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03/02/2010
Un manque d’interactions et d'outils interopérables pour la prise en charge à domicile
PARIS, 3 février (TICsanté) – En France, plusieurs millions de personnes doivent être prises en charge à domicile, un nombre qui ne cessera de croître dans les années à venir. Malgré l’émergence de nombreuses initiatives ces dernières années, il manque un "schéma d’organisation clair et structuré" pour favoriser le développement d'une telle prise en charge, révèle une étude réalisée par le cabinet de conseil Alcimed et présentée mardi, lors d’une conférence de presse organisée à Paris. Précisions de Diane d’Audiffret, responsable de missions chez Alcimed, dans un entretien accordé à TICsanté.
Cette étude a été réalisée entre septembre 2008 et juillet 2009 en partenariat avec Air liquide santé, l'Appamed (Syndicat de l'industrie des dispositifs de soins médicaux), Europ Assistance France, le laboratoire Paul Hartmann, Sanofi-Aventis et le Snitem (Syndicat national de l'industrie des technologies médicales). Elle a bénéficié du soutien d'associations de patients: la Fédération française des associations et amicales de malades insuffisants et handicapés respiratoires (FFAAIR), France Alzheimer Paris-Ouest et la Ligue contre le cancer, informe Diane d’Audiffret.

Un comité d’experts constitué d’une vingtaine de personnes et réunissant l’ensemble des acteurs concernés par la problématique s’est mis en place. Représentants de patients, professionnels de santé, industriels, institutionnels, économistes, consultants (...) ont travaillé sous la forme de différents groupes et ont analysé quatre parcours de patients: insuffisants respiratoires, diabétiques de type II, patients atteints d’un cancer et personnes âgées dépendantes. L'objectif étant d’"analyser les freins majeurs au développement de la prise en charge à domicile" et d’"identifier les principaux besoins pour son développement", mentionne Diane d'Audiffret. La finalité étant d’émettre des propositions pour optimiser la prise en charge à domicile, explique-t-elle.

Cette étude révèle que si de nombreux acteurs se sont mobilisés ces dernières années, les initiatives restent segmentées en trois types de prise en charge: l’HAD (hospitalisation à domicile), le SAD (soin à domicile) et le MAD (maintien à domicile). "Les frontières entre ces systèmes doivent être précisées car elles sont à ce jour assez floues et mal organisées", tout comme "l’articulation entre les différentes organisations et les équipes", observe Diane d'Audiffret. Le passage d’une structure à l’autre demeure problématique.

Plusieurs freins persistent au développement de la prise en charge à domicile: "un manque d’interactions et de partage d’informations entre les acteurs intervenant au domicile d’une personne"; "des difficultés pour innover et expérimenter dans le domaine du domicile"; "un manque de contrôle ou d’évaluation des dépenses allouées à la prise en charge à domicile".

Il existe un cloisonnement des secteurs sanitaire et social ainsi qu'une multiplicité des intervenants, qui limitent la coordination entre les acteurs du domicile. Un manque d’outils interopérables et de protocoles ont pour conséquence un défaut d’échanges pluridisciplinaires et de transmissions d’informations, révèle l’étude. Il n’existe pas non plus de fluidité du système de prise en charge à domicile en raison d’une absence de régulation de l’offre.

Par ailleurs, sont constatés "une difficile délégation des tâches et un manque de lisibilité de l’offre, de traçabilité et de continuité entre l’hôpital et la ville. Il manque également un dossier partagé médico-social et un cadre juridique, ainsi que des normes pour passer à la pratique réelle de la télémédecine et des technologies pour l’assistance à l’autonomie", précise l’étude. Des craintes liées à la dématérialisation sont aussi formulées.

Les financements des expérimentations sont envisagés sur du "court terme" et des critères d’évaluation définis en amont (...) manquent cruellement, pointe l’étude. Une insuffisance d’organisation et de contrôles des prestations et des aides financières sont aussi déplorés.

Bon nombre d'initiatives ont cependant été développées pour la prise en charge à domicile mais de manière aléatoire, commente la responsable de missions. Un centre national de référence (CNR) pour la prise en charge de la santé à domicile et de l’autonomie a été créé et "ses orientations stratégiques sont actuellement en train d’être définies". Il doit permettre de structurer la filière de la prise en charge. Différents types d’industriels ont également investi dans ce domaine et des financements ont été déployés./eg/ar
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03/02/2010
Un constat pour dire ce qui est dénoncé depuis longtemps déjà, sans qu'aucun remède n'ait été prescrit jusqu'à aujourd'hui pour lutter contre :
- la totale dichotomie entre la prise en charge sanitaire et la prise en charge sociale sur le terrain, qui ne fait que traduire celle au niveau des Tutelles -les ARS-, devraient être un début de réponse;
- le difficile dialogue entre ces deux mondes qui partagent peu de données sur le terrain quand ils ne sont pas en concurrence directe;
- l'absence de données communes partagées, en dehors de celles bien pauvres, inscrites sur le cahier de liaison laissé au domicile, au vu de tous les visiteurs mais ignorées des services distants;
- la très difficile coordination des services de proximité, voire son absence, situation très préjudiciable à une prise en charge à domicile efficiente, c'est-à-dire mettant en relation, en temps réel, la demande et l'offre et assurant le suivi.

Tous ces symptômes ne peuvent aller que s'aggravant du fait de la montée inexorable et rapide des besoins face à une offre de services de proximité stable ou même en réduction sur certains postes.

Face à cette maladie chronique de notre système, le remède principal à prescrire en urgence est sans doute la coordination de l'ensemble des services de proximité, proche du temps réel, pour une prise en charge à domicile efficace dans un environnement économique de plus en plus contraint.

L'outil indispensable à cette coordination est le Dossier Suivi Domicile -DSD- mis à la disposition de la personne aidée, des services directement impliqués au domicile et/ou à distance et de la coordination sur un territoire.

L'ensemble -coordination + DSD- est au coeur du projet Royans Vercors Santé, piloté par la Communauté de communes du Massif du Vercors sur la base d'un projet labellisé en 2006 "Pôle d'Excellence Rural" et mené sur la base d'une démarche politique innovante, l'Aménagement Numérique Santé du Territoire.

Donc, la(es)réponse(s)commence(nt) à exister, tant sur plan de l'organisation que des outils. Reste bien sûre la conduite des changements des organisations face à l'introduction des TIC dans cet univers des services de proximité... C'est le prochain combat!
paul.pilichowski@habitatetsante.net
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