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Le DM Pro: un nouvel outil, une démarche complémentaire du DMP
PARIS, 23 mars (TICsanté) - Présenté à l'occasion du salon de la médecine générale (Medec), le dossier médical professionnel (DM Pro) est un nouvel outil expérimenté depuis janvier auprès d'une cinquantaine de médecins libéraux et qui se veut être une démarche complémentaire du dossier médical personnel (DMP). Précisions du Dr Christian Espagno, neurochirurgien à la Clinique des Cèdres (Haute-Garonne) et vice-président de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), dans un entretien accordé à TICsanté.
Le DM Pro est un projet développé par la société Cegedim Logiciels Médicaux (CLM), pour l'Association médicale d'échanges informatiques (AMEI), créée à l'initiative de la CSMF. L'idée de mettre en place un DM Pro a débuté il y a près d'un an. Face aux difficultés rencontrées et au retard pris par le DMP, "il nous a semblé important de mettre en oeuvre plus rapidement un outil de partage et d’échanges pour les médecins", explique le Dr Espagno.
Destiné à tous les médecins, "le DM Pro n'a pas vocation à être un outil purement syndical, d'où l'existence de l'association", indique-t-il. Il s'agit d'une "démarche complémentaire du futur DMP, dont l'objectif est d'être, à terme, l'un de ses composants et non pas un concurrent". Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’informatiser la circulation des données entre patients et médecins et de faire avancer plus rapidement la partie "métier et médicale" du DMP, indique-t-il. "Le DM Pro a pour objectif de faciliter la coordination des soins et le suivi médical dans le respect des droits des patients, de lutter contre la iatrogénie et la redondance des actes, et d'accéder aux référentiels et nomenclatures". Il "offre toutes les garanties d’interopérabilité avec tous les éditeurs de logiciels volontaires pour adhérer à la charte de compatibilité". A cet effet, certains éditeurs semblent d'ores et déjà intéressés, ce qui devrait donner lieu assez rapidement à de nouveaux partenariats pour les expérimentations, informe-t-il. "En pratique le DM Pro comporte un volet médical de synthèse (VMS), une messagerie sécurisée pour l'échange des courriers médicaux entre médecins et un portail accessible depuis internet pour les médecins qui n'ont pas de logiciel métier ou dont le logiciel ne serait pas compatible (l'éditeur n'ayant pas signé la charte de compatibilité)", décrit le médecin. Selon lui, le socle VMS représente l'outil central du DM Pro. Il contient les éléments essentiels du dossier médical, parmi lesquels les antécédents, les principaux médicaments, les allergies, les diagnostics essentiels, les incompatibilités médicamenteuses... Il est alimenté automatiquement à partir "des données choisies par le médecin à l'issue de sa consultation, sans aucune saisie supplémentaire", affirme le Dr Espagno. Dans le cahier des charges rédigé en 2008, l'accent a été mis sur "la sécurité, la simplicité et la structuration", précise-t-il. L'utilisation du DM Pro nécessite la carte Sésam-vitale du patient, une connexion internet à haut débit, ainsi qu'une authentification du médecin par carte CPS. Le consentement du patient est recueilli sur un document en double exemplaire depuis le site DM Pro. Pour échanger et exploiter les données, il faut les structurer: "nous avons insisté sur cet immense chantier à mener, car actuellement la structuration est balbutiante", estime-t-il. Cegedim a d'ailleurs été retenu, en raison de son avancement en la matière et Jean-Yves Robin, directeur du GIP-DMP et chef de projet de la mission de préfiguration de l’Asip, s'est dit "particulièrement intéressé" par cet aspect, signale Christian Espagno. Afin d'être aidée et guidée dans la structuration des données, "l'AMEI ambitionne la mise en place de partenariats avec des structures médicales, comme les collèges de pratiques professionnelles, ou encore avec des sociétés savantes"... Depuis janvier, les expérimentations du DM Pro ont débuté auprès d'une cinquantaine de médecins à Amboise (Indre-et-Loire). Aujourd’hui, plusieurs centaines de DM Pro sont ainsi ouverts, avec en moyenne 5 à 6 médecins de plus par jour. L'association souhaite étendre l'expérimentation auprès de 200 à 300 médecins d'ici un mois ou deux, ainsi qu'une montée en puissance au cours du premier trimestre 2009 sur d'autres sites. L’idée est d’obtenir rapidement des retours afin d'améliorer et de faire évoluer l’outil, souligne le Dr Espagno. L'expérimentation va très rapidement se poursuivre dans les villes de Boulogne-Billancourt et de Nice, avance-t-il. Ce choix s'est fait en fonction de l'identification des médecins intéressés et des "sites" où Cegedim est bien implanté. Selon les premiers retours, l’objectif simplicité semble acquis. Concernant les "nomenclatures" et la maintenance VMS, les avancées ne sont pas suffisantes, en revanche, et un besoin d’amélioration a été exprimé par les médecins utilisateurs. En outre, les questions sur l’archivage des données ou leur suppression ne sont pour le moment pas encore tranchées... "Nous sommes aujourd'hui dans l'attente de la présentation du programme de relance du DMP, prévue initialement autour du 23 mars et repoussée désormais au 9 avril". L'AMEI désire que "le DM Pro soit une des pierres du DMP". Autre objectif clairement affiché: "que l'outil soit retenu parmi les projets dans le cadre des expérimentations du DMP", déclare le praticien. Le GIP-DMP devrait rendre sa décision publique, courant juin. Si le DM Pro n'est pas retenu, "nous continuerons seul, mais nous ne renoncerons pas", prévient-il. Le Dr Espagno a conscience des critiques susceptibles d'être formulées à l'égard du DM Pro: "encore un outil syndical et un éditeur de logiciels de plus qui va compliquer les choses"... Pourtant, selon lui, il n'existe à ce jour aucun autre projet comparable à celui-là. Cegedim assure actuellement la mise en service de l'outil sur le plan technique, ainsi que l’essentiel du financement. Interrogé sur la question des coûts, le Dr Espagno n'a souhaité apporté aucune précision supplémentaire. "Il faut attendre de voir si le projet est retenu dans le cadre des expérimentations. Notre volonté est effectivement que les coûts soient réduits, voire nuls pour les médecins", conclut-il./eg/ajr |
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