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23/04/2018   Envoyer par mail Imprimer   Aucun commentaire
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TSN: les ARS témoignent des apports du programme et des difficultés rencontrées

(Par Wassinia ZIRAR et Raphaël MOREAUX)

PARIS, 23 avril 2018 (TICsanté) - Des responsables des cinq agences régionales de santé (ARS) concernées par le programme Territoire de soins numérique (TSN) ont témoigné auprès de TICsanté des apports du programme pour développer les services numériques de coordination des soins, et des difficultés techniques et organisationnelles rencontrées.

Inscrit en 2013 dans la feuille de route du gouvernement Ayrault sur le numérique, le programme TSN a bénéficié à l'échelle nationale d'une enveloppe de 80 millions d'euros dans le cadre du programme d'investissements d'avenir (PIA) sur la période 2014-2017.

Il avait pour objectif de renforcer la coordination des professionnels de santé et les organisations innovantes de prise en charge des patients en finançant le développement de bouquets de services numériques sur des territoires pilotes (partage de dossiers médicaux, d'imagerie, messageries instantanées, prise de rendez-vous en ligne, etc.)

A partir d'entretiens réalisés auprès des équipes des ARS, TICsanté a publié des bilans des projets TSN et des usages des services numériques développés en Auvergne-Rhône-Alpes (voir dépêche du 19 février 2018), Bourgogne-Franche-Comté (voir dépêche du 26 février 2018), Nouvelle-Aquitaine (voir dépêche du 5 mars 2018), dans l'Océan indien (voir dépêche du 19 mars 2018) et en Ile-de-France (voir dépêche du 12 mars 2018).

L'ensemble des directions d'ARS ont reconnu l'intérêt du programme pour faire progresser les usages de services numériques par les professionnels de santé, et amener ces derniers à partager des outils communs autour de plateformes territoriales d'appui (PTA).

"On touche à des fondamentaux sur les pratiques des professionnels. Cela bouleverse des cultures, des organisations, des logiques, où chacun considère que c'est avec son outil informatique qu'on doit fonctionner, et on va vers une logique de partage de l'information autour du patient", a relevé Cédric Duboudin, directeur de la stratégie et du pilotage de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.

"Notre système actuel n'est pas promoteur d'échange et de partage de données de santé. Tout le monde veut bien récupérer les données des autres, mais peu sont prompts à partager leurs propres données", a appuyé Denis Lerat, directeur des systèmes d'information (DSI) de l'ARS Océan indien.

L'ARS Nouvelle-Aquitaine a constaté ces réticences des professionnels de santé lors du déploiement de l'application Globule/Paaco*, qui permet de suivre, coordonner et planifier la prise en charge des parcours de santé entre plusieurs professionnels médicaux et paramédicaux.

"Il n'y a pas eu de difficulté à convaincre les professionnels de santé, mais il a fallu un peu de temps pour qu'ils acceptent de l'alimenter, peut-être par peur de voir leurs pratiques être mises à disposition de tout le monde, et d'être comparés à d'autres", a noté Michel Laforcade, directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine.

Alignement des pratiques

Avant les obstacles techniques rencontrés dans le cadre du programme TSN, les ARS ont été confrontées à des difficultés liées à l'organisation et aux pratiques des professionnels.

"Le fait de travailler avec les acteurs à construire un outil commun les amène à se réinterroger sur leurs pratiques d'appui à la coordination, et sur leur façon de travailler avec leurs partenaires de l'équipe de soins, pour passer à des échanges plus formels et structurés", a expliqué Cédric Duboudin.

Cette formalisation des échanges a rendu nécessaire un alignement des professionnels sur les mêmes pratiques, pour pouvoir les traduire dans un outil numérique partagé.

En Auvergne-Rhône-Alpes, cette difficulté a été constatée par l'ARS dans son chantier d'harmonisation des outils de coordination utilisés par les PTA, les structures Maia (méthodes d'action pour l'intégration des services d'aide et de soins dans le champ de l'autonomie) et les différents réseaux de santé.

"Techniquement, faire un questionnaire commun pour les Maia et les réseaux de santé n'est pas compliqué, mais en amont, c'est beaucoup de travail pour arriver à s'entendre", a observé Vincent Ruol, directeur de la stratégie et des parcours de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Il a ainsi souligné les avantages du programme TSN pour "faire travailler ensemble" des catégories d'acteurs qui n'en avaient pas l'habitude.

Cette "coconstruction" du programme a été concrétisée en Auvergne-Rhône-Alpes par la création de services numériques en mode partenarial, avec notamment l'union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux et le cluster d'innovation i-Care.

Contactée par TICsanté, la direction générale de l'offre de soins (DGOS) a rappelé que le programme TSN est justement axé sur une transformation organisationnelle et interroge la façon de faire travailler les acteurs de santé ensemble, notamment grâce aux outils numériques.

La direction en a profité pour rappelé les apports de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), chargée d'accompagner les régions pilotes dans la mise en place de nouvelles organisations type plateforme territoriale d'appui (PTA) et la publication de leurs guides thématiques (voir dépêche du 17 avril 2018).

La DGOS s'est d'ailleurs félicitée des échanges entre régions qui ont souvent été amenées à travailler sur des projets communs dans le cadre de TSN.

Résoudre le casse-tête de l'interopérabilité

L'autre principale difficulté à laquelle ont été confrontées les ARS est celle de l'interopérabilité des outils utilisés par les professionnels de santé.

Pour que les usages se développent, les services numériques ouverts dans les régions du programme TSN ont dû être intégrés aux logiciels déjà utilisés au quotidien par les médecins, qu'ils soient à l'hôpital ou en ville. Il a donc fallu développer des "briques d'interopérabilité" entre services numériques régionaux et logiciels des professionnels.

"C'est la première fois qu'on a un projet d'envergure qui veut travailler explicitement sur la question de l'interopérabilité", s'est félicité Cédric Duboudin.

Il a cité plusieurs "avancées concrètes" réalisées en Bourgogne-Franche-Comté, comme l'alimentation automatique de la plateforme de services eTICSS (Territoire innovant coordonné santé social) avec des données sociales du conseil départemental de Saône-et-Loire, l'interopérabilité réalisée entre les serveurs d'identités patients bourguignon et franc-comtois, ou l'accessibilité, via la plateforme, de l'outil d'aide à l'orientation des patients ViaTrajectoire.

Ces travaux ont été "longs" et "complexes" car "on finance depuis 30 ans des systèmes d'information en tuyaux d'orgue, qui ne communiquent pas", a relevé Cédric Duboudin, voyant dans le programme TSN "un coup décisif" afin d'"enclencher la dynamique de l'interopérabilité".

Les interfaces à développer avec les logiciels de cabinet ont fait partie des "difficultés techniques les plus importantes", a également reconnu Laurence Rousselet, chargée de mission TSN à l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

En Ile-de-France, où cette interopérabilité a fait partie des priorités du programme, "il a fallu négocier éditeur par éditeur pour une intégration [de la plateforme de services terr-eSanté] dans leurs outils", a témoigné Yannick Le Guen, directeur de la stratégie de l'ARS francilienne.

Cela a permis de valider un cadre d'interopérabilité "dont les autres régions vont pouvoir profiter et qui va permettre aux professionnels qui utilisent des logiciels métier correspondant à cette norme d'être intégrés", a-t-il noté.

A ce sujet, la DGOS a salué le travail de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé), en charge du volet technique et de la partie interopérabilité (voir brève TICsanté du 8 mars 2018).

Délais trop courts

Reste que ces travaux structurants pour l'urbanisation des systèmes d'information de santé prennent du temps.

"On n'a pas juste pris un logiciel 'sur étagère'. Il a fallu faire de la R&D, travailler avec l'Asip santé [Agence des sytèmes d'information partagés de santé] sur le cadre d'interopérabilité", a rappelé Yannick Le Guen, jugeant le délai de 24 mois laissé aux régions pour mettre en oeuvre le programme TSN "pas suffisant".

Pour Denis Lerat de l'ARS Océan Indien, les délais contraints du programme ont été un "levier fort" car "quand on a deux ans pour mettre en place un tel projet, il ne peut pas y avoir d'atermoiements sur la prise de décision". Il a néanmoins reconnu la "difficulté" à montrer des résultats concrets en si peu de temps.

Une vision partagée par la DGOS. Selon elle, ces délais jugés parfois trop contraignants auraient contribué à mobiliser les acteurs et à servir une dynamique de projets.

Le programme TSN fait actuellement l'objet d'une évaluation par le consortium de recherche Eva TSN porté par le CHU de Bordeaux, rappelle-t-on (voir dépêche du 12 décembre 2016). Cette évaluation scientifique devrait être finalisée pour fin 2018 et communiquée début 2019, a précisé la DGOS.

Dans le prolongement de TSN, l'ex-ministre de la santé Marisol Touraine avait annoncé en mars 2017 la création du dispositif "e-parcours", doté de 150 millions d'euros pour la période 2017-2021 (voir dépêche du 17 mars 2017).

Un appel à projets a dans ce cadre été lancé par la DGOS dans une instruction publiée en avril 2017, relative à l'accompagnement au déploiement de services numériques d'appui à la coordination (Snacs) dans les régions. Les ARS peuvent déposer leurs projets jusqu'au 31 décembre 2019.

La DGOS a indiqué à TICsanté que l'appel à projets Snacs suivait son cours et que des précisions seraient apportées cet été.

On attend également en mai 2018 les conclusions de la mission sur "l'accélération du virage numérique" mise en place dans le cadre de la "stratégie de transformation du système de santé" présentée en février par le nouveau gouvernement (voir dépêches du 15 février 2018 et du 13 mars 2018).

rm-wz/gb/ab

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