion de la qualité et des risques en matière de technologies du SI", d’"assimiler les compétences clés sur l’architecture des SI" et de "comprendre les contraintes et impératifs (notamment juridiques...) liés au secteur, expliquent les deux coordonnateurs. Au programme: six modules répartis en différentes sessions sur un cycle de 16 jours, rendant la formation compatible avec une activité professionnelle. Les méthodes pédagogiques utilisées se fondent sur des études de cas pratiques et le processus de certification est basé sur un travail "concret" en petits groupes, précisent-ils. Le cursus complet de la formation coûte 6.500 euros hors taxes. L’Institut Supérieur de la Santé et des Bioproduits d’Angers (ISSBA) a récemment présenté, lors d’une conférence inaugurale, le master 2 "Management et sécurité des SI de santé" (MSSIS), initié en septembre 2008. La première promotion compte 6 étudiants accueillis en formation initiale et qui viennent d’être diplômés, déclare à TIC Santé Caroline Miltgen, maître de conférences en Sciences de Gestion et responsable du MSSIS. Dans le cadre de la formation continue, l’ISSBA a décidé d’ouvrir en septembre 2010, un diplôme universitaire (DU), permettant à des salariés travaillant dans la santé ou dans les TIC de se former à la sécurité des SIS, annonce-t-elle. Un total de 200 heures de cours sera dispensé sur 4 mois, à raison de 2 jours par semaine, pour un tarif de l’ordre de 1.500 euros, précise-t-elle. Les objectifs sont de "comprendre les enjeux des SI au sein des établissements", "connaître les différents modes d’échanges d’informations et les normes en vigueur dans le domaine de la santé", ainsi que "les solutions industrielles de logiciels et d’informatique de gestion des SI". Au programme du master MSISS: un stage et des cours dispensés par des professionnels 'du terrain'. Michel Gagneux, président de l'Agence des systèmes d'informations partagés de santé (Asip santé), donnera une journée de cours sur le DMP (Dossier Médical Personnel), illustre-t-elle. L'enseignement concernera les techniques de sécurité des SI et leurs spécificités en santé, la législation en santé et le cadre juridique des données de santé, la normalisation, ainsi que les référentiels généraux de sécurité et d’interopérabilité. "Nous ne sommes pas positionnés pour former des ingénieurs mais des 'managers', qui vont faire de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, des audits ou encore de la gestion de projet", explique-t-elle. "Nous insistons moins sur la partie technique et formons des professionnels, qui seront l’interface entre les directions et les informaticiens", mentionne-t-elle. Une fois formés, les étudiants auront pour principales missions de "définir une stratégie et une politique de gestion des risques, de confidentialité et de sécurité de l’information de santé et des SI", de même, "établir un cahier des charges pour la mise en place d’un SIS sécurisé". Interrogée sur l’émergence de nouvelles formations dans le domaine, Caroline Miltgen n’a pas écarté la possibilité de monter des partenariats avec d’autres formations. Il y a, selon elle, un intérêt à créer "un réseau de formations" mettant en relation d’une part, les personnes ayant besoin de professionnels formés et d’autre part, les formations. En outre, selon la responsable du master, il est évident que les formations vont petit à petit évoluer vers du e-learning. L’institut Télécom et l’université Montpellier 2 ont pour leur part créé une "filière d’ingénieurs TIC et santé", qui ouvrira à la rentrée 2010. Elle comprendra, entre autres, une période de compréhension et d’appropriation des enjeux du monde de la santé, ainsi que des "blocs d’enseignement appliqué" sur le traitement et l’analyse des données, le SI, les TIC pour le médicament..., précise un communiqué. "Les diplômés auront la capacité d’exercer des métiers spécifiques à la santé, tels que la robotique médicale, l’architecture de SI hospitalier, l’imagerie médicale"... Cette nouvelle filière préfigure le développement d’une école de plein exercice (prévue pour 2012), qui proposera à terme une formation d’ingénieurs TIC pour la santé, des formations supérieures de type Master, des programmes de formation continue et des activités de recherche et de développement./eg/ar |
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