Près de 260.000 DMP créés depuis le début de l'année 2017

PARIS, 10 octobre 2017 (TICsanté) - Près de 260.000 dossiers médicaux partagés (DMP) ont été créés depuis le début des expérimentations de déploiement menées en 2017 par la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) dans neuf départements pilotes, a indiqué le 6 octobre Delphine Champetier, directrice de cabinet du directeur général de la Cnamts.

Delphine Champetier s'est exprimée dans le cadre des journées "Catel Paris 2017" organisées les jeudi 5 et vendredi 6 octobre par le Club des acteurs de la télémédecine (Catel) à la Maison de la Chimie à Paris (voir brève du 2 octobre 2017).

Elle a fait le point sur les différents chantiers relatifs aux "outils socles de la coordination des soins" sur lesquels la Cnamts a été désignée chef de file au sein du comité stratégie national du numérique en santé (CSNS) (voir dépêche du 14 juin 2017).

Concernant le déploiement du DMP, dont la Cnamts a pris la responsabilité depuis la loi du 26 janvier 2016 (voir dépêche du 13 avril 2015), Delphine Champetier a indiqué que l'assurance maladie travaillait avec "deux convictions": faire du DMP un outil qui soit "à la main des assurés eux-mêmes" en permettant à tout citoyen de créer et d'accéder aux données de son dossier, et faire en sorte qu'il soit "le plus simple d'utilisation possible" par les professionnels et les patients.

Une phase pilote de déploiement du DMP a été lancée début 2017 auprès des assurés des caisses primaires d'assurance maladie de 9 départements (Bas-Rhin, Pyrénées-Atlantiques, Côtes-d'Armor, Doubs, Haute-Garonne, Indre-et-Loire, Puy-de-Dôme, Somme, Val-de-Marne), rappelle-t-on (voir dépêche du 18 octobre 2019).

Dans ces départements, l'assurance maladie "observe semaine après semaine comment les DMP sont créés, comment les assurés se les approprient et comment les professionnels de santé les alimentent", a expliqué Delphine Champetier.

Les 260.000 dossiers ouverts depuis le lancement de cette expérimentation ont "essentiellement été créés dans les accueils des caisses primaires d'assurance maladie", a noté Delphine Champetier, expliquant que ce volume de nouvelles créations de DMP est "conforme" aux prévisions réalisées par la Cnamts.

"Au-delà du nombre de dossiers créés, notre enjeu se situe dans leur alimentation, c'est-à-dire dans l'usage qui en est fait, et c'est là-dessus que va se concentrer notre travail dans les prochains mois", a-t-elle relevé.

Il s'agit notamment de générer de nouvelles versions du DMP pour que son appropriation soit plus facile par les patients et professionnels de santé au moment de sa généralisation, que la Cnamts prévoit "à la fin du premier semestre 2018", a assuré Delphine Champetier.

"Le DMP a par exemple vocation à s'interfacer avec d'autres outils et applications qui existent déjà en santé, pour pouvoir mettre le plus facilement possible d'autres informations à côté des données du DMP", a-t-elle poursuivi.

"Mais on travaille avec la contrainte de bâtir un outil le plus sécurisé possible", a-t-elle relevé, faisant état d'un "chantier objectivement lourd à mener".

Messageries sécurisées de santé et e-prescription

Parmi les autres outils de coordination des soins en déploiement, la directrice de cabinet de Nicolas Revel a noté que les usages des messageries sécurisées de santé (MSSanté) "se répandent largement".

L'assurance maladie travaille en lien avec l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé) afin d'"utiliser son réseau pour promouvoir ces services", a-t-elle indiqué, assurant ne pas avoir identifié de "difficulté majeure" à ce stade sur les MSSanté.

La Cnamts a par ailleurs débuté des expérimentations avec des pharmaciens, médecins et éditeurs de logiciel pour travailler sur l'e-prescription, ou prescription électronique, sujet sur lequel l'assurance maladie entend "monter en puissance dans les quatre à cinq prochaines années", a expliqué Delphine Champetier.

Les travaux actuels consistent à tester un système de QRcode imprimé sur l'ordonnance au moment de la prescription par le médecin et ensuite scanné et lu par le pharmacien en officine.

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