"Il y a plus d'intérêt que de risques à ouvrir le monde de la santé à l'IA" (David Gruson)

PARIS, 30 novembre 2018 (TICsanté) - "Il y a plus d'intérêt que de risques à ouvrir le monde de la santé à l'intelligence artificielle" (IA), a estimé David Gruson, aujourd'hui à la tête du think tank Ethik & IA et membre de la chaire santé de Sciences Po Paris, à l'occasion de la publication de son deuxième ouvrage "La Machine, le médecin et moi".

Après "S.A.R.R.A., une intelligence artificielle", David Gruson, ancien conseiller santé de François Fillon à Matignon, ex-délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), ancien directeur général de CHU, signe ici son deuxième ouvrage de l'année 2018.

D'un ton plus "académique" que son premier polar bioéthique, avec "La Machine, le médecin et moi" David Gruson a néanmoins souhaité rester dans "le prolongement de la même réflexion".

"S.A.R.R.A a essayé de poser une série de questionnements éthiques, ici, il s'agit de propositions d'options de régulation positive de l'IA. C'est le résultat de ce que nous faisons avec l'initiative Ethik & IA" (voir dépêche du 26 janvier 2018), a expliqué David Gruson à TICsanté.

L'IA comme vecteur d'amélioration du système de santé, ses impacts positifs en matière de traitement et suivi des maladies chroniques, la gestion du consentement en IA ou encore son poids à l'échelle de la compétitivité économique de la France... : l'auteur revient sur plusieurs aspects de cette technologie dont celui des impacts RH de l'IA, décrite comme une "révolution pour les métiers de la santé".

"Certaines spécialités sont plus concernées par la transformation, notamment celles dont la matière première est le code numérique telles que la radiologie, la dermatologie ou l'ophtalmologie. Aujourd'hui, il y a une prise de conscience qui s'opère et nous observons des mouvements de bascule positive comme l'initiative prise par le monde de la radiologie pour structurer un écosystème autour de l'IA", a-t-il souligné.

Cependant, l'ouvrage revient également sur les "inquiétudes qui persistent" et sur la question du "temps". "Le temps nous est compté, l'innovation en IA se développe plus vite ailleurs et nous devons savoir désormais comment embrayer opérationnellement", a insisté David Gruson.

Pour cela, il faudrait "convaincre le monde de la santé de s'ouvrir davantage au numérique et à l'IA parce qu'il y a plus d'intérêt que de risques tant que cela respecte des principes de régulation".

David Gruson a ainsi imaginé "5 clés de régulation pour permettre le déploiement effectif de l'IA": information et consentement du patient; garantie humaine de l'IA; graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé: accompagnement de l'adaptation des métiers et intervention d'une supervision externe indépendante.

Dans son deuxième ouvrage, le fondateur du think tank Ethik & IA a souhaité dressé un portrait "réaliste" des impacts de l'IA sur les pratiques médicales actuelles et futures et rappeler aux plus sceptiques que "les robots ne vous soigneront pas demain car ils vous soignent aujourd'hui".

(David Gruson, "La Machine, le médecin et moi", Ed. de l'Observatoire, 160p, prix 16€)

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