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31/03/2017   Envoyer par mail Imprimer   Aucun commentaire
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Appel à une action "décisive" du prochain gouvernement pour la transformation numérique de la santé

PARIS, 31 mars 2017 (TICsanté) - La transformation numérique du secteur de la santé devra faire l'objet d'une action "décisive" du prochain gouvernement en termes d'accompagnement des acteurs publics et privés et d'investissements, ont souligné plusieurs intervenants le 29 mars lors de la conférence semestrielle du syndicat de professionnels Syntec Numérique.

La conférence semestrielle du Syntec Numérique présente un "panorama économique et social" du secteur de l'édition informatique, des entreprises du secteur numérique et du conseil en technologies.

Elle a proposé jeudi 29 mars un éclairage particulier sur la transformation numérique de la santé décrite par le président du Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann, comme "une manière de répondre aux enjeux considérables posés au système" du fait du vieillissement de la population, du développement des pathologies chroniques et des problèmes de démographie médicale.

"Convaincu" qu'il "va se passer quelque chose" sur ce secteur, Godefroy de Bentzmann s'est dit "angoissé" de voir que les programmes des différents candidats à l'élection présidentielle "conservent une logique en silos", alors que le numérique doit aider à "décloisonner les différents acteurs de santé".

Il a assuré que son syndicat était à la manoeuvre pour "peser" sur les programmes des candidats, avec comme "élément essentiel" la mise en place d'une loi de programmation sur 5 ans pour "sécuriser un budget, une vision et des objectifs" en termes de digitalisation de la santé.

Cette loi de programmation, inspirée du même modèle que la loi de programmation militaire, fait partie des 10 propositions publiées par le syndicat en février dernier, rappelle-t-on (voir dépêche du 28 février 2017).

Selon une étude réalisée par le Syntec Numérique en partenariat avec le cabinet IDC et présentée jeudi, seuls 51% des établissements de soins ont avancé sur un plan de transformation numérique.

L'étude a constaté une légère différence entre les établissements privés (57%) et le secteur public (47%).

Le secteur de la santé se place donc loin derrière le secteur bancaire (77% d'acteurs engagés dans une transformation), mais devant l'industrie (38%).

"Premier palier de maturité" des systèmes d'information

Les principaux enjeux auxquels sont confrontés les établissements sont l'ouverture de leur système d'information hospitalier (SIH) et leur capacité, grâce aux technologies, d'assurer une meilleure coordination avec les autres acteurs de soins. Leurs difficultés résident dans leur faible capacité à investir et dans les changements organisationnels induits par la transformation numérique, selon l'étude IDC/Syntec Numérique.

Invité à témoigné lors de la conférence du syndicat de professionnels du numérique, Michel Gagneux, directeur de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé) a reconnu que "la pénétration du sujet numérique dans la santé" était "difficile".

Il a toutefois relevé que, depuis 10 ans, plusieurs initiatives des pouvoirs publics ont permis "d'atteindre un premier palier de maturité" des systèmes d'information de santé, avec la mise en place d'un cadre d'interopérabilité des SI de santé, la publication de référentiels de sécurité, et la création des programmes Hôpital numérique, Territoires de soins numériques (TSN) ou encore la relance du dossier médical personnel, devenu partagé (DMP).

Mais malgré ces initiatives, l'e-santé a "une grande difficulté à rentrer dans les usages", a-t-il déploré.

Gouvernance et investissements dans l'e-santé

"Nous devons préparer le deuxième palier de cette transformation qui consistera à développer des services de nouvelle génération en termes d'aide à la décision médicale, de traitements de volumes massifs de données et d'extension des programmes à l'ensemble du secteur médico-social", a poursuivi Michel Gagneux.

"Les pouvoirs publics ne pourront pas se permettre d'attendre autant de temps pour atteindre ce palier", a-t-il souligné, en faisant référence aux politiques menées ces 10 dernières années.

Pour "franchir le cap" de la transformation numérique de la santé, le directeur de l'Asip santé a détaillé "2 conditions essentielles": la mise en place d'une "stratégie nationale des pouvoirs publics sur 5 ans et d'une gouvernance qui ne peut être qu'interministérielle" et "l'absolue nécessité d'une prise de conscience sur les investissements nécessaires".

Michel Gagneux a reconnu les "progrès" réalisés avec l'élaboration d'une stratégie "e-santé 2020" par le ministère des affaires sociales et de la santé (voir dépêche du 4 juillet 2016) et la création d'un conseil stratégique national du numérique en santé (voir dépêche du 26 janvier 2017) tout en appelant à "aller plus loin" dans la prochaine mandature.

Concernant le financement de la transformation numérique de la santé, il a regretté que les dépenses dans les SI hospitaliers soient inférieures à 2% des dépenses d'exploitation des hôpitaux. "Il nous faut un vrai programme d'investissement lisible, évalué et suivi", a-t-il martelé.

Sortir de la vision "étriquée" des GHT

Michel Gagneux a également pointé les "efforts colossaux" à mener pour "transcender les inerties" en mettant l'accent sur l'accompagnement des acteurs de santé qui suppose selon lui "une action systémique".

Invité à présenter le nouveau livre blanc de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) sur "le financement de la transformation numérique du parcours de vie", réalisé en partenariat avec le Syntec Numérique, Jean-François Goglin, conseiller SI de santé de la Fehap, a partagé ces constats.

Il a vivement critiqué la vision "étriquée" et "hospitalo-centrée" des groupements hospitaliers de territoire (GHT) mis en place par la loi du 26 janvier 2016, au sein desquels les différents SI doivent converger à l'horizon 2021.

Il a appelé les pouvoirs publics à "promouvoir une vision globale de la transformation numérique de la santé qui intègre les secteurs sanitaire, médico-social, la médecine de ville et les soins à domicile".

Consulter le livre blanc de la Fehap et du Syntec Numérique sur "le financement de la transformation numérique des parcours de vie"

rm/ab/

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