L'URPS médecins libéraux d'Auvergne-Rhône-Alpes ouvre sa plateforme de prise de rendez-vous en ligne

LYON, 5 décembre 2018 (TICsanté) - L'union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux d'Auvergne-Rhône-Alpes a ouvert en novembre sa propre plateforme de prise de rendez-vous en ligne, première brique d'un "écosystème informatique libéral aux mains des médecins" qui devrait s'enrichir d'autres services numériques de santé, a expliqué à TICsanté son président, le Dr Pierre-Jean Ternamian.

Officiellement lancé le 15 novembre, le service Medunion*, accessible à l'adresse www.medunion.fr, se présente comme n'importe quelle plateforme de prise de rendez-vous en ligne et permet aux patients d'accéder aux agendas des médecins utilisateurs du service pour réserver une consultation.

Les médecins qui y adhèrent bénéficient par ailleurs d'une inscription automatique au réseau social pour les professionnels de santé (RSPS), lancé en 2016 par l'URPS dans le cadre du programme Territoire de soins numérique (TSN) (voir dépêche du 19 février 2018).

Ce service mobile accessible en ligne permet aux professionnels de santé inscrits d'échanger de façon sécurisée avec d'autres médecins ou paramédicaux du réseau, et de prendre rendez-vous chez un confrère pour leur patient.

La plateforme Medunion* est proposée au tarif de 30 euros hors taxes par mois.

"Il faut qu'on reste maître du jeu sur nos outils informatiques", a expliqué à TICsanté le Dr Pierre-Jean Ternamian, président de l'URPS médecins libéraux d'Auvergne-Rhône-Alpes, pour justifier la création d'un tel service par une union régionale de médecins.

Face à l'essor des services de prise de rendez-vous en ligne proposés par des entreprises privées, l'URPS a ainsi souhaité proposer un outil "fait par des médecins pour des médecins", a-t-il appuyé.

"Les URPS apportent des garanties de confidentialité et de gestion par les pairs des problèmes que l'on peut rencontrer. Nous allons aussi créer un club utilisateurs pour que chacun soit impliqué", a souligné Pierre-Jean Ternamian.

Il a relayé les "craintes" des médecins à voir leurs données utilisées par des entreprises privées dans le cadre de traitements à vocation commerciale.

Les développements de Medunion* ont été entièrement financés par l'URPS, grâce aux cotisations de ses adhérents, a précisé le président de l'union régionale, sans préciser le montant de ces coûts.

L'URPS va monter dans les prochains jours une campagne de communication envers les médecins libéraux, et proposer un "coup de pouce" pour adhérer au service, qui pourrait se traduire par la gratuité des frais d'installation ou un abonnement à prix réduit pour les premiers mois d'utilisation, a indiqué son président.

Vers un module spécifique aux urgences

En 2019, l'URPS souhaite ajouter à la plateforme un volet spécifique à la gestion des urgences, intitulé Medunion-Urgences*, pour les patients sans médecin traitant, ou dont le médecin traitant n'est pas disponible, et qui ont besoin d'un rendez-vous rapide.

Le Dr Ternamian a mis en avant les bénéfices d'une telle plateforme pour "outiller les communautés professionnelles territoriales de santé" (CPTS) amenées, dans le cadre du plan "Ma santé 2022", à jouer un rôle plus important dans la régulation des urgences et la permanence des soins ambulatoires (PDSA).

Il a indiqué que plusieurs URPS d'autres régions comme la Bretagne ou la Bourgogne-Franche-Comté avaient fait part de leur "intérêt" pour déployer la plateforme. "Nous avons tout à gagner à mutualiser nos ressources, pour offrir un service sûr aux médecins, et fluidifier le parcours des patients", a-t-il noté.

Le Dr Ternamian a ajouté être en discussion avec l'hôpital Edouard-Herriot (Hospices civils de Lyon -HCL) et pour que les informations sur les patients sortant des services d'urgence de l'établissement soient accessibles à la médecine de ville via le réseau social pour les professionnels de santé.

Dans le cadre du programme TSN, l'URPS a également développé un carnet de vaccination électronique et une plateforme de recueil des données pour le suivi des patients insuffisants cardiaques et obèses, rappelle-t-on.

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